Angantyr / Arkona (PL) / The Negation

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C’est en ce dimanche 13 novembre 2016 que je me rends au Klub, dans le quartier du Châtelet à Paris. L’association Ondes Noires nous propose pour cette soirée une affiche à première vue black. En creusant un peu plus, il s’avère qu’Angantyr et Arkona seraient plus dans une mouvance black pagan.

L’ouverture des portes était prévue pour 18h30, mais c’est avec une demi-heure de retard que les premiers arrivés accèdent à la salle. Pour ce soir, le concert aura lieu dans la salle du haut (pour rappel, il y en a une deuxième au sous-sol). Les derniers indécis qui n’avaient pas réservé leur place se procurent le précieux sésame, et pour cause, la date affichera complet !

19h30, et le premier groupe commence à jouer. Sur scène, des chaînes pendues au micro, des musiciens vêtus de noir et au visage encapuchonné et dissimulé sous un foulard. Pour le coup, le quintet parisien The Negation officie dans le black « pur », mais celui-ci remplira avec brio sa mission de première partie en échauffant le public bien comme il faut. Comme le laisse sous-entendre le nom du groupe, le thème majoritairement traité dans les paroles est celui du nihilisme. Musicalement parlant, l’on a affaire à un black metal sans fioritures, mais tout bonnement efficace ! Sur scène, le contraste d’attitude entre le chanteur et les musiciens est presque saisissant : d’un côté, un ASA habité par ses textes, en mouvement constant (j’ai même eu peur plus d’une fois de me prendre un coup de micro au premier rang …), de l’autre, deux guitaristes et un bassiste complètement impassibles. Pour ce qui est du batteur, je ne saurais dire, celui-ci était presque tout le temps caché par la fumée, mais de ce que je pouvais entendre, il semblait bien investi dans sa noble tâche ! Côté setlist, le groupe alternera entre des morceaux issus du premier et du deuxième album, respectivement Paths of Obedience et Momento Mori. Pour le dernier morceau, le chanteur quittera momentanément la scène et reviendra en arborant un drapeau français sur lequel figure une croix de Lorraine, symbole de la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était la p’tite touche perso « made in Negation » !

SETLIST : Parasite Fall / One God / End of cycle / A prayer for those I will have to kill / Last Rites / Red Wrath / Sacrifice the weak / Erased / Résistance

S’il y a bien un groupe que je suis contente de voir ce soir, c’est le Arkona polonais ! Parce que quand on sait que leur date prévue à Bordeaux quelques jours plus tôt avait été annulée pour la raison absurde que le groupe était injustement accusé d’appartenir au mouvement NSBM, on se dit que l’on revient quand même de loin ! Et ce report sera l’occasion rêvée d’exprimer mon opinion sur ces groupes qui font polémique (attention, Fée Verte va pousser son coup de gueule, tous aux abris …). Cela me met vraiment en colère de constater qu’une minorité de personnes se font passer pour de grands justiciers et pour les grands défenseurs des droits de l’Homme et de la bien-pensance, alors qu’en réprimant des concerts de metal, celles-ci deviennent au contraire un modèle d’intolérance et d’absence totale d’ouverture d’esprit dans toute sa splendeur. Pourquoi mettre des bâtons dans les roues à un groupe juste parce que celui-ci est un groupe black pagan d’Europe de l’est ? Pas d’amalgame, cela ne fait pas de lui pour autant un groupe NSBM ! Et même si c’était le cas, mais qu’est ce qu’on s’en fout ?! Quand ces énergumènes comprendront que la musique et la politique sont deux mondes à part, ils auront déjà fait de gros progrès. Je ne suis pas en train de faire une apologie du NSBM, je suis encore loin d’en être une fervente amatrice. Néanmoins, je n’y suis pas réfractaire pour autant. Pourtant, au vue de mes origines, je pourrais très bien l’être, si j’étais une personne obtuse. Mais ce n’est pas le cas, et ce qui m’importe, c’est d’être réceptive et sensible à ce que j’écoute, et apprécier la musique d’un groupe aux idées nationalistes ou païennes ne fait pas de moi une nazie ou une fasciste !

