
En fin d’année dernière, alors que je prenais une pause à mon travail, je jetais un coup d’œil à mon fil d’actualités Facebook, quand soudain, une publication m’a fait lâcher un « oh ! » de joie : pour la première fois depuis ses presque vingt ans d’existence, mon groupe chouchou Munarheim allait sortir de son Allemagne natale pour son premier concert en France. J’ai arrêté de compter combien de fois je les ai vus outre-Rhin, mais je ne pouvais pas résister à l’envie de retourner les voir si près de chez moi (deux heures et demie de train contre les sept heures habituelles au minimum, c’était juste royal). Peu de temps après, c’est au tour de Sojourner, un autre de mes groupes chouchous, d’être confirmé à l’Ar’ Vran Fest. C’était décidé, cette virée en Bretagne s’imposait définitivement.
Alors le samedi 4 juillet au matin, avec deux de mes amis, nous voilà partis pour de nouvelles aventures. Le trajet se passe sans encombres, nous arrivons dans les temps à destination et après avoir déposé nos affaires à notre hébergement, nous nous mettons en route pour le festival. Une fois sur place, nous retrouvons d’autres amis, récupérons notre bracelet et faisons le plein de jetons qui nous seront fort utiles pour la buvette.
J’arrive dans la salle peu après le début du set de Prieuré, formation officiant selon ses termes dans le « metal noir armoricain », avec une attitude tendant vers le punk. Je ne connaissais pas le groupe avant de le découvrir à l’affiche du festival, et pour se mettre gentiment dans le bain, ça passait plutôt bien.
Ce qui était bien avec ce festival, c’est que comme il n’y avait qu’une scène, on avait largement le temps de décompresser entre chaque groupe, et cela permettait également de ne rien louper. Je profite donc de ce premier changement de plateau pour aller prendre ma première pinte d’IPA du festival, et hormis deux occasionnelles dégustations d’hypocras rouge et blanc (très convaincue par le premier, moins pas le second), cela restera ma valeur sûre durant tout le week-end.
Premier moment « nostalgie » du fest avec Drenaï, que je n’avais pas revu en configuration électrique depuis la première édition du Lid Ar Morrigan en 2017, du temps où le festival se tenait encore au Ferrailleur à Nantes. J’avais revu la formation rouennaise pour la dernière fois en 2022 à ce même festival, cette fois-ci sur le site du Champilambart à Vallet et en configuration acoustique.
Le groupe, en digne messager de l’auteur de heroic/fantasy David Gemmel, nous transporte à travers sa musique dans un univers fantastique. Les mélodies traditionnelles sont de mise, notamment grâce à la présence du violon et de la guimbarde, et les quelques introductions narratives nous aident à entrer plus aisément dans ce monde fictif.
On déplorera cependant quelques faiblesses au niveau du chant féminin et du mixage. C’est dommage, car le groupe a indéniablement un potentiel, avec un souci de la mise en scène et une belle énergie. A revoir donc dans de meilleures conditions.
SETLIST : Crossroads / Gods of Stone and Water / Betrayal / Rituel / The Prophecy / Five Tribes / Skyriders / The Eyes’ Revelation / The Last Storm / Day of the Uniter
Je n’avais jamais eu l’occasion de voir Griffon jusqu’à présent, et c’était le moment ou jamais car le groupe francilien donnait ce samedi sa toute dernière date en Bretagne, et l’avant-dernière avant l’arrêt total de son activité. J’attendais beaucoup de ce set, et je n’ai pas été déçue : Griffon délivre un black metal mélodique engagé et fortement axé sur l’aspect historique, à l’instar notamment de ses compatriotes de Darkenhöld. Le groupe nous a fortement encouragés à dévaliser son merch’, son ultime concert sera annoncé d’ici peu, j’espère que celui-ci se tiendra à Paris pour pouvoir lui dire un dernier au revoir.
