Report : Hellfest Jour 1 / Vendredi

Une légende raconte que le temps s’arrête l’espace d’un weekend par an dans la petite ville de l’Ouest de la France nommée Clisson. Qu’une déferlante de metalleux vient y établir son camp et le fête avec les honneurs. (non on ne vous racontera pas notre soirée du Jeudi).

Par : Mäntymetsä, Huginn, Grymauch, Thrall, Morrigan, Iona Storm.

Groupes abordés : Cruachan, Jambinaï, Kampfar, Inquisition, Korpiklaani, Dropkick Murphys, Rammstein, Kvelertak, Abbath.

Photos : Guillaume Munin.

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Grymauch :

C’est la tête embrumée par l’alcool et le manque de sommeil que je me réveille dans ma tente, il fait froid et il est beaucoup trop tôt pour se lever vu ce que j’ai ingurgité la veille, mais… c’est le Hellfest 2016 ! Alors ni une ni deux je me sape et émerge sous la grisaille où pointe par ci par là quelques éclaircies, pas trop mal le ciel étant donné qu’il était prévu un petit déluge !

Le temps de motiver les troupes, de prendre le p’tit dej’, on ouvre une bière fraîche, l’avantage du mauvais temps, deux autres dans la poche et on se dirige doucement vers la célèbre cathédrale donnant accès au paradis !

Morrigan :

Grymauch l’a dit. On a (un peu) la gueule de bois mais hop on est au Hellfest, on a plein de trucs à voir, à découvrir, on se rend donc sur site au plus vite.

CRUACHAN

The Sea Queen of Connaught

Brian Boru’s March

Born for war

To Invoke the Horned God

Marching Song of Fetch Mac Hugh

Ride on

Morrigan :

Et bien c’est ennuyeux, mais nous aurons bel et bien raté le début du set des Irlandais de Cruachan (enfin si, on les a entendus de loin, mais bon…), la faute à des files d’attente interminables pour entrer sur site. On ne va pas se mentir, si on a réussi à les voir quand même, c’est qu’on a fait le tour pour entrer. C’est très ennuyeux ces histoires parce que voyez-vous, ce fut l’un des meilleurs concerts de folk que j’ai vu lors de cette édition du Hellfest, et que la tente était relativement déserte. Dommage, beaucoup de gens auraient pu découvrir ce très bon groupe au passage. Un public très clairsemé donc, mais motivé, on voit où sont les vrais fans !

Trêve de bavardage, et le concert alors ? Et bien comme je l’ai déjà évoqué c’était excellent. L’envie et la motivation du groupe n’en parlons pas , Cruachan c’est toujours des guerriers costumés pleins de motivation et de bonne humeur et c’est juste parfait. Evidemment il y avait quelques notes, mais qu’est-ce que ça peut faire tant qu’on s’éclate ? Surtout en festival une bonne sonorisation des instruments traditionnels c’est rare, très rare même, et ici ce qui m’a marquée directement en arrivant, c’est le son très clair de la flûte, très bien mise en avant sans prendre totalement le dessus pour autant. « Mais, je vois pas, ils ont le violon ? » Et oui, si la flûte sonnait très bien, le violon, quant à lui aurait aussi bien pu ne pas être là tant on ne l’entendait pas. Heureusement ça n’a pas nui à l’ensemble. En tout cas cet ensemble était très solide bien que la batterie soit pas mal en retrait, mais après tout, à un concert de folk ce n’est pas trop gênant. Une setlist assez équilibrée mêlant plusieurs albums et faisant la part belle au dernier album du groupe est à noter : au vu de la différence d’ambiance sur les différents albums, ce n’est pas évident de proposer quelque chose de cohérent, et rien à redire pour ce set pour ma part. Et ce finish sur « Ride On » pour ajouter une petite note de poésie et finir en beauté… On reviendra vous voir les gars, et dans de meilleures conditions, 30mins c’est trop court, avec un public bloqué aux entrées du site, c’est encore moins bien. Vous avez assuré quand même.

