Amarok Metal Fest 2017

Le bon air de la campagne nantaise résonne aux sons du metal en ce weekend de Mars grâce à la Soundfest Asso qui organise pour la seconde année consécutive son Amarok Festival. On était repartis l’an dernier avec une excellente première édition, peu de couacs et une très bonne ambiance, on avait hâte de voir ce que ça allait donner cette année.

Groupes évoqués : Telperion / Infinityum / Gorgon / The Guardogs / Hipskör / Bellator / Aephanemer / FT-17

Photos par Gaël Hervé.

VENDREDI

  • Telperion

Brynhildr :

Depuis 2013, TELPERION rassemble les foules autour d’une musique folk, dansante, conviviale (et alcoolique, une bière à la main!)

Un groupe qui a su chauffer la salle et échauffer le public pour une soirée de folie!

Originaire de Clermont-Ferrand, ce n’est pas la route qui a entaché leur musique de fatigue et bien au contraire, les artistes ont su faire passer leur passion!

Une setlist un peu courte, un public peu présent mais ça ne les a pas découragés pour autant !

Malgré seulement 4 ans d’âge, TELPERION reste un bon cru, une marque de confiance qui tient de belles promesses d’aventures épiques et de fêtes infinies, comme le suggère le nom (en référence à un arbre de Valinor dans l’oeuvre de J. R. R. Tolkien, le Silmarillion)

Une musique entraînante, des refrains à reprendre en choeur, un groupe légèrement grimés qui trouve sa place sur scène et sait s’imposer de par sa présence et son partage avec le public, rien de tel pour commencer en beauté!

Morrigan :

Le pagan, son lot de groupes festifs et pleins de bonne humeur!Arrivés un peu après le début du set la faute à une journée de travail un poil trop longue (ouf, ils ont commencé en retard!), on entre très vite dans le vif du sujet avec Telperion qui sont tout spécialement venus de Clermont Ferrand pour jouer à l’Amarok (choix judicieux que celui de faire jouer du folk en premier pour mettre de l’ambiance, malheureusement, pas mal de monde était dans la même situation que moi, à sortir du travail, et ont donc loupé une bonne partie du set).

Première fois que je les voyais sur scène pour ma part. Ca, pour mettre l’ambiance, ils la mettent ! Peaux de bêtes et costumes, communication incessante avec le public pour son plus grand plaisir, beaucoup de charisme de la part du chanteur, mais une musique malheureusement assez approximative. Je suis dure dira-t-on, le sons était très moyen, la faute à une grande salle relativement vide et qui résonne énormément, assez embêtant quand il y a du violon… Certains membres semblaient assez tendus aussi (la fatigue de la route y étant sans doute pour quelque chose), ce qui pourrait expliquer un certain manque de fluidité, et une voix qui mérite de s’améliorer (probablement que le son très très brouillon n’a pas arrangé les choses non plus).

Je parais très sceptique comme ça, mais la performance n’a absolument pas été catastrophique, et pour être honnête, on s’en fiche un peu qu’un jeune groupe soit parfaitement en place d’entrée de jeu. S’il y a une chose sur laquelle on ne reviendra pas, c’est l’envie du groupe, sa bonne humeur communicative, et sa volonté de marquer les esprits pour sa première venue en terres nantaises.

  • Infinityum

Brynhildr :

Avec un album tout frais, INFINITYUM s’imposent comme les Lords of Infinite!

Les Nantais avaient retournés le Klub (Paris) en janvier, ils ont retournés l’Amarok! Pep’s, fun, énergie, …il n’y aura jamais assez d’adjectifs pour qualifier l’ambiance dégagée sur scène! Les nuques bien échauffées, elles tourbillonnent aux moindres notes!

Jouant à domicile, la formation black folk aux peintures de guerre a su transformer la salle en véritable champs de bataille ou en taverne avec un happy hours jusqu’aux aurores! Pas de doute, l’ambiance est maintenue au beau fixe et INFINITYUM met tout le monde dans le bain même les novices du genre!

Morrigan :

Ceux qui me connaissent savent aussi que je ne serai point objective en parlant de ce groupe. Pour être honnête, je n’en ai vu que la moitié puisque déjà vus un certain nombre de fois, et c’était toujours aussi efficace et plein d’énergie. Son massif, musiciens en pleine forme, une très bonne prestation !

