Hypocras / Drenaï / Ekthellion

Voilà un concert que j’attendais avec impatience depuis plusieurs mois. Ma principale motivation ? Hypocras, en tête d’affiche qui plus est. Autant le dire d’emblée, il s’agit d’un des groupes pour lesquels j’ai le plus d’estime et d’admiration. Je les avais vus pour la première fois au Triel Open Air 2014. Et c’est seulement un an et demi plus tard, à plusieurs centaines de kilomètres de mes Yvelines natales, que je fais la folie de les revoir, ici, à la Scène Michelet de Nantes.

« Folie ». C’est peut-être bien le mot qui correspondrait le mieux en ce moment. Il me sera difficile de garder sous silence les tragiques événements de la veille. Je prends donc le risque de quitter Paris au petit matin, dans l’espoir de passer une bonne soirée, loin de ce climat de tension.

J’arrive sur place en début d’après-midi. J’ai le privilège d’accéder à la salle avant l’ouverture officielle des portes. Je découvre ainsi la partie bar et merchandising (une fois que les groupes seront installés) au rez-de-chaussée, et la scène à l’étage. C’est petit, sur scène comme dans la fosse, mais c’est suffisant pour accueillir dans de bonnes conditions les groupes et le public attendu.

Il est environ 16h lorsque les deux groupes prévus en première partie, Ekthellion et Drenaï, arrivent. Mais toujours aucune nouvelle des petits Suisses (désolée, je n’ai pas pu résister …). Evidemment on imagine le pire : « Et si ils n’avaient pas eu l’autorisation de passer la frontière ? ». Quand soudain, vers 18h, c’est le soulagement (et l’euphorie pour certain(e)s ). En attendant le début du concert, j’en profite alors pour faire une razzia au stand de merch (CDs, T-shirts … et de l’hypocras maison, ô joie !).

Hypocras MVp

EKTHELLION (20h30-21h10)

Il est 20h30, et la salle est déjà quasiment à sa capacité d’accueil maximale lorsque les membres d’Ekthellion ouvrent le bal. Le groupe est originaire d’Angers et compte six membres en son sein, dont un flûtiste et un violoniste. Les Angevins ont sorti un premier EP au printemps dernier, du nom de Nocturnal Winds.

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Mon avis quant à la prestation du groupe s’est révélé mitigé. Je salue d’un côté l’investissement de ses membres, notamment de son chanteur, Cobaye Sabbath, qui a assuré le set en véritable frontman de bout en bout. Mais ce trop plein d’énergie a peut-être dans le même temps déteint sur la qualité de leur prestation. A trop vouloir en faire, le folk death de la formation, qui s’annonçait de prime abord sympathique, a vite fait de virer sur quelque chose de maladroit et de redondant. J’ai ressenti comme un manque de cohésion (et de cohérence ?), aboutissant à un ensemble « brouillon ». Néanmoins, la bonne humeur l’a emporté sur le reste, et le public s’est montré de bon accueil, déjà d’humeur pogoteuse. Et ce n’est que le début !

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SETLIST :

  1. Tied by Blood
  2. Beyond the Sky
  3. Sheath the Swords
  4. Nocturnal Winds
  5. End of Doomsday
  6. Defend our Age
  7. Let the Chaos Rise
  8. The Wickedness
  9. Stolen Past

DRENAI (21h30-22h15)

C’est aux Rouennais de Drenaï de poursuivre les festivités. Neuf mois après leur passage remarqué au dernier Cernunnos Pagan Fest, je les revois pour la troisième fois. Une question me taraude, la petite Scène Michelet sera-t-elle assez grande pour eux ? Car ils sont au nombre de sept : Diego au chant, Ben à la basse, Simon à la batterie, Adelia à la keyguitare (pas bête, ça optimise l’espace), Martial à la flûte, Greg à la guitare lead, et Guile à la rythmique. Remarque, ils ont bien relevé le défi sur la toute petite salle du Klub au tremplin du Cernunnos en janvier dernier, rien ne saurait arrêter les messagers de David Gemmel !

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Le début du set fait la part belle aux morceaux plutôt mid-tempos. Puis, progressivement, la tension monte, le rythme se montre plus soutenu et entraînant, grâce à une flûte bien mise en valeur, et l’on peut enfin s’en donner à cœur joie dans un wall-of-death sur « Keepers of the Pride », et dans les pogos quasi incessants.

