Ragnarök Festival XXI

Cette année, j’ai pu prendre ma revanche sur le Ragnarök festival, ayant manqué l’édition des vingt ans l’an dernier pour des raisons professionnelles. Le jeudi 9 avril, me voilà repartie pour de nouvelles aventures, et huit heures de périple plus tard, j’arrive enfin à destination.

L’avantage des festivals, c’est que cela permet de regrouper plusieurs tournées sur un même événement, et cela m’économise de ce fait plusieurs concerts sur Paris. Le premier soir du festival, c’est la tournée de Iotunn, In Vain et Nephylim qui y faisait étape.

Ce sont donc les Néerlandais de Nephylim qui ouvrent les hostilités et nous mettent sans détours dans le bain avec leur death mélodique « Göteborgesque » mêlant sonorités épiques/orchestrales à la Insomnium période Winter’s Gate et vocaux growlés affirmés à la Wolfheart. Le chanteur principal était de temps à autre secondé aux chœurs et au growl par le guitariste lead.

SETLIST : Travail – pt.I Anima / Travail – pt.II Animus / Amaranth / Withered / Inner Paradigm / Grand Denial

On enchaîne avec In Vain qui a su s’imposer depuis 2003 comme l’un des groupes pionniers de la scène extrême progressive norvégienne. Combinant des influences black et death, le groupe offre une belle complémentarité et une certaine variété dans les types de voix. Les chœurs sont plutôt typés prog, et l’ensemble pouvait faire penser à un mélange entre Opeth et Borknagar.

SETLIST : Shadows Flap Their Black Wings / Seekers of the Truth / Hymne til Havet / Season of Unrest / Captivating Solitude / Watch for me on the Mountain / Image of Time / Against the Grain

J’avais découvert Iotunn en première partie de Dark Tranquillity l’an dernier, et bien que les parties vocales avaient été assurées par un chanteur remplaçant, j’avais plutôt bien apprécié la prestation donnée par la formation danoise. Cette fois-ci, le chanteur originel, encapuchonné et tenant un micro doté d’une lampe, est aux commandes, et y a pas à dire, niveau charisme, il envoie pas mal. Ce n’est pas pour rien que Iotunn se traduit par « géant » en vieux norrois.

Officiant à ses débuts dans le power metal progressif, le groupe a justement progressivement dérivé vers un death mélodique progressif faisant comme In Vain penser à Borknagar. Moi qui avais regretté un temps de set très court la première fois que j’avais vu le groupe, l’heure qui lui était cette fois-ci allouée en tant que tête d’affiche de la tournée a permis d’en entendre davantage.

SETLIST : Twilight / Earth to Sky / Mistland / Kinship Elegiac / I Feel the Night / The Tower of Cosmic Nihility

Lorsque j’avais vu Non Est Deus pour la première fois au Ragnarök Festival il y a deux ans, cela m’avait fait l’effet d’une bonne claque. Side-project des membres de Kanonenfieber, les membres du groupe délaissent leurs tenues militaires pour des toges blanches. Les Bavarois présentaient leur cinquième album fraîchement sorti Blessings and Curses.

Comme le nom du groupe le laisse entendre, on a affaire à un black metal mélodique ouvertement blasphématoire et critique envers la religion chrétienne. Outre les effets pyrotechniques, la mise en scène est travaillée, nous assistons à une messe noire parodiant les rituels du christianisme tels que l’auto-flagellation et la bénédiction.

SETLIST : Show Mercy / Forgive Me / Hiob / Thousand Years of Sand / Kora / The Indulgence / Flagellation / Save Us / Fuck Your God / Burn It Down / Transgression

Je n’ai à mon grand regret pas eu la force de rester pour les sets d’Einherjer et Arkona à cause d’un mal de tête carabiné qui s’est progressivement installé. J’ai préféré rentrer à l’hôtel et m’économiser pour les deux journées complètes du festival. J’ai relativisé pour Arkona, me disant que j’aurai l’occasion de les revoir dans quelques mois à l’Ar’ Vran Fest.

Après une bonne nuit de sommeil et un doliprane, me voici à peu près d’attaque pour la journée du vendredi. J’avais très envie de voir le premier groupe, Convictive, side-project de musiciens de Krähenfeld, formation que j’aime beaucoup et que j’avais découverte lors d’un concert de Munarheim à Berlin en 2019.

