Melechesh – Enki

Melechesh enki

“Abou Houraïra rapporte que le Prophète Mouhammad a dit : « Ecouter (individuellement) les instruments de musique est un péché. Se rassembler pour le faire est un péché plus grave . Y prendre du plaisir est du « Koufr ». (On a traduit le terme « Koufr » par : manque de reconnaissance envers les bienfaits de Dieu) “.

Il est vrai que Moyen-Orient et musique n’ont jamais fait très bon ménage. Nombre de pays dont l’Islam est la religion d’Etat, appliquent de manière plus ou moins rigoureuse leurs préceptes religieux. Dans nombre de pays, l’écoute et la pratique de la musique (et particulièrement du Heavy Metal) se fait dans l’ombre.

Ici la situation est différente. Melechesh est un groupe né en Israël, qui n’a par conséquent pas souffert de la censure à laquelle de nombreux groupes de cette région du monde sont soumis. C’est donc avec grand plaisir qu’on accueille le nouvel album des rois du feu, qui, à travers l’utilisation d’instruments et de sonorités traditionnelles, sent bon l’Orient ! Très bon même.

Les désormais résidents hollandais sortent cette année leur très attendu sixième album : Enki, après “The Epigenesis” qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les inconditionnels du groupe.Vous serez rapidement rassurés par la qualité de cet album, qui s’ouvre à mon sens sur l’un des meilleurs titres que Melechesh ait pu créer et croyez-moi, il va falloir ouvrir les fenêtres, le temps se réchauffe !

Le titre d’ouverture, Tempest, Temper, Enlil, Enraged, est une véritable tuerie. Il annonce l’ambiance brûlante, agressive et impitoyable de cet album, composé dans une putain de hutte Touareg à la frontière entre le Mali et le Niger (ouais, on a changé de région, mais on s’en branle). Ce titre, délicatement travaillé, est un déchaînement de blast beat surpuissants sur fond de  mur de guitares vraiment efficace.

Tendance confirmée sur The Pendulum Speaks, et sur le magnifique Lost Tribes. Ce dernier (avec Max Calavera en featuring au chant) est une succession de riffs royalement chiadés, créant ainsi une atmosphère exceptionnelle. Atmosphère toujours plus exploitée sur le titre suivant, Multiple Truths, qui fut le premier morceau de l’album à être dévoilé par Nuclear Blast. Je dois dire que l’introduction de ce titre aurait toutes ses chances dans un concours désignant la meilleure introduction de l’année…

Puis vient le titre (presque) éponyme : Enki – Divine Nature Awoken, original dans sa structure et dans son rythme, mais malgré tout très efficace. En effet ce morceau dégage une puissance et une violence incroyables sans utiliser de blast-beat ou de riffs rapides “dragonforcien”. Bref, l’alchimie fonctionne ! Black-Thrash oblige, le titre suivant, Metatron and Man, repart sur des bases plus classiques, tout aussi efficaces soit dit en passant. Black-Thrash oui, car Melechesh n’est pas un groupe de Folk. Alors oui, leur musique est fortement influencée par leur pays et culture d’origine, mais les touches musicales traditionnelles sont maigres. Le long morceau Doorways to Irkala est certes acoustique et folk, mais il fait figure d’exception.

Ce qui nous pousse à décrire Melechesh comme étant un groupe de Folk (entre autres), c’est leur incroyable capacité à nous transporter dans leur région natale par l’intermédiaire de sonorités qui sonnent exotiques à nos oreilles. Nombreux sont ceux qui sont prompts à estampiller le groupe comme étant folk, mais peu sont ceux qui parviendraient à expliquer pourquoi, ou à citer un morceau qui utilise des instruments traditionnels. Et c’est là toute la magie de Melechesh. L’auditeur est transporté au milieu dans un circle pit de dromadaires, sans même savoir comment.

Enfin, c’est l’étouffant The Outsiders qui clôt ce périple. Ce morceau oasis de 12 minutes n’est… pas assez long ! Sa structure pyramidale colossale est une véritable démonstration de musicalité, alternant des passages aussi rageurs que feutrés, avant de mourir sur quelques notes folk et de laisser place à la sensation de frustation de « l’album qui se termine… »

Une chose, Melechesh sait convaincre son auditoire. Le groupe a su se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux, et sur ce que le metal a finalement de mieux à offrir : des guitares. Il n’est pas un titre de cet album  qui n’attire par la complexité et la musicalité de ses riffs. Trop nombreux sont les nouveaux groupes qui parfois s’égarent sur des chemins faussement originaux et novateurs. Qu’ils prennent exemple sur Melechesh, qui confirme un peu plus à chaque album sa maîtrise incontestable, et son sens de la musique.

Wunjo

9,5/10

Tracklist :

  1. Tempest Temper Enlil Enraged
  2. The Pendulum Speaks
  3. Lost Tribes
  4. Multiple Truths
  5. Enki – Divine Nature Awoken
  6. Metatron and Man
  7. The Palm The Eye and Lapis Lazuli
  8. Doorways To Irkala
  9. The Outsiders

Sortie : 27 février 2015

Liens du groupe :

http://www.melechesh.com/

https://www.facebook.com/melechesh?fref=ts

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