  • Gorgon

Morrigan :

Ahhhhh Gorgon ! LE groupe que j’attendais le plus de l’édition. LE groupe coup de cœur des Valkyries. Si leur show était à la hauteur de leur album, il promettait d’être grandiose. Ma bière à la main, je me rue donc dans la salle afin de ne pas en louper une miette.

Et dès le début, déception au niveau du son. Je veux bien qu’ils soient venus sans sonorisateur, et que ceux de l’Amarok fassent leur possible, mais comme je le dis toujours, un groupe de death sympho avec plein d’orchestrations, pour Gorgon plutôt typées orientalisantes, si on enlève les samples, et bien on retombe sur un groupe de death pas mauvais, mais sans réelle identité propre. Je trouve donc ça inacceptable qu’on n’ait pas entendu un malheureux sample (pas d’orchestrations donc) du concert tellement ils étaient réglés bas (la caisse claire par contre, on l’entendait tellement bien qu’on n’entendait que ça).

Quel dommage pour le groupe (et pour nous) ! Ils étaient en place, pleins de hargne, corpsepaint et costumes de la partie, et bien décidés à conquérir le public qui était présent en masse. La part belle a été faite à « Titanomachy » évidemment, mais, la faute au son, la salle s’est vidée en cours de route. Je connais l’album par cœur et j’avais quand même du mal à reconnaître les morceaux d’où ma déception. Le groupe mérite bien mieux et on espère les revoir très prochainement dans le coin.

SAMEDI

  • The Guardogs

Brynhildr :

Un peu de stoner pour adoucir les moeurs!

The Guardogs est pourtant bien loin de la douceur! Le batteur (Dob R Man) en a même perdue sa pédale! « Nous sommes plus violents qu’un groupe de death »: nous voilà prévenus! La meute est lâchée. Mais les avertis préfèrent prendre la fuite et laisse la troupe canine sur scène face à quelques curieux qui tiendront la cadence jusqu’à la fin du set malgré tout.

Pourtant, le groupe tient le rythme, leur musique créant une certaine intimité avec leur public, les Guardogs se nourrissant de cette proximité. Les 5 chiens sont plutôt bien dressés et savent se tenir, n’aboyant de façon intelligible et claire que sur commande, suivant une setlist, brève mais mordante, un rock californien aux crocs acérés!

Beware of (kind) dogs!

  • Hipskör

Brynhildr :

Les metalleux sont toujours en noir ! » dit le cliché. Que nenni! prouve Hispkor.

Du fluo, des grosses chaussettes, des chaussures toutes aussi démesurées: les hispter clowns sont dans la place ! Avec un style proche du hardcore, le sextet rennais mélange toutefois les genres pour une fiesta-partycore démentielle et contagieuse!

Le public n’est pas immunisé et rentre dans le jeu en allant chercher un canapé pour sauter dessus ! (Les enfants, on se calme! On n’est pas au cirque !) Entre deux sauts, le public, essoufflé, reprend en choeur les refrains plutôt punk et qui restent bien en tête ! Tête reliée à une nuque qui n’affichera plus aucune cervicale à la fin du set! Hipskor n’affiche que trois ans au compteur mais ils apprennent bien vite avec une autodérision désarmante!

Difficile de garder la tête froide, juste un conseil: Chug It!

Morrigan :

Et le concert commença sur une petite chorégraphie disco…

Peu banal pour du metal hein ? Je ne m’attarderai pas trop sur Hiskör, n’étant pas particulièrement fan du groupe, mais c’est vrai que c’est rigolo, rafraîchissant, et toujours fun à voir en live !

  • Bellator 

Brynhildr :

Un Viking bassiste-chanteur qui nous joue du thrash: peu banal!

Le trio mayennais prend possession de la scène et les aléas du direct font le reste: batteur brûlé au dos par l’un des projecteurs de lumière, jack de guitare débranché dans l’euphorie du moment…. Mais tout leur est pardonné avec un batteur plus qu’efficace qui tape là où ça fait mal, une ligne de guitare puissante, des solos techniques et justes, et une basse imposante.

Joueurs et emportés par la fougue de la jeunesse, les artistes lancent un wall of death, suivi par le public en folie! Le groupe joue un set efficace, un thrash groovy et a un charisme qui fait oublier le côté un peu brouillon et balbutiant de leur jeu de scène. Le concert prend fin, les dernières notes s’éteignent, une corde de basse claque et meurt dans les mains de son bassiste: jamais on n’a vu timing plus parfait !