Alors que Krähenfeld officie dans un post-black metal mélancolique, chez Convictive, on a affaire au pendant rentre-dedans du genre. La chanteuse, Nova, tout en élégance dans sa longue robe noire voilée, délivrait ses growls avec conviction et maîtrise. Un set qui réveillait bien comme il faut en ce début de journée.

SETLIST : Genesis / Epos / Rastlose Jagd / Reinheit des Verfalls / Lichtlos / Verfall / Exodus

Nous accueillons ensuite un groupe qui a fait beaucoup de chemin pour venir jusqu’à nous et qui se produit très rarement en Europe, et pour cause, Folkheim nous arrive tout droit du Chili ! En adéquation avec ses racines, le groupe a pour particularité d’interpréter un black/folk metal épique proche de l’Equilibrium des débuts, fortement inspiré par le folklore local, l’histoire des Andes et de l’Île de Pâques. Il est vrai que personnellement, hormis Cemican, je n’ai pas connaissance d’autres groupes sud-américains qui puisent leur inspiration dans la culture de leur pays. Certains passages faisaient bien de nous le rappeler, avec des invocations amérindiennes du chanteur.

SETLIST : Y la herida se cerró de cansancio / Kiepja / Wayra / Vaai Honga Kaina

Cela me faisait bien plaisir de revoir Waldgeflüster, formation munichoise que j’apprécie énormément et que je suis depuis maintenant près de dix ans. Le groupe a sorti l’an dernier un diptyque du nom de Knochengesänge et a notamment interprété trois titres issus du premier volet.

Fidèles à leur attachement profond pour la nature, les Bavarois ont délivré un black metal épique, mélancolique et émotionnel renforcé par les chœurs. Une musique touchante, sincère, qui prend aux tripes, qui sentait bon l’automne et qui n’a pas manqué de me faire verser une petite larme.

SETLIST : Krähenpsalme / Unter bronzenen Kronen / Von Hypnos und Thanatos / Rotgoldene / Novemberwälder / Knochengesang

Veillant de très près à ma place au premier rang pour le concert de Sunken, j’ai écouté d’une oreille Servant, que j’avais découvert en première partie d’Ellende en 2024. Le groupe allemand proposait un black metal mélodique aux élans tantôt mélancoliques, tantôt épiques.

SETLIST : Intro / Litany / Empire Of Madness / The Ultimate Occult Worship / Mater Hominis / Temple / Devil / Negate The I

J’avais adoré leur dernier album Likke paru l’an dernier, j’avais passé un très bon moment lors de leur concert à Paris peu de temps après sa sortie, le mode « groupie » s’est donc tout naturellement enclenché pour le set de Sunken. Le groupe danois faisait halte au festival dans le cadre d’une tournée en première partie de Panopticon, ce qui m’a permis de faire l’impasse sur la date à Paris une semaine plus tôt.

L’inconvénient des festivals quand un groupe ne fait pas partie des têtes d’affiche, c’est le risque d’avoir un set écourté, d’autant plus que les morceaux de Sunken tournent généralement autour des dix minutes, ce qui peut créer une certaine frustration.

Durant les quarante minutes qui leur étaient allouées, les Danois ont balancé un black metal atmosphérique dépressif de haute volée. Même si le mixage était parfois approximatif, le mur de son généré par les guitares donnait une grande intensité, et me faisait de ce fait pas mal penser à TRNA. Afin de retranscrire visuellement l’aspect brumeux des compositions, de la fumée se répandait sur scène.

SETLIST : Din røst malede farver i luften / Foragt / Når livet går på hæld

On reste au Danemark, avec du melodeath cette fois-ci. Les Vikings de Vanir présentaient leur nouvel album Wyrd paru une semaine plus tôt. Amoureux de batailles épiques, vous avez frappé à la bonne porte, les claviers venant renforcer cette ambiance héroïque et guerrière. Ayant vu le groupe il y a deux ans au Cernunnos Pagan Fest, mon avis le concernant n’a pas véritablement évolué depuis. Je reste assez nostalgique de la première période, résolument folk metal, et je trouve que le groupe a perdu en charme en changeant de style. Je dirais que ça se laissait écouter, en sirotant tranquillement une bière.