Grymauch :

Arrivé aux environs de 10h20 une masse pas possible de gens s’entasse devant l’entrée, tant pis c’est le jeu, le premier groupe que je veux voir joue à 11h40 ça va le faire. C’était sans compter sur les soi-disantes nouvelles directives de fouilles qui nous ont fait poireauter plus de 2h avant d’entrer pour une palpation quasi survolée ! Voilà déjà bim j’ai raté Stoned Jesus ! Dans mon malheur, un peu de réconfort : vu qu’ils jouaient à la Valley j’ai pu en profiter un poil, enfin juste de quoi me dire que ça aurait été une tuerie sous la tente vu cette setlist de malade !

Mais bon, trêve de mécontentement, une fois sur site tous les soucis disparaissent, la joie s’imprime sur mon visage et j’entends Cruachan qui vocifère sous la Temple. Je m’approche pour profiter de l’écran géant et n’étant pas venu l’année précédente, je suis soufflé par le progrès de l’agencement de l’Altar/Temple, et de la Valley ! Putain le gain de place ! Les scènes respirent et on peut même en profiter depuis l’extérieur, ce que je fais sur quelques titres du combo irlandais. Deuxième surprise, ce son ! Les balances de là où je me trouve sont vraiment propres et restituent parfaitement le folk black acéré de Cruachan, sans pour autant délaisser les parties de violon. Un bonheur ! On danse la gigue gaiement sous un crachin naissant avant que ma faim de stoner, pas du tout comblée par l’échec Stoned Jesus m’entraîne vers la Vallez assister à la représentation de Wo Fat.

JAMBINAI

Grymauch :

Je quitte les mainstages pour aller combler un autre sentiment de curiosité, né avec la découverte de Jambinaï, la formation de folk – post rock coréenne. Je m’installe dans les premiers rangs, les musiciens s’installent à leur tour, tous assis, et bim ! La première grosse claque du week-end ! Ce fut 50 minutes d’atmosphère étouffante où notre ouïe s’est faite balayer par des rafales sonores agressives entrecoupées de passages d’une rare délicatesse. Le groupe se compose d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur pour la partie classique, puis d’une joueuse de Haegum et une autre de Geomungo pour la partie trad. Le premier est un instrument à corde (une seule d’ailleurs) qui se joue à l’archet et diffuse une atmosphère incertaine typiquement asiatique. Le deuxième, quant à lui, serait à rapprocher d’une contrebasse. Mais une contrebasse avec un son très sec où le musicien jouerait uniquement du slap avec un maillet ! Le résultat est saisissant et parfois même déroutant tant les artistes sont possédés par la musique. Ils bougent même plus que certains alors qu’ils sont assis ! Puis ces expressions sur leurs visages ! Totalement investis, les émotions coulent de chaque pore de leur peau pour donner vie tour à tour à la colère, la tristesse, la rage, la joie ou encore la plénitude. Les envolées violentes, où l’on pense de prime abord qu’ils font n’importe quoi, se révèlent structurées et prospèrent dans un chaos organisé où chaque instrument est audible alors que ça relève de l’impossible ! Les interludes lyriques offrent des instants de repos suspendus dans le temps nous laissant le loisir de se perdre dans les contrées asiatiques ou d’admirer le jeu peu commun que présentent les deux instruments traditionnels. Le set se finit après 40 bonnes minutes sur le merveilleux titre qu’est Connection, une longue ballade très lumineuse qui montre crescendo en énergie positive pour finir en une douce explosion de ce qui se rapproche le plus du bonheur. Les musiciens reviennent à eux, nous aussi, et on se quitte sous les vivats de l’audience.

KAMPFAR

Lyktemenn

Gloria Ablaze

Troll, Død Og Trolldom

Daimon

Tornekratt

Mylder

Our Hounds, Our Legion

Huginn :

Après la (bonne) découverte Jambinaï, retour sous la Temple pour voir les Norvégiens de Kampfar. Ce vendredi sera la journée des découvertes ; j’ai juste écouté Daimon la semaine avant le Hellfest, ce qui m’a poussé à venir les voir. Quoiqu’il en soit, à mon arrivée le décor et l’ambiance sont déjà bien posés ; des torches enflammées tout le long de la scène, les croix inversées au dessus de la scène qui clignotent… Bref on est pas là pour la messe.