SETLIST : Abomination / Souviens toi Karbala / Jérusalem / Apotheosis / A l’Insurrection / L’Ost Capétien / The Ides of March / L’Homme du Tarn / La Cité est perdue
Un des moments que j’attendais avec le plus d’impatience est enfin arrivé. J’étais très gâtée puisque pour sa toute première apparition en France, Munarheim disposait d’un set d’une heure et demie ! Et il a commencé à merveille avec deux de mes morceaux préférés, « Urkraft » et « Stolzes Wesen Mensch ». Le son est très bon, j’ai juste eu une mini frayeur en début de set à cause d’une micro coupure, rien de bien grave heureusement. Comme à son habitude, le groupe est très dynamique et a le souci de la mise en scène.
Mon moment inoubliable arrive pour le début de « Mosaik », mon titre préféré : Pascal, le chanteur, m’invite à monter sur scène à leurs côtés. Il m’a même demandé si je voulais chanter, mais ne parlant pas allemand, je ne voulais pas massacrer les paroles de cette magnifique chanson. Je me suis contentée de scander des « hey ! » au micro face au public. A la fin du morceau, je regagne le premier rang, sur un nuage dont j’aurai beaucoup de mal à redescendre.
Ce qui m’a beaucoup touchée également, c’est l’accueil que le public a réservé au groupe. C’est même lors de ce concert que les premiers pogos se sont déclarés. Étant habituée au public allemand de nature calme, je ne pensais pas que la musique du groupe pouvait soulever les foules à ce point en live, et cela m’a tellement fait plaisir pour eux que je me suis également joint à ces mouvements de foule.
Cela peut paraître anecdotique, mais pour moi c’était exceptionnel, du fait que Munarheim jouait dans un pays non germanophone, j’ai entendu pour la première fois Pascal s’exprimer en anglais pendant le concert, ça faisait du bien de comprendre ce qu’il disait entre chaque morceau pour une fois ! Il y avait même quelques samples narratifs en intro de quelques morceaux en français.
Munarheim fêtera l’an prochain ses vingt ans d’existence, et nous a présenté en exclusivité un nouveau morceau, « Wanderer », qui présage du très bon pour la suite. Une nouvelle date en France est d’ailleurs prévue pour 2027, j’ai le pressentiment que ce sera au Cernunnos qui fêtera également ses vingt ans, affaire à suivre !
SETLIST (ordre inexact) : Urkraft / Stolzes Wesen Mensch / Waldesherz / Mosaik / Dein ist der Tag / Sei du das Licht / In Dunkelster Nacht / Mein Weg / Liberté / Ruhelos / Wanderer
Après ce concert riche en émotions, je me dirige vers les stands de restauration. Mon choix se portera sur le stand de lángos qui était également présent il y a deux mois au Dark Medieval Fest. Je reviens dans la salle peu après le début du concert de Black Messiah. Cela faisait un bon moment que je n’avais pas revu ces chers Teutons, la dernière fois remontant au Cernunnos Pagan Fest en 2020.
Rien de nouveau côté discographie depuis 2017, nous nous sommes donc délectés de ces titres épiques et autres chansons à boire redoutables d’efficacité, menés par les airs endiablés des claviers et du violon, ce dernier étant géré par le chanteur. Hormis l’incontournable « Sauflied » qui a clôturé le set, la setlist était totalement différente par rapport à celle du Cernunnos, et c’était fort appréciable.
