1914 / Katla

Garmonbozia l’a prédit, « 2026 c’est l’année de tous les possibles, sauf le retour du Fall of Summer » (remuez bien le couteau dans la plaie). Parmi tous ces possibles, il y a notamment le concert de 1914 à Paris qui a enfin pu se tenir ce jeudi au Backstage. C’est vrai que pour moi, c’était un peu le groupe maudit, le peu de fois où j’aurais pu avoir l’occasion de voir le groupe, les dates en question étaient annulées. Première occasion pour le Ragnarök Festival en 2020. Pandémie déclarée, festival annulé. Seconde occasion l’an dernier au Petit Bain avec Katla en première partie, à cause du contexte que vous connaissez tous, tournée annulée. L’heure de la revanche a donc sonné, la première venue de la formation ukrainienne à Paris était manifestement très attendue puisque le concert a fini « sold out ».

Pour Katla aussi, c’était une première à Paris. Je n’ai même pas eu le temps d’écouter quelques morceaux de la formation danoise avant le concert, la découverte s’est ainsi faite intégralement en live. Le groupe prend la forme d’un trio « guitariste/bassiste/batteur », et ce qui frappe immédiatement, c’est que ce dernier est le chanteur principal du groupe. De temps à autre, le bassiste intervient additionnellement au chant. Lors du deuxième morceau, le guitariste de 1914 s’est joint au trio.

Concernant la musique en elle-même, j’avoue ne pas être la personne la mieux placée pour en parler. Katla officie en effet dans un mélange de stoner/sludge/doom metal, en gros, loin d’être parmi mes styles de prédilection. En somme, ce qui sonnait comme de la bouillie à mes oreilles aurait certainement pu être davantage apprécié par des âmes adeptes du genre.

L’heure de la guerre a sonné. Sur un extrait de chanson d’époque, les membres de 1914 entrent en scène, vêtus à la mode du début du XXème siècle. Le chanteur, en tenue militaire, débarque, avec le drapeau ukrainien en main. Pour le deuxième morceau, celui-ci est descendu dans la fosse chanter au milieu du public.

Dans le cadre de sa tournée tristement nommée « The War That Never Ends », le groupe présentait son quatrième album Viribus Unitis paru l’an dernier chez Napalm Records. Le titre de l’album fait référence à la devise de l’empereur Franz Joseph I d’Autriche.

Si la comparaison avec la formation allemande Kanonenfieber peut être tentante de par la thématique commune de la Première Guerre Mondiale, les deux groupes l’abordent musicalement d’une manière qui leur est propre. Tandis que Kanonenfieber officie dans un black/death metal mélodique, 1914 a fait le choix d’un death/doom metal teinté de black. Une recette différente mais qui fonctionne tout aussi bien, l’aspect traînant du doom retranscrit bien le côté pesant de la guerre, et les sonorités black/death font quant à elles écho à la violence qu’elle implique. Lors de ces passages plus extrêmes, les pogos furent légion.

Chez Kanonenfieber, la mise en scène est davantage travaillée, les musiciens jouent un rôle. Au vu de la situation actuelle en Ukraine, on sent que pour 1914, ce qu’ils interprètent relève malheureusement plus du concret. Comme il fallait s’y attendre, les interventions du chanteur entre les morceaux étaient très politisées, ce qui peut malgré tout gêner une partie du public qui n’apprécie pas forcément que cela prenne trop le pas sur la musique, et l’art dans son ensemble.

Pour conclure sur une note plus positive, le groupe a remercié le public pour son accueil chaleureux, et a exprimé avec émotion sa reconnaissance envers l’ensemble du peuple français pour sa bienveillance à l’égard des réfugiés ukrainiens.

SETLIST : War In (The Beginning of the Fall) / FN .380 ACP#19074 / Vimy Ridge (In Memory of Filip Konowal) / 1914 (The Siege of Przemysl) / 1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge) / 1918 Pt 1: WIA (Wounded in Action) / 1916 (The Südtirol Offensive) / 1917 (The Isonzo Front) / Passchenhell / War Out (The End?) / A7V Mephisto

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