Le groupe commence, et toute l’impiété de leur musique me frappe de plein fouet ; je savais que ce n’était pas jovial comme musique, mais je ne me souvenais plus qu’elle était aussi sombre. J’ai du mal à entendre les instruments malgré seulement un guitariste et un bassiste, je trouve le son un peu brouillon. Les samples de piano, flûte, et autres rajoutent une véritable personnalité à leur musique et une légèreté loin d’être inutile. Le chanteur harangue la foule à plusieurs reprises, les musiciens restent quant à eux assez statiques, mais le frontman fait suffisamment le show à lui seul pour éviter la lassitude. Je ne vois pas le temps passer, et même si cette musique n’est pas dans mon style de prédilection, Kampfar m’a convaincu.

Un concert réussi malgré le son un peu brouillon à mon goût en début de show ; mais en définitive, un groupe que je ferai un plaisir de suivre de plus près.

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INQUISITION

Morrigan :

Point trop de folk à voir ce vendredi, et beaucoup de pérégrinations un peu partout pour re-découvrir le site et ses nouveautés, c’est donc sur Inquisition que j’enchaîne. Ahhhh Inquisition, ce groupe si particulier, ce chant si caractéristique assez proche du crapaud… S’il y avait un groupe de black qui ne m’a jamais déçue c’était bien eux, il y a une première fois pour tout. Même si le set était loin d’être catastrophique, on écoute le début et là catastrophe : on n’entend pas la voix DU TOUT. Détail rapidement corrigé par l’ingé son (ouf), les basses sont restées fortes, et surtout le gros changement par rapport à avant c’est que Dagon se balade d’un côté à l’autre de la scène, de micro en micro, c’est assez perturbant puisque le groupe avait l’habitude d’être très statique sur scène. Le public était acquis à leur cause en tout cas, car ça restait solide tout ça, juste un petit peu en dessous ce d’habitude, mais en même temps faire un son très pur sous la Temple ça relève du miracle.

KORPIKLAANI

Viinamäen Mies

Journey Man

Pilli on pajusta tehty

Lempo

Ämmänhauta

Erämän ärjyt

Ruuminmultaa

Kylästä keväinen kehto

Rauta

Kultanainen

Minä näin vedessä neidon

Sahti

Wooden pints

Vodka

Beer beer.

Huginn et Mäntymetsä

Arrivé un peu avant le début, je profite de quelques personnes se dirigeant vers la sortie pour m’infiltrer sournoisement vers le premier rang. Pile en face d’un agent de sécu qui a autant le sourire que moi. J’étais curieux et assez sceptique quant à leur dernier album, qui m’avait paru un poil fadasse en comparaison de l’excellentissime Manala. On verra bien !

Un sample d’accordéon se lance, Matti débarque à la batterie, nous fait taper des mains, ça y est ça devient bon ! Le public est très réceptif, les autres musiciens entrent en scène et « Viinamäen mies » débute. En deux notes je suis pris dans l’ambiance. Même si je n’avais pas accroché à l’album, j’ai l’impression de le connaître par cœur.

Dès le début, les différents membres occupent très bien l’espace, et Jonne fait son show habituel. Deuxième titre, « Journey man » ! Ce titre fout un beau bordel devant, suivi de « Pili on pajusta tehty ».

Le groupe est en grande forme et très communicatif, peut-être un peu trop car certains semblent toujours être à balle, même sur des morceaux comme « Lempo » ou « Ämmänhauta ». On entre effectivement dans une facette du groupe que le public connaît beaucoup moins : quelque chose de plus sombre et mélancolique. On est bien loin du cliché des chansons à boire qui leur colle injustement à la peau. Comme quoi, ce n’est pas parce que c’est Korpiklaani que c’est la fête à la saucisse.

Mais le meilleur reste à venir. Les chansons s’enchaînent et le rythme ne faiblit pas. On ne repart pas pour quelque chose de festif mais plutôt pour quelque chose de plus entraînant et heavy. Bien sûr, cela ne pouvait pas rater avec ces deux morceaux de Manala mais je doute que « Erämaan Ärjyt » aux touches thrash était attendu. « Kylästä Keväinen Kehto » et « Minä Näin Vedessä Neidon » ont été très bien gérées. La meilleure du concert reste pour moi « Kultanainen », qui fut un vrai régal sur tous les points.

