FolkEarth – Balder’s Lament

601199_10152051473174099_218852325_n« Thokk versera
Des larmes sèches
Sur les funérailles de Baldr.
Ni vif ni mort, du fils du vieux
Je n’eus à ma réjouir.
Que Hel garde ce qu’elle a »

Thokk à propos de la mort de Baldr. Extrait du chapitre 49 de la Gylfaginning, traduction par François-Xavier Dillman. J’invite les plus férus de mythologie nordique à lire cet excellent livre, très instructif !

Mais revenons en à notre sujet, l’album Balder’s Lament, du supergroupe Folkearth. Conformément à son image, la formation internationale de folk/viking metal a très peu communiqué sur la sortie de ce nouvel opus. Même pas une phrase sur leur page facebook ! Malheureusement,  c’est très certainement dû au décès l’an passé du fondateur et leader du groupe, Ruslanas Danisevskis « Metfolvik ».

En fait, cet album lui est dédié. On devine aisément que Baldr n’est autre que Metfolvik, et la superbe pochette représente un bûcher funéraire viking. Coup dur donc, pour un groupe comme Folkearth, de voir son leader emporté par la maladie.

C’est pourquoi j’éprouvais un certain scepticisme à l’égard de cet album ; qui s’est fâcheusement avéré légitime.  Alors certes, Balder’s Lament ne déçoit pas vraiment puisque c’est un album solide. Mais j’ai fortement regretté le fait que le groupe se retranche sur des fondamentaux déjà largement explorés. En bref, il manque de l’inspiration et de la prise de risques à cet album, ce qui peut paraître frustrant lorsqu’on sait que 11 musiciens permanents et de nombreux guests y ont travaillé.

Pourtant, l’histoire commence formidablement. Bien qu’on regrette la voix si caractéristique de Metfolvik, Beliksner plonge son auditoire in medias res. En guise d’intro, guitares hurlantes, grunt enragé (place ici à un chant crié plutôt classique) et cœurs stratosphériques ! Et il en est ainsi pour la première moitié de l’album, qui, à l’image du premier titre, va satisfaire par sa qualité constante. Balder’s Lament, From Volga to Bosphorus et Farewell to the North s’enchaînent naturellement, régalant nos exigeantes oreilles d’un folk metal authentique et maîtrisé. Du pur Folkearth, comme on l’aime.

Mention spéciale pour le morceau suivant, The Crimson Wine of Battle, particulièrement immersif et tout aussi charmant car c’est ce sont les femmes qui sont à l’honneur. Hildr Valkyrie et Anaïs Chevalier auront tôt fait de vous charmer messieurs !

Mais attention au chant des sirènes, il s’avère parfois épineux. Le groupe lui-même n’a pas su éviter les écueils et s’échoue sur la redondance. Les cinq titres suivants se suivent et se ressemblent. Donar’s Hammer apporte une touche de « je ne sais quoi » qui laisse présager une amélioration, mais c’est pour mieux replonger dans la monotonie. The Silent Warrior, The Wine Sacks of the Emperor et The Anvil of Storms ne se détachent pas les uns des autres, et nous quittent sur une impression d’insatisfaction vis-à-vis de l’album.

Ecoutez ces titres séparément et vous les trouverez bons. Mais personnellement, je leur reproche de ne pas réussir à trouver leur place au sein de l’album lors d’une écoute continue. Là où ils sont sensés maintenir l’attention de l’auditeur, ils jurent avec une très bonne première partie.

Finalement, bien que la fin soit légèrement décevante, l’album en lui-même est bon, vraiment bon. Notre supergroupe favori peut ajouter un nouveau trophée à son palmarès déjà bien rempli. Pari réussi donc pour Folkearth, qui, en offrant un album de pur folk metal, rend le plus bel hommage possible à son leader disparu.

Wunjo

Note : 7.5/10

Tracklist :

1. Beliskner
2. Balder’s Lament
3. From Volga to Bosphorus
4. Farewell to the North
5. The Crimson Wine of Battle
6. Eyes of the Volva
7. Donar’s Hammer
8. The Silent Warrior
9. The Wine-Sacks of the Emperor
10. The Anvil of Storms

 Sortie : 15 Mai 2014

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