Les trois guerriers n’ont laissé personne indemne, même pas eux-même!

  • Aephanemer

Morrigan :

Si vous suivez un peu Valkyries, vous le savez qu’on aime Aephanemer d’amour. Cela va sans dire que j’attendais énormément leur set aussi. Première fois que je les voyais, j’étais également très curieuse de voir ce que donnerait le groupe en live avec une voix.

Son bien meilleur que pour Gorgon (même si les samples ont du être remontés je ne sais combien de fois), le groupe a réellement du potentiel et une atmosphère qui leur est propre et qui personnellement me charme. Pourtant, le death mélo est devenu un genre un peu fourre-tout à mon sens, je suis donc très critique, et voir des groupes français qui sortent leur épingle du jeu à mes yeux, c’est rare, chapeau bas à Aephanemer donc.

Mention spéciale au travail sur les guitares (ces soli ! ). Juste un peu dommage que la chanteuse joue en même temps de la guitare (comme pour de nombreux groupes), ce serait intéressant qu’elle se focalise sur sa voix (mais qui suis-je pour décider de ce genre de choses!) qui donne l’impression qu’elle a encore une grande marge de progression. Le set s’est révélé être cohérent et assez envoûtant, on n’a pas vu le temps passer, et quel finish sur des morceaux instrumentaux !

  • FT-17

Morrigan :

Qu’elle a été longue l’attente pour voir les copains de FT-17… (mention spéciale à Brynhildr dont la bravoure a été très grande, levée aux aurores, elle a tenu jusqu’à leur set!) On ne me fera pas revenir sur mon opinion selon laquelle, et hors gros festivals, un concert à 1h30 / 2h du matin, c’est vraiment pas un cadeau à faire au groupe qui se voir attribuer ce créneau. C’est très tard, on est soit fatigués, soit plus très sobres, soit on doit rentrer car on a de la route derrière. On s’y attendait, FT-17 se sont donc produits devant un public plus que clairsemé, et c’est bien dommage surtout pour ceux qui n’ont pas encore eu l’opportunité de voir le groupe. FT-17, c’est l’histoire de Marcellin qui s’en va-t-en guerre et nous conte ses aventures. Pas vraiment hyper énergique et optimiste donc.

La faute à la salle très peu remplie, et faite de carrelage, et bien c’est le plus mauvais son que j’ai entendu à un de leurs sets. Il faut dire qu’ils sont nombreux sur scène (un conteur, un pianiste, deux guitares, une basse, une batterie, un chanteur, et une chanteuse sur le dernier morceau), et avec la résonance de la salle, c’était pas mal le bazar dans tout ça. (bon, le conteur qu’on n’entend pas quand il parle en même temps que la musique, c’est récurrent).

Loin d’être mauvaise cependant, la prestation a été, comme toujours, prenante. Je fais partie de ces personnes qui n’aiment pas la musique de FT-17 sur album, je les ai défendus auprès de mes collègues malgré tout, car en live, avec les projections faites d’un entremêlement d’images d’archives, la présence scénique des musiciens, la présence costumée du conteur qui incarne Marcellin, c’est en live à mon sens, que le groupe prend tout son sens. Alors oui, on a voyagé, on a suivi l’histoire de Marcellin , on s’est perdus dans l’enfer des tranchées (bon travail des lighteux à signaler également sur ce set), et la prestation a été très convaincante. A revoir donc !

LE FESTIVAL VU PAR…

Brynhildr

Les +

  • Jetons et leur valeur

  • Configuration de la salle et des stands

  • Bar bien approvisionné

  • Sécurité

  • Réactivité de l’orga face aux soucis techniques

  • Festival couvert

Les –

  • Peu accessible

  • Carrelage au sol

Morrigan

Les +

  • L’orga en général

  • Les bénévoles : réactifs et souriants, ça fait plaisir !

  • Bar et restauration (Queue de Charrue au bar à pas cher !!!)

  • Déco sympa

  • Parking grand et surveillé (sécu au top)

Les –

  • Les concerts qui finissent trop tard

  • Son pas top (mais bon carrelage et son pas vraiment copains)

  • Beaucoup d’attente entre les concerts (Mantra et ses 40mins de retard!)

Crédits Photo : Gaël Hervé.

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