La prestation se termine bien sûr par les morceaux attendus (les fameuses chansons à boire), qui ne sont en général pas les plus intéressants parmi les compositions de Korpiklaani mais je ne leur en voudrai pas d’avoir choisi « Sahti » et « Wooden Pints ». La touche finale est apportée par « Vodka » et  « Beer beer ». Après un salut des membres et une petite hola, c’est l’heure de ressortir.

Jonne m’a paru plutôt paru en forme malgré quelques soucis techniques qui, ô surprise, ne concernent pas son degré d’alcool dans le sang.

On le sentait poussif sur son chant et forçant inhabituellement sa voix pour être audible ; probablement lié au faible volume de son micro ce qui se ressentait plus particulièrement sur les screams. L’autre problème se situait au niveau de la setlist. Sans doute pour d’autres raisons techniques, il n’a pas pu compter sur un morceau instrumental comme « Vaarinpolkka » pour prendre une vraie pause, ce sont donc les morceaux plus calmes et posés qui ont eu cette deuxième fonction. Ceci dit, ses joik sur « Rauta » et « Minä Vain Vedessä Neidon » m’ont donné des frissons.

D’ailleurs, on a assisté à un court retour du violoniste Tuomas Rounakari, qui était absent durant une bonne partie de la dernière tournée. Il a fait un super bon boulot : en plus d’avoir magnifié l’outro de « Kylästä Kivainen Kehto », il a pris quelques libertés avec un solo vraiment époustouflant sur « Wooden Pints ».

La setlist est certes très similaire à celle de la dernière tournée européenne mais c’est loin d’être une faiblesse à mes yeux. Au contraire, ça montre que Korpiklaani n’est pas venu pour prendre la solution de facilité et jouer les bonnes vieilles chansons qui plaisent à tout le monde. La moitié des morceaux joués proviennent de Noita et c’est tout à leur honneur car ils ont contribué à varier l’ambiance de leur concert. Le groupe n’a pas hésité à piocher des morceaux qui ne sont pas forcément connus dans leurs albums précédents et le moins qu’on puisse dire est que c’est une réussite. Malgré une performance mémorable, réussie et tous les efforts faits par le groupe pour qu’il en soit ainsi, j’ai trouvé que la magie a moins bien opéré sur ce gros festival qu’en petite salle. J’ai tendance à penser que c’est en partie lié au public, qui ne vient bien sûr pas que pour eux mais aussi à la manière que certains ont eue d’ « apprécier » les morceaux joués. Il y a eu beaucoup, énormément, trop de slammeurs même pendant les parties qui ne s’y prêtaient pas. Et ça, mon dos s’en souviendra toute la semaine. La seule photo nette que j’ai pu faire est le t-shirt de l’agent qui évacuait les slammeurs de mon dos, c’est pour dire… Je dois être trop vieux pour ces conneries.

DROPKICK MURPHYS

The Boys Are Back

Prisoner’s Song

Sunday Hardcore Matinee

Johnny, I Hardly Knew Ya

Walk Away

The Auld Triangle

Cruel

Out of Our Heads

Famous for Nothing

Citizen C.I.A.

Sandlot

You’ll Never Walk Alone

The Warrior’s Code

Rose Tattoo

The State of Massachusetts

Going Out in Style

I’m Shipping Up to Boston

Grymauch :