SETLIST : Intro : Daylight is Fading / On Board / Wildsau / Windloni / Christenfeind / The Battle of Asgaard / The Walls of Vanaheim / Gulveig / Sauflied
L’autre gros morceau du fest arrive pour ma part. Décidément j’ai de la chance, mon autre groupe chouchou Sojourner a lui aussi droit à une heure et demie de set. J’appréhendais toutefois ce concert. En effet, je n’ai pas revu le groupe depuis le Cernunnos en 2020, et entre-temps, la chanteuse originelle Chloe, que j’affectionnais particulièrement, a quitté le groupe, et a été par la suite remplacée très brièvement par Lucia Amelia Emmanueli, puis par Heike Langhans, anciennement chanteuse de Draconian. Celle-ci n’a pas pu être présente pour ce concert qui marquait le grand retour de Sojourner sur scène, à cause de problèmes administratifs, ses parties vocales étaient ainsi préenregistrées. J’ai beau me dire qu’il ne faut pas comparer, mais je ne peux m’empêcher de garder en tête la voix fragile et touchante de Chloe, qui collait beaucoup plus au style nostalgique véhiculé par le groupe, et qui offrait un très beau contraste avec le growl puissant d’Emilio. On ne peut le nier, Heike a une belle voix éthérée, mais donne un ton plus triste et sombre à l’ensemble. Cela dit, peut-être Sojourner cherche-t-il à prendre progressivement une direction musicale différente.
Passées ces considérations, le début du set fut laborieux. On sentait déjà pendant les balances que les réglages étaient compliqués, et une fois le concert enfin commencé, on voyait bien qu’Emilio était assez agacé. Heureusement, petit à petit, les choses s’arrangent, et même si l’ensemble du groupe finit par se détendre, le guitariste principal, Mike, est toujours aussi concentré. Pour ce concert, Matthew Bell et Francesco Del Vecchio, respectivement à la guitare et à la basse, viennent compléter le line-up.
Cette heure et demie a largement permis au groupe de faire un beau tour d’horizon de sa discographie, de son premier single « Heritage of the Natural Realm », figurant sur le premier album Empires of Ash, au nouvel album Gateways paru ce 10 juillet. Même si j’aurais aimé réentendre certains morceaux tels que « Titan » et « The Apocalyptic Theater » (vu qu’il n’y a plus Chloe, ce n’était même pas la peine d’envisager « Talas » et « The Shadowed Road »), deux de mes titres préférés, que sont « Ode to the Sovereign » et « Homeward », ont tout de même été interprétés. Désolée, je fais vraiment une fixette, c’était vraiment difficile de faire abstraction de la voix de Chloe, mais il faut reconnaître qu’Emilio a vraiment fait une performance de dingue d’assurer ses parties vocales en plus de celles de l’ancienne chanteuse.
Objectivement, Sojourner, c’est vraiment tout ce que j’aime musicalement, du bon black atmo épique avec des touches folk à la Gallowbraid. Et pourtant, pour la première fois, le groupe m’a déçue en live. Je m’attendais à ce que la magie opère davantage. Néanmoins, je ne compte pas rester sur cette mauvaise impression et espère revoir la formation dans de meilleures conditions, avec Heike physiquement présente.
SETLIST : Dawnrays / Bound by Blood / Ode to the Sovereign / Epitaphs / Heritage of the Natural Realm / Lunar Tear / An Oath Sworn in Sorrow / Aeons of Valor / Homeward / The Deluge / And the Paintings Fall / The Event Horizon
Le temps passe vite, cela fait déjà trois ans que je n’ai pas revu Månegarm. C’était au Ragnarök Festival, et j’avais eu double dose avec un set acoustique le vendredi, et un set électrique le lendemain. Même si les loups suédois peinent à me convaincre en studio depuis leur album Fornaldarsagor paru en 2019, en live, ils savent y faire avec leur viking/black/folk metal bougrement efficace, et je suis toujours assurée de passer un bon moment.
Notre trio de choc est accompagné en renfort du guitariste Tobias Rydsheim (Wormwood). En revanche, Martin Björklund manque à l’appel, les passages au violon étaient de ce fait préenregistrés. La setlist était principalement axée sur les quatre derniers albums du groupe. Comme je viens de l’évoquer, ce ne sont dans l’ensemble pas ceux que je préfère, mais en live, le rendu est bien plus convaincant. A tel point que le public s’est bien défoulé, en provoquant moult pogos.
