GRAI – MLADA

CoverLa Russie. Si vous avez un minimum d’expérience dans le monde de l’internet, ce pays ne doit pas vous inspirer grande sympathie. Les vidéos débiles en tout genre y noient une scène folk metal plus que productive qui mériterait bien une mise en avant ! Et je m’y attèle de ce pas avec Grai !Après une démo, deux albums et plusieurs singles, ils ne s’arrêtent pas là et nous présentent leur troisième opus « Mlada » qui mérite vraiment d’être adulé tellement leur maitrise du genre est imparable ! Ce groupe est composé de cinq membres, Irina Zybina au chant, Aliya « Leta » aux flûtes et aux chœurs, Andrey Smirnov à la batterie, Yuri « Sadist » à la basse et au growl, Ruzel « Ruzveld » à la guitare, une formation somme toute classique mais qui continuera assurément de me faire vibrer encore pendant d’innombrables heures d’écoutes ! Mais pourquoi me demandez-vous donc ? C’est simple, cet album exsude la joie à l’état pur.
En effet, le set proposé par Grai est très lumineux (leur emblème est un soleil, je dis ça je dis rien…), c’est frais, c’est gai, c’est finalement paisible même avec une partie metal bien hargneuse. Et on arrive à le percevoir grâce à un travail de composition remarquable assuré par une formation talentueuse, qui nous fait bien sentir le plaisir qu’ils ont à jouer ! Une petite dissection s’impose pour saisir l’idée !
Tout d’abord la chanteuse principale, qui nous berce de sa voix tantôt mélancolique, tantôt solennelle mais toujours vibrante de sincérité, et c’est là que j’ai pris ma première claque ! Cette voix ! Elle en serait presque palpable tellement elle a de substance ! Ce genre de voix qui t’accompagnerait au bout du monde, t’insufflant courage et volonté au travers de ses lignes de chant pleines de détermination et de force de caractère ! Le meilleur exemple est le titre éponyme de l’album « Mlada » où Irina nous scande une mélodie avec une ferveur presque religieuse.
Vient ensuite Aliya, qui s’occupe, secondairement des chœurs, assez légers en soi, mais qui nous réchauffent tout de même (Le soleil vous dis-je ! Le soleil !) en enrobant de grâce discrète le chant principal. Mais sa tâche primordiale est l’emploi des instruments à vent ! Au menu toute une tripotée de flutes type « irish whistle » en différentes tonalités, de la gaita et de la traversière pour un rendu varié ou se mêlent diverses mélodies, enivrantes ou nostalgiques pour n’en citer que deux !
On entre maintenant dans la partie metal avec Yuri le bassiste qui nous gratifie d’un growl bien gras sur les deux premiers titres ! Leger bémol, le ton est donné, mais ne sera pas suivi au cours du set, dû au chant exclusivement féminin. Ce n’est pas bien dramatique en soi cela dit. Bref. Le point important c’est que Yuri est bassiste et ça s’entend ! Il m’a mis ma deuxième claque ! Là où dans beaucoup de formations de metal la basse prend un rôle de support rythmique, ici ce support est agrémenté de slap et de tapping qui densifie grandement le jeu, apporte une sonorité propre au groupe et diversifie le paysage sonore du folk metal.
En parlant de rythmique, Andrey à la batterie n’est pas en reste ! Il fait son travail proprement, traçant tout au long de l’album un chemin fait de blasts nerveux et de rythmes imprévisibles. L’une des rares formations, à mon gout, qui balance une mélodie de batterie !
Et pour finir, Ruzel le guitariste, qui s’offre lui aussi des riffs en tapping au sein de son jeu plutôt sobre, lequel je pense, a plus pour vocation « d’installer le décor » metal que de faire étalage de ses capacités. Tant pis. Mais comme il faut bien se rattraper quelque part, il nous sort une bien belle guimbarde qu’il manie à un train de folie, par exemple sur « Hay Harvest » chanson ô combien fantastique, ce qui a pour impact immédiat le dessin d’un large sourire de satisfaction sur mon visage !
En définitive, Grai est un groupe qui a su s’approprier l’essence même du folk metal (la version soft du genre hein !) sans tomber dans ses grandes caricatures. Un peu d’humour et de dérisions ? Là où nombre de formations nous servent des chansons sur les bienfaits de l’alcool, Grai nous conte l’histoire d’un homme qui accorde plus d’importance à sa barbe qu’a son éventuel grand amour, titre 1 « Beard ». Un peu de tristesse ? C’est alors à contre-pied qu’ils vont traiter ce thème en jouant la musique la plus sereine et la plus empreinte de plénitude sur un texte à la poésie sombre, titre 7 « I Will Sow My Sorrow ».
Ce troisième opus est donc une réussite totale qui j’espère leur apportera la reconnaissance qu’ils méritent. En tout cas, moi, je suis conquis par cette ambiance chaleureuse qui me donne autant envie de danser que de me fondre dans la contemplation passive de la nature qui m’entoure ! Chapeau bas les artistes, j’ai vraiment hâte de voir ça en live !

Grymauch

NOTE : 9.5/10

Tracklist :

01. Beard
02. Hunt
03. Mlada
04. Hugging the Storm
05. Hay Harvest
06. Get Back
07. I will sow my Sorrow
08. Fortress
09. Outro
10. In the Arms of Mara (bonus)
11. Fish (bonus)

Sortie : 03 Octobre 2014

Lien du groupe : Facebook, Bandcamp.

 

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