C’est marrant, j’ai déjà vu Korpiklaani deux fois et c’était cool ! Mais c’est tout, c’était juste cool. Alors du coup cette année je me suis dit tant pis je zappe pour aller me placer aux mainstages. Du coup il a fallu qu’un pote y aille pour me dire que c’était une ambiance de ouf ! Enfin, que Jonne n’était pas totalement arrach’ et que du coup ça a envoyé du lourd. Mais bon, j’ai rien vu et j’ai été me placer à l’aise pour Dropkick Murphys ! L’attente est longue mais vient un moment où retentit le célèbre Foggy Dew interprété par Sinéad O’Connor qui met un terme direct aux « let’s go Murphys » scandé par la foule et fait planer une mélodie vibrante de fierté. Puis ce moment solennel s’éteint et laisse sa place aux Bostoniens qui entrent sur scène en chantant en chœur « The Boys are Back ! » et c’est parti pour 1h de joyeux bordel plein de camaraderie ! Le groupe a la pèche et enchaîne les titres efficaces qui font chanter et danser comme pas possible ! Prisoners Song, Sunday Hardcore Matinee, Johnny I Hardly Knew Ya, entre autres et on se repose un peu avec Cruel la ballade que tu chantes totalement faux, bras dessus bras dessous avec tous tes copains éméchés, un grand moment qu’ça a été dans la fosse ! Et ça repart de plus belle ! Pas vraiment de surprise de ce côté-là, avec Dropkick c’est la constante ! Pour d’autres formations ça aurait été chiant, il faut se renouveler et tout, surprendre le public etc… mais dans ce cas, ok, c’est globalement toujours la même chose mais putain ce que cette débauche de joie de vivre typiquement Irish Style fait du bien ! On a quand même été flirté du côté punk des débuts avec The Warrior’s Code qui a fait des ravages dans la fosse ! Et le set se finit en beauté sur la triplette de l’enfer ou tu termines de défoncer tes cordes vocales et tes jambes tellement t’en peux déjà plus de gueuler et de sauter partout, j’ai nommé The State of Massachusetts, Going Out In Style et I’m Shipping Up To Boston ! Voilà ! Le concert a commencé de jour, il fait maintenant nuit et tout le monde change de scène précipitamment pour aller voir Rammstein, que je m’empresse de fuir comme la peste tellement j’aime pas ça !

Iona Storm :

4 ans que Dropkick Murphys n’avait pas foulé les planches de notre cher Hellfest. Je les attends impatiemment, en me souvenant de leur prestation mémorable de 2012. J’avais fait le concert au 1er rang et autant vous dire que j’en ai encore des cicatrices ! Foggy Dew commence et un mélange de suspens et d’excitation gagne le public avant l’entrée des énervés. The Boys Are Back ouvre magnifiquement ce set endiablé. Et ils ont raison, Dropkick fucking Murphys are back ! La frénésie gagne le public jusqu’aux rangs les plus lointains. Les classiques s’enchaînent à une vitesse folle et le public, déjà nombreux, se transforme peu à peu en une masse opaque et infranchissable. A une heure du début de RAMMSTEIN les gens se poussent, se bousculent, s’insultent. Il en devient impossible de bouger, si bien que la fille devant moi fait un malaise, je crie et personne ne bouge. Dropkick Murphys se déchire sur scène, et personne ne bouge, ni pour eux ni pour la fille qui essaye désespérément de s’en aller.On la pousse violemment et on en vient même à l’insulter. À ce moment la et pour la première fois je me mets à détester cette communauté que je ne reconnais pas. Dropkick Murphys se termine, le groupe ayant plus d’énergie qu’une bonne partie de son public. Difficile créneau que celui précédant les cracheurs de flammes, mais ils ont su relever le défi haut la main. BRAVO !

RAMMSTEIN

Ramm 4

Reise, Reise

Hallelujah

Zerstören

Keine Lust

Feuer frei!

Seemann

Ich tu dir weh

Du riechst so gut

Mein Herz brennt

Links 2-3-4

Ich will

Du hast

Stripped

Sonne

Amerika

Engel

Morrigan :

Alors je vois d’ici les « c’est pas du folk du tout, ça n’a rien à faire sur Valkyries ». On en a tous écouté à un moment ou à un autre, et on a beau dire, Rammstein au Hellfest et bien je n’aurais loupé ça pour rien au monde ! Parce que ces Allemands en live, c’est comme passer sous le rouleau compresseur, les petits frissons dans le dos en plus tellement c’est bien et efficace. Alors je ne vais pas m’appesantir sur ce concert : oui le public était difficile voire irrespectueux, oui on le savait que ça serait blindé de chez blindé, mais oui que c’était magique ce moment, ou plutôt cette leçon de musique d’anthologie…

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KVELERTAK

Dendrofil For Yggdrasil

1985

Mjød

Månelyst

Berserkr

Evig Vandrar

Ulvetid

Blodtørst

Undertro

Nattesferd

Spring fra livet

Ordsmedar av rang

Svartmesse

Heksebrann

Bruane Brenn

Kvelertak

Grymauch :