SETLIST : Hör mitt kall / Ulvhjärtat / Hervors Arv / Stridsgalten / Blodörn / Vedergällningens Tid / En blodvittneskrans / Odin Owns Ye All / Hemfärd
Comme Månegarm, Ensiferum fait partie de ces groupes que j’ai lâchés sur album, mais que je prends toujours plaisir à revoir en concert quand l’occasion se présente, la dernière fois remontant au Ragnarök Festival en 2022. Entre temps, les Finlandais ont sorti leur neuvième album Winter Storm. Objectivement, sans le trouver exceptionnel, c’est un album qui s’écoute plutôt bien, le groupe a toujours le don de dégoter des mélodies accrocheuses, mais je ne supporte pas la voix heavy/power du claviériste Pekka Montin.
En live, ma vision reste très similaire, à la fin du concert, en débriefant avec mes amis j’avais lancé « oui c’était très bien, quand le claviériste ne chantait pas ». Pourtant, avec les années, je me suis mise à apprécier certaines voix heavy/power, mais celle de Pekka, je n’y arrive définitivement pas.
Outre ce blocage de ma part, le groupe s’est montré en très grande forme, le bassiste Sami Hinkka est toujours autant une pile électrique. N’empêche, Ensiferum se bonifie avec le temps en live, je me souviens de ses premiers concerts que j’ai faits en 2015, et niveau proximité et interactions avec le public, le groupe s’est grandement amélioré. Petri Lindroos a même fait un trait d’humour en annonçant « Run From the Crushing Tide » comme « un vrai classique », mais s’était trompé car il pensait que le prochain morceau à jouer était « Andromeda », et lorsque son tour était véritablement arrivé, le chanteur a repris exactement la même formule.
En plus de ses titres les plus récents, Ensiferum a interprété quelques incontournables. Cela faisait bien plaisir de réentendre « Token of Time » et « One More Magic Potion », puis le set s’est terminé en beauté avec le combo « Lai Lai Hei » / « In My Sword I Trust ». Malgré l’heure tardive, le groupe a réussi à rallier les foules, le public s’est jeté à corps perdu dans l’ultime bataille de cette première journée déjà mémorable.
SETLIST : Aurora / Winter Storm Vigilantes / Way of the Warrior / Token of Time / Fatherland / One More Magic Potion / The Howl / Run From the Crushing Tide / Andromeda / Lai Lai Hei / In My Sword I Trust
Retour le lendemain midi au Gentieg après une courte nuit, malgré tout réparatrice, et un bon p’tit dej, pour cette seconde et dernière journée de concerts. Comme je surveillais le stand de merch de Trollheart qui allait jouer juste après Agoria Skall, j’ai regardé de loin le set des Toulonnais.
Mon compte-rendu sera ainsi très succinct vu que je ne me trouvais pas dans les conditions les plus immersives qui soient pour apprécier le concert, mais le groupe a délivré un folk/pagan metal enjoué, entre airs celtiques et médiévaux, une sympathique mise en jambes pour débuter cette journée.
Il est désormais temps de poser son cerveau et de se prendre une bonne grosse dose de fun avec Trollheart. Mené par le Troll, le groupe nantais officie dans un black/folk metal délirant, dans la veine des ambassadeurs du « Troll metal » que sont Finntroll (ça fait beaucoup de trolls dans une seule phrase).
A force, je commence à connaître les rituels de scène par cœur, mais on s’amuse tellement qu’on ne s’en lasse pas. Le troll sollicite toutes les parties de notre corps : les bras pour la préparation de la délicieuse soupe d’humains, pour lancer un dé géant gonflable à ne faire tomber sous aucun prétexte, et pour amener le troll en slammant jusqu’à la régi son en deux minutes top chrono pour récupérer sa bière ; les jambes pour sauter tous ensemble ; les deux lors d’un wall of troll (pour ceux qui n’avaient pas d’arme factice, une version « love » à base de câlins était possible). Sans oublier le spectacle de marionnettes derrière les étendards du groupe. A la fin du set, c’est avéré et confirmé, chaque membre du public a bien assimilé la leçon pour se transformer en troll digne de ce nom ! Et comme un petit rappel ne fait jamais de mal, le chanteur a lancé un message sur le sujet du harcèlement et du consentement. Eh oui, c’est pas parce qu’on est des trolls qu’on est des bêtes dénuées de sensibilité !