SETLIST : Against the Storm / Call to Arms / Helgrindir / Da lammet brød det 6. segl / Boudica / Never Surrender / Twisting the Knife

Place à Panopticon, projet états-unien mené par Austin Lunn. Curieusement, j’ai du mal à accrocher à la musique du groupe sur album, alors que sur le papier, c’est censé me plaire. Enrichi par les mélodies du violon, le black/folk atmosphérique des Américains est un peu mieux passé en live, et m’a dans l’idée pas mal rappelé Saor.

Sans doute ma plus grande attente de cette édition. Je connais Misþyrming depuis pas mal de temps, mais je n’ai jamais eu l’occasion de voir le groupe en live jusqu’à maintenant. Je me suis réintéressée depuis peu à la formation islandaise, et en réécoutant ses albums, ça a été comme une révélation, et je me suis reprise une bonne claque.

La scène black metal islandaise est généralement très qualitative, et Misþyrming fait honneur à cette réputation. C’est violent, puissant, brut de décoffrage, presque épique. Manque de bol, un souci technique a coupé le groupe dans son élan. Déjà qu’avec leurs maquillages ensanglantés, ils donnaient l’impression de ne pas être des rigolos, ce désagrément les a bien énervés. Heureusement, le concert a pu repartir de plus belle. Je me suis bien dérouillée les cervicales, je n’ai pas vu le concert passer, et je me ferai un plaisir de revoir le groupe le mois prochain au Fortress Festival, sans problème technique je l’espère cette fois-ci !

J’avais découvert Kaunis Kuolematon au Ragnarök en 2023. Les Finlandais sont de retour au festival cette année pour nous présenter leur cinquième album Kun valo minussa kuoli paru l’an dernier. Le groupe interprète un doom/death metal mélodique où s’alternent passages mélancoliques et énergiques. Intégralement chantées en finnois, les paroles en chant clair apportaient un léger côté folk.

SETLIST : Kylmä maa / Kun kyynelistä muodostuu meri / Merta / Paha ihminen / Kuura / Syttyköön toinen aurinko / Rauniot

Le concert d’Enisum n’était même pas encore passé que je m’étais empressée de me procurer au merch le vinyle du dernier album Autumn Embrace sorti un peu plus tôt cette année chez Avantgarde Music. Se définissant comme le premier groupe « Arpitanian black metal », la formation italienne officie dans un black metal atmosphérique et épique fortement influencé par les paysages et la nature de sa terre d’origine.

SETLIST : Nowhere / Autumn Embrace / Oblivion Cave / Woods of Lost Soul / Miss You / Sweet Autumn of Decadence / Forest Breath / Arpitanian Lands

On ne présente plus Septicflesh, les colosses grecs du death metal symphonique. Bien que j’apprécie beaucoup le groupe, notamment pour la trinité « Communion / The Great Mass / Titan », je trouvais que celui-ci s’essoufflait légèrement ces dernières années, avec une formule qui n’évoluait plus tellement. Cela dit, en live, ça reste toujours efficace, et nous en avons une fois de plus eu la preuve ce soir. Le public s’est défoulé, entre slams, pogos et circle pits.

La setlist était principalement consacrée aux deux derniers albums Codex Omega et Modern Primitive. Même si l’on n’a pas échappé aux incontournables « The Vampire from Nazareth » et « Anubis », je salue l’effort de renouvellement pour avoir interprété « Virtues of the Beast » issu de Sumerian Daemons, ce n’est pas souvent que le groupe joue des titres de cet album, et bien qu’il ne fasse pas partie de mes préférés, ça avait au moins le mérite de changer un peu.

SETLIST : Portrait of a Headless Man / Neuromancer / The Vampire from Nazareth / Hierophant / Coming Storm / Virtues of the Beast / Enemy of Truth / A Desert Throne / Martyr / Anubis / Dark Art

Helfró est une formation relativement jeune, puisqu’elle a été créée en 2017 par Ragnar Sverrisson, batteur d’Ophidian I. Sur scène, le musicien reste à son instrument de prédilection et s’entoure de deux guitaristes, faisant eux aussi partie d’Ophidian I, et d’un chanteur. Les Islandais balancent un blackened death metal froid et sans concession, à l’image des rudes hivers de leur contrée.