Bon, inutile de vous dire que ça a été totalement déjanté ! Les Norvégiens ont tout défoncé avec leur Black N’ Roll qui s’est tout de même un peu assagi avec le dernier opus. Et c’est de ça que j’avais peur, que ce petit dernier soit trop mou en live. Et bien figurez-vous que non ! Ça rend plus heavy et le coup de poing dans ta gueule est plus soft mais le plus important est que ça aère la setlist ! Un petit Nattesferd en plein milieu du set, ça offre un semi repos bienvenu instaurant une ambiance de joyeux bordel plein de camaraderie et ça défonce tout ! Mis de côté ce point-là, ça a été un enchainement de tubes ultras efficaces taillés sur mesure pour le live ! En même temps Kvelertak ne sait faire que ça ! Mjod, Manelyst, Blodtrost, Underto, Ulvetid, Berserkr, Spring Fra Livet, Evig Vandrar ! Evig putain de Vandrar ! Merde ce titre quoi ! Une rage joviale en mid tempo qui traverse la foule et c’est parti pour le gros foutoir dans l’pit supervisé depuis les retours par Erlend, toujours le bide à bière apparent et sa posture de conquérant en fin de vie qui harangue la foule sur les refrains ! Les autres artistes ne sont pas en reste et se déchaînent sur la scène ajoutant v’la l’entropie à tout ce bordel. Ils n’arrivent malheureusement pas au niveau de ce bon vieux Erlend qui n’hésite pas à venir slammer avec son micro dès le deuxième excellent titre qu’est 1985 !

Et ce final ! Suite au classique mais pourtant bien groovy Bruane Brenn, vient l’encore plus classique et encore plus groovy / feel good, le titre éponyme de la formation qui clôture tous leurs concerts, j’ai nommé Kvelertak ! Le frontman a tout donné et on sent qu’il fatigue sur ce dernier titre mais le taf est assuré et il se ramène même avec un drapeau immense à l’effigie du groupe sur le dernier refrain ! Ledit drapeau, bien trop fat pour être manipulé longtemps finit dans le micro et se fait jeter comme une de-mer par Erlend ce qui met fin à un show mémorable ! Les instruments résonnent encore quelques secondes en de délicieux larsens puis tout coupe et ce n’est qu’après une dizaine de minutes et un gros pipi que je redescends sur terre.

ABBATH

To War!

Nebular Ravens Winter

Warriors

In My Kingdom Cold

Winterbane

Ashes of the Damned

Tyrants

One by One

Count the Dead

All Shall Fall

Thrall :

Le dernier concert de cette première journée en enfer, et que dire ? J’allais enfin avoir l’opportunité d’admirer le grand Abbath (ex-Immortal) sur scène. Arborant son éternel « corpse paint » sur la figure et vêtu d’une armure de cuir, le grand monsieur était prêt à nous écraser de toute sa puissance sur plus d’une heure. Malgré une bouillie sonore sur les deux premiers morceaux, avec des guitares trop fortes et une batterie trop étouffée, les gaillards reprirent le dessus et proposèrent un son sans fioritures et vraiment rentre-dedans, sans oublier les éternelles pointes dans les aigus lors des accords dissonants si caractéristiques du genre. Ses nouvelles compositions claquaient sur scène, et le public a même eu l’occasion de profiter de deux anciens titres d’Immortal, « Tyrants » et « One By One ». Inutile de dire que je me suis senti pousser des ailes sur les deux, tant j’attendais ce moment !

Bien entendu, nous eûmes droit à la fameuse gestuelle du bonhomme, se déplaçant en pingouin le long de la scène ou encore tirant la langue vers le public avec ses gros yeux. Toujours aussi fun à voir ! Le bassiste bougeait bien également, haranguant la foule lorsqu’il le fallait, comme ce fut le cas lors d’une double perte de son générale sur la Temple, obligeant notamment Abbath à jouer avec le public en gueulant dans son micro. Bref, pas de pogos pour moi pour ce dernier show du vendredi mais une foule d’émotions plein la tête (et les oreilles !) !

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Grymauch :

La première journée est finie, il est l’heure de s’abandonner aux verres de trop et à toutes les joies qu’offre le camping après 2h du mat ! Rideau !

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