Le coup de gueule étant passé, parlons maintenant du concert donné par nos chers Polonais. Il est 21h lorsque le groupe commence à jouer, et de toute évidence, il y a pas mal de retard sur le planning. Peu importe, ils sont là, et c’est tout ce qui compte ! Une fois de plus, l’on assiste à une petite excentricité d’un point de vue scénique, puisque les deux guitaristes Khorzon et Nechrist sont vêtus d’un pantalon en cuir noir (jusque là, tout va bien) … et d’un sweat à capuche blanc ! Dans le milieu du metal, c’est tout de même plutôt inhabituel ! Le quartet semble bien parti sur sa lancée, quand soudain, au bout de vingt minutes, c’est le drame : l’ordinateur sur lequel le batteur gère les samples fait un petit caprice, et la musique s’arrête net. Fort heureusement, le souci sera réparé très rapidement, et c’est reparti ! Dans le cadre de ce « Lunaris French Tour 2016 », le groupe présentera en priorité leur sixième album sorti il y a une semaine et demi, du même nom Lunaris, et qui sera donc joué dans sa quasi-intégralité ! Néanmoins, deux petits classiques des deux opus précédents seront joués également, en plus d’un titre issu de la toute première démo !

SETLIST : Módl się do wiatru o powrót mój / Śmierć i odrodzenie / Nie dla mnie litość / Zasypiając w strachu / Przyszły zdrajca chrześcijańskiej masy / Lunaris / Ziemia

Avec une demi-heure de retard par rapport au running-order initial, les Danois d’Angantyr arrivent sur la petite scène du Klub aux alentours de 22h15. En studio, c’est le musicien Jakob « Ynleborgaz » Zagrobelny qui est aux commandes, et pour ce soir, c’est le troisième line-up live qui se reforme sur scène pour un show spécial d’une heure et demi ! Le groupe ne s’était plus produit en France depuis le Cernunnos Pagan Fest de 2014, et c’est peu dire que le trio était attendu de pied ferme !

De prime abord, Angantyr semble être un groupe de black comme il en existe tant d’autres, mais l’aspect pagan est bien saillant, puisque les paroles traîtent de l’histoire scandinave. Angantyr était d’ailleurs un roi danois du VIIIème siècle. Le bassiste et le guitariste se partagent le chant (black, évidemment), mais c’est de loin ce dernier qui assurera à la perfection le rôle de frontman. Avec Angantyr, il y a un temps pour tout : quand ils jouent, ça ne rigole pas, et les trois musiciens nous délivrent un black metal puissant, à nous en faire décrocher les cervicales. Mais quand le guitariste nous présente les morceaux, celui-ci nous prouve que ce n’est pas parce qu’on fait du black qu’on ne peut pas avoir de l’humour ! Bon, je les soupçonne d’avoir été un poil pompettes, mais après tout, cela rendait le set plus sympathique ! Pour vous prouver que l’on avait bien affaire à un groupe de black pagan, le guitariste a aussi soufflé dans une corne de chasse. Si ça c’est pas viking ! Par contre, je veux bien admettre qu’il faisait très chaud dans la salle, mais le bassiste qui a balancé de la bière sur le premier rang, je m’en serais peut-être bien passée. Mais bon, le concert ayant été excellent, je ferai l’impasse pour cette fois ! Côté setlist, les cinq albums ont été représentés par au moins un morceau. Même « Endeløs » issu de la première démo a été interprêté, en plus d’un inédit joué pour la première fois en live ! Le set s’achèvera (et nous achèvera) en beauté sur le plus long titre de la discographie du groupe, « Blod for Blod, Liv for Liv », avec pas moins de dix-sept minutes ! Ce fut magistral !!!

SETLIST : Lænket / Slettes Skal Mindet / Endeløs / Foragt / Danemordet / Ni Lange Nætter / Knaekkede Knogler Braekkede Ben /  Stormen fra Nord / Vemods Hjemstavn / Blod for Blod, Liv for Liv

Fée Verte

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