Le groupe qui allait suivre était assez nostalgique pour moi car la première et dernière fois que je l’ai vu, c’était au regretté festival De Chair et d’Acier en 2015. C’était mon premier festival en province, alors forcément, il occupe une place particulière dans mon cœur et dans mes premiers pas de metalleuse. C’est donc à cette occasion que j’avais découvert en live Sangdragon, ambitieux projet créé par Lord V. Akhenaton dans les années 90, comme troisième volet de « Thy Mystic Trilogy », succédant à Daemonium en 1994, puis Akhenaton en 1995.
Alors sur scène ça donne quoi ? Le groupe, composé de ses nombreux membres, officie dans un black/death metal symphonique à la fois épique et occulte, dans la veine de Septicflesh, agrémenté de chœurs féminins et masculins, parfois chantés en latin, et d’airs médiévaux essentiellement véhiculés par le bouzouki, joué par le chanteur principal Vincent. Le growl de celui-ci m’a d’ailleurs fait penser à celui de Sakis Tolis, chanteur de Rotting Christ, décidément, un autre groupe grec !
Côté setlist, le groupe a principalement interprété des morceaux issus de ses deux albums Requiem for the Apocalypse et Hierophant, ainsi qu’un nouveau titre intitulé « Dominium », et « Final Battle » du projet Akhenaton. Le concert s’est terminé de manière fédératrice, avec une reprise du générique de la série Game of Thrones.
SETLIST : Waterborn / Front of Steel / Curse of Desert / Let the Fire Speak / March to Die / Under My Stigmata / War Is War / Dominium / Final Battle / Father of All Kings / Game of Thrones
Je suis allée me restaurer après le concert, et comme on ne change pas une équipe qui gagne, je suis retournée au stand de lángos, et après le grec version végé la veille, j’ai cette fois-ci opté pour celui au curry de lentilles, une vraie tuerie, j’avais pris un petit, et j’ai presque regretté de ne pas en avoir pris un grand tellement c’était de la gourmandise. Cela aura tout de même réussi à me caler jusqu’à la fin de la journée.
Je retourne ensuite dans la salle pour le concert de Houle qui avait déjà commencé. Le jeune groupe parisien fait l’objet d’une certaine hype dans le milieu black metal underground depuis la sortie de son premier album Ciel cendre et misère noire paru chez l’excellent label Les Acteurs de l’Ombre Productions. Je ne partage personnellement pas cet engouement, en tout cas sur album, la faute au chant de la chanteuse « Cafard » que je trouve trop criard.
En revanche, sur scène, c’est totalement autre chose, et la musique du groupe prend vraiment tout son sens en live, et que ce soit la chanteuse ou les musiciens, chacun déploie une énergie incroyable. Les valeureux matelots balancent leur « metal noir marin » avec beaucoup d’aplomb. Sans arriver au niveau d’Antrisch, un autre groupe très axé scéniquement sur l’esthétique maritime, il y avait un peu de mise en scène, notamment lorsque Cafard brandissait une lampe à huile.
Trois ans déjà que je n’ai pas eu l’occasion de revoir Cân Bardd, la dernière fois remontant au Lid Ar Morrigan. Pouvant être considéré comme le petit frère helvète de Saor, le groupe interprète un black/folk metal atmosphérique épique et émotionnel fortement axé sur la nature. Sur scène, la violoniste Caroline Salmona venait apporter davantage d’intensité.
La veille, j’attendais de Sojourner d’être totalement transportée, et ça m’embête de le dire, mais sur un style très similaire, là où mes chouchous ont failli, Cân Bardd a su relever le défi haut la main. On est également très proche de Belore, et en termes d’émotion, j’ai difficilement su retenir mes larmes tellement c’était beau et intense. A tel point que le gars de la sécu a demandé à deux reprises à un de mes amis qui se trouvait derrière moi si il allait bien, tellement il était en transe. Et je ne vous dis pas dans quel état j’étais quand les deux guitaristes assistaient le chanteur principal Malo Civelli aux chœurs, la chair de poule parcourait tout mon être.
