Mark Knopfler – Zénith de Paris. 02/06/2015

Ce mardi 2 juin 2015, je l’attendais vraiment avec impatience. Ce soir, c’est un personnage emblématique du rock des années 80 qui nous fait l’honneur de se produire au Zénith de Paris. Mesdames et messieurs, le seul, l’unique, j’ai nommé Mark Knopfler ! Hein, qui ça ? Mais si, vous le connaissez forcément, l’auteur/compositeur, chanteur et guitariste d’un des plus grands groupes de rock. Dire Straits, cela vous dit quelque chose tout de même ? Ouf, me voilà rassurée. Bref, l’homme tranquille du rock’n’roll est de retour, et après l’avoir raté lors de son passage à Bercy le 26 juin 2013, il était hors de question pour moi de passer à côté une deuxième fois ! Dès la sortie du métro le plus proche, je commence à regarder autour de moi de quoi ont l’air les autres personnes qui se rendent au concert. Sans surprise, il y a comme un écart de générations, pour le coup, je me sens bien jeune (enfin, je ne suis pas bien vieille non plus, donc encore plus que d’habitude) à côté de ces gens que je situerais majoritairement entre la trentaine et la soixantaine. Par conséquent, concert assis oblige, cela ne m’était plus arrivé depuis deux ans. Je m’assois donc à la place qui m’était attribuée, priant de toutes mes forces pour que Mark Knopfler joue quelques morceaux de Dire Straits. Étonnamment, pas de première partie annoncée sur le billet, ça sera la surprise.P1140075

Le début du concert était annoncé à 20h, et c’est pile à l’heure que le spectacle commence. Mais ce n’est pas Mark Knopfler qui arrive, mais un tout petit bout de femme armé d’une guitare sèche répondant au doux nom de Ruth Moody. Je n’en avais jamais entendu parler, ce sera donc la découverte … et quelle découverte !

P1140062

La petite protégée de Mark Knopfler est originaire de Winnipeg au Canada. Outre sa renommée au sein du trio folk The Wailin’ Jennys, ses deux albums solo, The Garden et These Wilder Things, ont été fort bien reçus par les critiques et le public.P1140066

Aussitôt que la jeune femme commence à chanter, c’est le coup de cœur : sa douce voix aux couleurs éthérées captive l’auditoire, nous sommes tous pendus à ses lèvres. Dans toutes ses chansons, il y a un air de tradition, dans un subtil mélange « indie/folk-roots/acoustic/alt-country pop » qui m’a évoqué le style folk et country pop de la chanteuse et guitariste américaine Colbie Caillat. Sans jamais tomber dans le niais, la chanteuse est d’une innocence absolument touchante. Une fois la première chanson du set finie, « One Light Shining », celle-ci annonce dans un français parfait le prochain morceau, « The Garden », avec son petit accent canadien tout simplement adorable et qui attendrit tout le public. Le tout saupoudré de petites anecdotes, comme celle où elle raconte avoir vécu plusieurs années en France et clame qu’elle adore notre pays car « il y a du très bon fromage et des pains au chocolat ».

En plus de nous proposer des compositions qui respirent la sincérité et la fraicheur, Ruth est également une musicienne accomplie : en trois-quarts d’heure, on l’aura vue jouer de la guitare électrique, sèche et du banjo. Pas d’accordéon, de piano ou de bodhran (instruments dont elle joue également) en revanche, mais c’est déjà pas mal. Les musiciens qui l’accompagnent maitrisent tout aussi bien leur sujet. Entre deux chansons, Ruth prend le temps de présenter chacun d’eux : à la contrebasse, il y a Sam Howard, puis deux multi-instrumentistes, à commencer par Adrian Dolan au violon, à l’alto, à la mandoline et à la mandole, et Adam Dobres aux guitares acoustique et électrique, au ukulélé et à la mandoline.

Le set touchant à sa fin, le public est conquis, moi y compris. Ruth Moody possède une maturité musicale vraiment impressionnante vu son jeune âge, et sa démarche artistique sent bon l’authenticité. Si l’occasion de la revoir se présentait à moi, je n’hésiterais pas une seule seconde !

SETLIST :

  1. One Light Shining
  2. The Garden
  3. Closer Now
  4. One and Only
  5. Pockets
  6. Dancing in the Dark (reprise de Bruce Springsteen)
  7. Far and Wide
  8. Trouble and Woe

L’impatience est à son comble, tout le monde attend de pied ferme l’icône du rock’n’roll. Bien qu’ayant déjà écouté les albums solo de Mark Knopfler, je suis bien plus calée sur l’ère « Dire Straits ». Du fait de mon jeune âge, je n’ai jamais eu la chance de voir le groupe en concert, celui-ci s’étant séparé officiellement en 1995. Mais je peux toujours rêver, même si ce soir c’est Mark Knopfler et non Dire Straits qui est annoncé, j’espère de tout cœur qu’il nous fera le plaisir de jouer quelques chansons du groupe.P1140084P1140083

Nous n’aurons patienté qu’un quart d’heure. A 21h pétantes, les lumières s’éteignent. C’est le signal, tout le monde dans la salle est paré à accueillir le chanteur. Les musiciens font leur entrée en scène, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils forment une sacrée troupe : un batteur, un pianiste, un bassiste, deux guitaristes, un violoniste, un flutiste, un contrebassiste … Lorsque Mark Knopfler les rejoint, avec sa fidèle Fender Stratocaster, c’est la standing ovation.P1140069