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Le set est également rendu plus vivant et original grâce à quelques scénettes qui viennent introduire certains morceaux. L’ambiance virera aussi à quelque chose de plus mystique et guerrier sur « Nadir’s March » avec l’introduction au didgeridoo. Rien de plus à ajouter, si ce n’est que cela fait bien plaisir d’avoir une setlist bien plus longue qu’au Cernunnos (avec en prime un nouveau morceau), et surtout d’avoir revu le groupe dans de bien meilleures conditions!

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SETLIST :

1. Intro Edge

2. Edge of the World

3. Snaga

4. Eldibar

5. Gods of Stone and Water

6. The Last Stand

7. Nadir’s March

8. Gulgothir

9. Keepers of the Pride

HYPOCRAS (22h35-23h35)

Attention, objectivité 0 dans les lignes qui vont suivre. Vu le roman qu’est ce report, je serais bien tentée d’aller droit à l’essentiel en trois mots : « Je les aime ». Mais comme il faut que j’argumente un minimum mes propos, je me vois contrainte de vous en dire plus.

P1140520 Je dois l’avouer, Hypocras et moi, c’est sentimental. Tout simplement parce que c’est l’un des premiers groupes de folk metal que j’ai vu en concert,  à quelques kilomètres de chez moi qui plus est. Autant dire que depuis tout ce temps, ils m’avaient manqué.

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Lorsque le set commence, la salle est quasiment déserte. A tel point que je me suis demandée si ce n’était pas encore les balances. Heureusement, très vite, tout le monde est au rendez-vous.

Alors oui, j’aime Hypocras, mais en les voyant débouler sur scène, je suis un peu déçue en découvrant les « tenues » de scène : les voilà torse nu et en short (un peu trop) déchiré (calmez vos ardeurs mesdemoiselles) … mais pas de corpse paints comme lors de leur prestation à Triel.

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Mais cela n’est qu’un détail, et ô que ce set était fabuleux !

De une, grâce à une qualité sonore qui a su mettre en valeur la flûte, élément central de l’identité du groupe.

De deux, un chanteur et des musiciens qui se sont donnés à fond pour le public nantais. A en juger le sourire qui se dessinait sur leur visage, cela ne fait aucun doute, ils étaient ravis de partager ce moment avec nous. J’en veux également pour preuve le sourire ému d’Alex à la fin du set.

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De trois, un public survolté qui a transformé la Scène Michelet en sauna ! Et ce n’est pas sans compter sur la fan invétérée que je suis pour jouer la chauffeuse de salle, à chanter presque toutes les paroles de leurs chansons. Pendant ce temps-là, dans la fosse, on se défoule dans les pogos et autres circle pits.

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Enfin, côté setlist, on a été gâtés aussi. En une heure de set, non seulement j’ai eu le plaisir de chanter à tue-tête ma chanson préférée, « Blood Feast », mais nous avons également eu le privilège d’entendre une nouvelle composition. En plus des morceaux issus de leur EP et de leur album, le groupe nous a proposé sa propre version de « Slaget » de Finntroll.

SETLIST :

1. Judgement of the Alphas

2. Hunting the Troll

3. Burning Drakkar

4. Post Tenebras

5. In … Nascendii

6. Implosive Absolution

7. Sociopathic

8. Sadness and Psychosis

9. Valkyrie’s Experience

10. Slaget vid Blodsalv (Finntroll Cover)

11. Blood Feast

12. Spirit

13. The Last Charge + fin Hunting the Troll

Le concert se termine, et tout le monde se retrouve sur scène. Les pirates de Mormieben se joignent à nous pour un hommage aux victimes des attentats de la veille. Toute la salle entonne alors un chant pirate. Un moment fort qui prouve que, quoi qu’il arrive, la musique nous unira toujours, et sera à jamais plus forte que la barbarie.

Merci à ma bienfaitrice Morrigan, à toute l’équipe de la Scène Michelet, et à tous les groupes pour ce merveilleux concert qui nous a redonné du baume au cœur. Et bien sûr, merci à mon loup pour m’avoir suivie dans cette aventure.

On se retrouve le mois prochain avec Dur Dabla, Tan Noz, Vortigern et Paupiettes ! Et comme diraient les copains de Drenaï, stay epic !

Fée Verte

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