Cette fois-ci, il était inutile de tergiverser. A la fin du concert, je suis allée au merch de Cân Bardd dans le but de me prendre un vinyle. Malheureusement, le temps que je fasse la queue et que j’arrive jusqu’à la table de merch, il n’y en avait plus. Je compte bien prendre ma revanche une fois prochaine.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La veille du festival, Varg annulait sa venue, apparemment à cause de problèmes de santé, et a été remplacé au pied levé par Les Compagnons du Gras Jambon. Si cette annonce a fait beaucoup de déçus parmi les festivaliers, je n’étais personnellement pas mécontente de ce changement de programme de dernière minute car Varg était le groupe que j’aimais le moins sur l’ensemble de la programmation. En plus, avec nos valeureux Compagnons toulousains, je suis toujours assurée de passer un bon moment en live.
J’avais loupé le passage du groupe l’an passé au Cernunnos, et ma dernière rencontre avec lui remonte ainsi à 2023 au Lid Ar Morrigan. Comme à leur habitude, les membres du groupe instaurent une ambiance bon enfant, de par leur musique médiévale qualifiée de « festive, déjantée, endiablée et revisitée ».
La présence des instruments traditionnels nous font voyager aux quatre coins de l’Europe médiévale, notamment en Scandinavie avec la nyckelharpa, en terres celtiques avec le carnyx, dans les Balkans avec le bouzouki, et même au-delà, lors d’un morceau au rythme galopant mené par le khöömii, nous emmenant dans les steppes mongoles. C’est justement pendant ce morceau que je me suis fait un petit kiff, en montant sur le dos de ma copine qui m’a fait parcourir toute la salle en trottinant, tel un fidèle destrier. Tout le reste du temps, on a bien dansé avec les copains.
On arrive quasiment à la fin du festival, c’est effrayant de constater à quel point ce week-end est passé à la vitesse de l’éclair, après l’avoir attendu avec impatience pendant des mois. Il reste néanmoins un gros morceau, une référence de la scène folk/pagan metal, j’ai nommé Arkona, assurant ainsi la tête d’affiche de cette journée du dimanche.
J’avais sacrifié le set de la formation russe au Ragnarök Festival un peu plus tôt cette année, la faute à un affreux mal de tête en fin de soirée. La dernière fois que j’ai vu le groupe, c’était donc il y a un an au Cernunnos. Je ne vais pas revenir sur l’évolution musicale du groupe sur ces dernières années, depuis le temps, vous êtes au courant. Ce qui reste constant en revanche, c’est le professionnalisme du groupe, son efficacité en live, et surtout, le charisme incroyable de Masha, à tel point que j’avais tendance à ne regarder qu’elle. C’est dingue comme un si petit bout de femme peut occuper autant l’espace scénique rien que par sa prestance. Même si on peut faire le deuil de la période festive d’Arkona, ce set a fait l’unanimité au sein du public, déclenchant moult pogos et slams.
Et voilà, c’est en beauté que s’achève cette quatrième édition de l’Ar’ Vran fest. Une première pour ma part, c’était une réussite totale, et si la programmation des prochaines éditions est aussi alléchante (c’est pas gagné cela dit, car cette année, c’était particulièrement du très haut niveau), c’est avec grand plaisir que je reviendrai. Le seul inconvénient d’avoir une affiche aussi intéressante, c’est que je n’ai absolument pas eu le temps de profiter du marché médiéval et des animations gratuites. En tout cas, l’avantage d’avoir participé au festival en mode « touriste », c’est que j’étais beaucoup plus détendue par rapport aux fois où je suis accréditée. Ar’ Vran fest, peut-être à une prochaine !










