A 65 ans qu’il a, l’artiste n’a rien perdu de sa superbe, et bien que l’époque « Dire Straits » soit bien loin, la magie opère toujours autant. Il dégaine sa guitare dans des soli prodigieux, s’étendant à l’infini et offrant par moment des variantes par rapport aux versions originales. Tout simplement du grand art ! Les influences musicales sont multiples. Du rock classique à la country, en passant par le blues et la musique folk celtique, la palette est large ! On retrouve dans le jeu de guitare un côté très aérien à la croisée de celui de Bob Dylan et de J.J. Cale, voire de Dan Ar Braz par moment, et tout cela en fingerpicking s’il vous plait ! Autre particularité qui mérite d’être mentionnée, Mark Knopfler est gaucher mais joue comme un droitier.P1140070P1140071

La majorité de la setlist est dédiée à la carrière solo du chanteur, mais celui-ci annonce en début de set qu’il jouera également des morceaux « historiques ». De quoi ravir la nostalgique que je suis ! Justement, suite au morceau « I Used to Could », lors duquel le saxophoniste Nigel Hitchcock a fait une apparition, ce dernier joue les premières notes d’un air qui m’est familier. Tout le monde a reconnu le divin « Romeo and Juliet », cette ballade magnifique dont le solo m’a émue aux larmes. Tout le monde est comblé, les applaudissements ne connaissent plus aucune limite. On ne va pas s’arrêter en si bon chemin tout de même ? En effet, Knopfler enchaine avec le non moins légendaire « Sultans of Swing ». Le public est désormais incontrôlable, certaines personnes quittent même immédiatement leur siège pour se précipiter devant la scène. Je ne résiste pas non plus et je me retrouve ainsi à quelques mètres de l’artiste. Pouvoir le voir d’aussi près est un pur régal, je me trouve complètement béate d’admiration face à ce grand monsieur dont l’humilité impose le respect. Pour preuve de sa générosité sans borne, il invite sa petite protégée Ruth Moody à partager un duo avec lui aux chœurs et à la guitare acoustique sur « Kingdom of Gold » et « Skydiver ». Un autre morceau de Dire Straits, « Telegraph Road » semble sonner la fin du spectacle, mais le public n’en démord pas et réclame le retour sur scène de la vedette. Quelques minutes plus tard, celui-ci ne se fait pas prier et revient avec tous ses musiciens pour un ultime rappel. Ruth et Nigel sont également présents, et le show repart de plus belle sur la ballade rock « Wherever I Go ». La chanteuse restera pour le morceau suivant, « Our Shangri-La », pour l’accompagner au chant et à la guitare. Le set finira en beauté sur le superbe morceau instrumental tiré du film Local Hero, sur lequel le saxophoniste fera une ultime apparition. Ces dernières minutes seront pour moi les plus émouvantes de la soirée : alors que j’étais en train de filmer Mark Knopfler, celui-ci m’aperçoit et me fait un signe de la main, geste qui suffit à me combler de bonheur.P1140072

SETLIST :

  1. Broken Bones
  2. Corned Beef City
  3. Privateering
  4. Father and Son
  5. Hill Farmer’s Blues
  6. Kingdom of Gold
  7. Skydiver
  8. I Used to Could
  9. Romeo and Juliet
  10. Sultans of Swing
  11. Mighty Man
  12. Postcards from Paraguay
  13. Marbletown
  14. Speedway at Nazareth
  15. Telegraph Road
  16. Wherever I go
  17. Our Shangri-La
  18. Going Home : Theme From Local HeroP1140073

Sans compter la première partie, le spectacle aura duré près de deux heures et demi, et cela valait carrément le détour ! Jusqu’à présent, ce concert figure dans le palmarès des meilleurs auxquels j’ai assisté. Mark Knopfler a joué une deuxième fois le lendemain, et si je n’étais pas dans la dèche (se reporter à la signification du groupe), j’y serais bien retournée ! Un immense merci à Ruth Moody pour cette très belle découverte, et surtout, mes hommages à l’homme tranquille pour nous avoir fait rêver le temps de quelques heures. Comme d’habitude, je fais mon petit caprice, il me manquait le génialissime « Tunnel of Love » pour qualifier ce concert de parfait. Une chose est sure, ce concert m’a donné envie d’écouter les albums solo de Mark Knopfler plus souvent, et j’espère le revoir très bientôt !

Fée Verte

5 réflexions au sujet de « Mark Knopfler – Zénith de Paris. 02/06/2015 »

  1. Merci pour ce résumé du concert de Paris je vais le voir jeudi 16 a GUITARE EN SCENE A Saint Julien et j’ai hate déjà en 2013 c’était super !!

  2. J’étais également à ce concert…et à celui du lendemain ! Je suis MK depuis longtemps (j’ai 43 ans) et je suis toujours aussi ému par ses chansons qui ont marqué les principaux moments de ma vie.
    En ce qui concerne Tunnel of Love, que j’adore, je regrette comme vous son absence lors de ce concert, mais c’est malheureusement une constante depuis que MK joue en solo…
    On fait une pétition ? 😉
    Nico

  3. YES!!! le concert du 02 juin 2015 à Bercy Arena …no comment… toujours en forme le Mark…j’ai vu la première fois Dire Straits à la porte de Versailles au Palais des sports…22 juin 1983…juste à la sortie de l’album ALCHEMY…j’ai encore le ticket que j’ai mis sous verre…COLLECTOR !…j’avais 21 ans….(merde j’en ai 53…) Depuis je suis les concerts de Mister Mark Knopfler….03 octobre 1991…05 octobre 1991…26 avril 1992…28 avril 1992…25 juin 2001…Merci Mark pour tes envolées de guitare…On ne se lasse pas de Roméo et Juliet…Télégraph road…Private investigation…sans parler de Sultan….

Laisser un commentaire