SETLIST : Jarteikn / Sindur / Fangelsaður í Tilvist að Eilífu / Minning um Morðingja / Ildi Óhreins Anda / Guðlegt Réttlæti / The Red Claim Due (nouveau morceau) / Fláráð Fræði / Afeitrun

Le concert de Psychonaut 4 faisait partie de mes plus grandes attentes du festival car la première et dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir le groupe en live, c’était en 2017 à Paris. J’étais en plus très curieuse puisqu’à l’époque, le chanteur originel Graf faisait encore partie du groupe, mais entre temps, celui-ci s’est fait incarcérer pour détention de drogue (entre nous, en Géorgie, c’était peut-être pas une riche idée), et a donc été remplacé depuis. J’appréhendais malgré tout légèrement, car j’appréciais beaucoup Graf pour son charisme, et je me demandais si son successeur serait à la hauteur.

Comme je viens de l’évoquer, Psychonaut 4 nous vient de Géorgie. C’est possiblement le seul groupe de ce pays que je connais, et officiant dans le DSBM, j’ai toujours eu l’idée d’un endroit où ses habitants ne devaient pas tellement se fendre la poire.

En dépit de mon appréhension, Irakli, le nouveau chanteur, s’en est admirablement bien tiré, et m’a même plutôt bluffée, il jouait très bien le rôle du dérangé mental. Les mélodies étaient paradoxalement accrocheuses, voire entraînantes, à tel point que le chanteur sautait sur place, ça dénotait clairement avec l’ambiance dépressive. Finalement, j’ai été agréablement surprise, de quoi terminer en beauté cette journée. Je n’ai effectivement pas eu la foi de rester pour Asagraum, mais d’après le retour d’une amie qui a assisté à leur set, les demoiselles, officiant dans le black metal, ne faisaient pas dans la dentelle.

SETLIST : Intro / Fiqrebi Mtsukhrisa / Vai Me / Personal Forest / sana sana sana – cura cura cura / Too Late to Call an Ambulance / Sweet Decadance

Retour sur le site le samedi en toute fin de matinée pour la dernière journée du festival (snif, ça passe toujours terriblement vite), et on se met directement dans le bain avec Grimming, petit nouveau signé récemment chez Napalm Records ! Ce très jeune groupe autrichien (son membre le plus jeune a seulement seize ans!) tire son nom d’une chaîne de montagnes isolée en Haute Styrie, d’où l’appellation « Styrian Death Metal ». Vêtus de tenues traditionnelles, les Autrichiens content dans leur dialecte local des histoires de leur région natale à travers un death metal sophistiqué, froid et obsédant.

SETLIST : Lindwurm / Pankh / Pesthigl / Zwoa Joah / Lahn / Jagatod / Huizara / Wüdschitz

Voilà maintenant plus de vingt-cinq ans que Gernotshagen s’est imposé comme digne représentant du « Thurigian Pagan Black Metal ». Le dernier EP Mein Trusetal, paru en 2024 à l’occasion de ce vingt-cinquième anniversaire, rendait hommage aux racines black metal du groupe, ainsi qu’à sa terre natale.

Dans une alternance entre chant clair et chant black, Gernotshagen délivre un metal sombre et mystique, profondément inspiré par la nature, dans la lignée de Menhir. Entre les claviers atmosphériques, les chœurs et les guitares, l’ambiance est résolument épique et solennelle. Pour le dernier morceau, le chanteur tenait fermement une hache.

Ne manquez pas le passage du groupe le 2 mai au Dark Medieval Fest pour son grand retour en France après dix-sept d’absence !

Un vent glacial venu du Grand Nord vient se répandre dans l’enceinte de la salle. Deux ans après leur premier passage au Ragnarök Festival, les Suédois d’Istapp sont de retour pour présenter leur dernier méfait Sól tér sortna paru l’an dernier chez Trollzorn Records.

J’avais gardé le souvenir d’un black metal mélodique assez austère, mais le groupe a dévoilé une autre facette que je ne soupçonnais pas chez lui, à savoir une dimension presque folk de par les chœurs clairs en suédois. Mention spéciale au jeu de lumières très joli imitant les aurores boréales.

SETLIST : Under Jökelisen / Frostbiten / Frostdraken / Evig Köld Koncentrerad / Natten då gud blundade / Istronens furste / Storm av Is / I väntan på den absoluta nollpunkten

Je sacrifie le début du set d’Agrypnie pour la signing session de Gernotshagen. En retournant dans la salle, je croise le chanteur de Munarheim, je ne peux ainsi pas m’empêcher d’échanger quelques mots avec lui, et je regarde donc le concert de loin.

Trois ans après son dernier passage au Ragnarök, la formation post-black allemande présente son dernier album Erg sorti l’an dernier chez AOP Records. Lors d’un morceau, le chanteur d’Harakiri for the Sky s’est joint au groupe pour un featuring.

Je découvre ensuite le duo Mira Ceti, et cocorico, il s’agit d’un des rares groupes français programmés sur cette édition. Composé d’une chanteuse et d’un claviériste prenant également en charge les chœurs et les effets sonores, le groupe concocte un savant mélange electro folk/ambient/dark wave, avec quelques mélodies orientales, rappelant pas mal Trobar de Morte. La chanteuse animait le set de danses sensuelles. Un moment apaisant fort bienvenu parmi les nombreux concerts de metal extrême lors duquel j’ai exceptionnellement pu faire l’impasse sur les bouchons d’oreille.

La signing session de Vreid m’a fait louper le début du set de The Spirit. Comme j’avais vu le groupe il n’y a pas très longtemps, en toute fin d’année dernière en première partie de Groza, je n’éprouvais pas un besoin irrépressible d’assister au concert en entier. Le combo allemand nous assène d’un black/death metal mélodique cosmique et misanthrope. Décidément, c’était la journée des duos, avec cette fois-ci la participation du chanteur de Horn sur un morceau.

SETLIST : Against Humanity / Room 101 / Cosmic Fear / Repugnant Human Scum / Illuminate the Night Sky / The Clouds of Damnation

On retrouve justement Horn directement après, mené par Nerrath. Le groupe sortira début juin son nouvel album intitulé Apokalyps 1618 et a d’ailleurs joué pour la première fois en live son titre éponyme. A la manière d’Himinbjørg, le projet allemand distille un black pagan metal vindicatif. En échange de bons procédés, le chanteur de The Spirit a participé à un featuring lors d’un morceau.

SETLIST : Alles in einem Schnitt / Apokalyps 1618 / Daudsaom / The Fading Landscape’s Glory / Naud / Pyres / Turm am Hang / Wär nicht Traubhagel

Après la signing session de Harakiri for the Sky, je retourne dans la salle jeter une oreille à Vomitory. Je n’avais pas spécialement prévu d’assister à leur set initialement prévu en dernier, mais le groupe a finalement échangé son créneau avec Mist of Misery qui ont eu des galères d’avion.

« De la finesse, tout ce qu’on aime », avec un nom aussi évocateur, on s’attend à ce que le groupe ne nous joue pas des berceuses. Fortement inspiré par des légendes telles que Sodom, Napalm Death, Carcass, Slayer, et bien d’autres, Vomitory, créé en 1989, est lui-même devenu un groupe vétéran et une référence de la scène death metal suédoise, tout en gardant une fibre underground.

En tournée aux côtés de Vreid, Abbath et Hypocrisy, le groupe présentait son dixième album fraîchement sorti, du nom de In Death Throes, et a notamment interprété pour la première fois en live « Two and a Half Men » issu de celui-ci. Comme il fallait s’y attendre, c’est bourrin, ça défoule, et le public s’en est donné à cœur joie lors des nombreux pogos, slams et circle pits.

SETLIST : Revelation Nausea / Terrorize Brutalize Sodomize / For Gore and Country / Rage of Honour / Two and a Half Men / All Heads Are Gonna Roll / Wrath Unbound / Regorge in the Morgue / The Voyage / Chaos Fury

Death metal suédois ou black metal norvégien, choisis ton camp. Personnellement, avec Vreid, j’ai choisi le mien ! Les dignes héritiers de Windir sont de retour après la sortie de leur dernier album The Skies Turn Black un peu plus tôt cette année. Les ambassadeurs du « Sognametal » commencent manifestement à être des habitués du festival puisque c’est la cinquième fois depuis sa formation en 2004 que le groupe s’y produit, et ajoute en plaisantant à ce sujet « c’est dire si on est vieux ! ». Pour ma part, la dernière fois que j’avais vu Vreid, c’était justement au Ragnarök en 2022.

Profondément attachés à leurs racines black metal, les pionniers du black’n’roll ne renient pas pour autant les influences du rock des années 70 et du heavy metal des années 80 dans leur musique. Un des morceaux interprétés a d’ailleurs fait l’objet d’un hommage à Ozzy Osbourne.

SETLIST : Kraken / Pitch Black / Sólverv / The Skies Turn Black / Eldast, utan å gro / Speak Goddamnit / Into the Mountains / From These Woods / Lifehunger

En seulement trois ans, Eihwar est devenu un véritable phénomène. Groupe surcoté diront certains, peut-être à juste titre, mais en attendant, le duo toulousain (cocorico, encore!) a mis une sacrée ambiance. Définissant leur style de « Viking War Trance » (comprenez du folk electro), la chanteuse accompagnée de son tambour chamanique, et le batteur, également à la guitare et aux effets sonores, ont littéralement fait trembler les murs et ont transformé la salle en « Viking dancefloor ».

Parmi les temps forts du set, on retiendra notamment la reprise en anglais de « Herr Mannelig », le moment fitness lors duquel l’ensemble du public s’est baissé, puis s’est mis à sauter, ainsi qu’un morceau pendant lequel la chanteuse s’est retrouvée à la batterie, moment où son acolyte lui a lâché « ne me casse rien ». A la fin du set, le duo est venu aux barrières saluer le public.

Petite pause signing session de Mist of Misery, et on y retourne ! Je me suis quelque peu lassée ces derniers temps d’Harakiri for the Sky, alors que c’est un groupe que j’apprécie beaucoup de base et dont je reste nostalgique pour m’avoir initiée au monde merveilleux du post-black metal. Cela dit, avec l’annonce d’un set spécial Trauma à l’occasion du dixième anniversaire de l’album, louper cela aurait été un affront dans la mesure où il s’agit de mon préféré de la discographie du groupe.

L’album a donc été joué dans son intégralité, et quel plaisir de réentendre en live mon morceau préféré « Thanatos » pour la première fois depuis bientôt dix ans ! Pour le dernier morceau « Dry the River », le chanteur du groupe est descendu dans la fosse (j’étais littéralement à un mètre de lui).

SETLIST : Calling the Rain / Funeral Dreams / Thanatos / This Life as a Dagger / The Traces We Leave / Viaticum / Bury Me / Dry the River

On ne présente plus Abbath, légende du black metal norvégien rescapée d’Immortal. C’est cliché, exagéré, les mimiques cassent les mythes du genre, j’ai du mal à prendre la chose au sérieux, mais ça ne m’a pas empêchée de passer un bon moment.

Oh et puis finalement, le death metal suédois, c’est cool aussi ! J’avais revu Hypocrisy l’an dernier à l’Alcatraz festival, en mode totalement touriste pour une fois, et ça faisait du bien. Mené par Peter Tägtgren depuis plus de trente ans, le groupe garde la formule efficace d’un death metal mélodique fortement inspiré par l’univers futuriste.

SETLIST : They Will Arrive / Fire in the Sky / Inferior Devoties / Carved Up / Children of the Gray / Killing Art / Eraser / Deathrow (No Regrets) / Adjusting the Sun / Fractured Millennium / Warpath / Roswell 47

Malgré l’heure tardive, j’ai tenu bon pour Mist of Misery qui se fait bien trop rare en live. J’ai connu le groupe avec son deuxième album Absence en 2016 qui m’avait pas mal marquée à l’époque. J’en attendais de ce fait beaucoup, et je dois malheureusement avouer que j’ai été déçue. Pour ne pas accabler le groupe, les galères d’avion et le peu d’expériences live n’ont pas dû aider, mais au niveau du mixage, c’était de la bouillie (en tout cas au premier rang), c’était trop fort (sans doute pour nous tenir éveillés jusqu’au bout), et le set s’est terminé carrément à l’arrache. C’est vraiment dommage car c’est un groupe qui a du potentiel avec un black metal symphonique mélancolique, voire dépressif, mais je suis vraiment restée sur ma faim et j’espère pouvoir revoir le groupe dans de meilleures conditions.

SETLIST : The Long Road / A Sombre Solace / Into the Embrace of Winter / Mist of Misery / Heir to Misfortune / Severance

Et voilà, cette vingt-et-unième édition est terminée, et j’étais tellement contente d’avoir pu retourner à ce fabuleux festival. Le rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain !

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