Wormwood – The Star

Depuis ses débuts avec le premier album Ghostlands paru en 2017, la formation suédoise Wormwood a progressivement amoindri ses influences folk pour évoluer vers un black metal mélodique empreint de mélancolie. Le quatrième album The Star, paru dernièrement chez Black Lodge Records comme ses deux prédécesseurs, apparaît comme la consécration du groupe et est ainsi présenté comme son travail le plus minutieux, personnel et mélancolique jusqu’à présent.

A travers les sept morceaux qui constituent l’album, Wormwood donne une vraie leçon de mélancolie scandinave. Dans une alternance entre passages calmes, énervés et déchirants, le quintet (désormais quartet depuis le récent départ du batteur Tatu Kerttula) officie dans un black metal mélodique et atmosphérique teinté d’influences rock et folk.

Sur un rythme souvent en mid-tempo, les mélodies lancinantes associées au chant déchirant et éraillé de Nine, à l’instar d’Erik Grawsiö (Månegarm), renforcent l’atmosphère mélancolique. Dès le titre d’ouverture « Stjärnfall », le final lors duquel Nine et les vocalistes invités s’unissent est particulièrement émouvant et intense, d’autant plus que les vocaux clairs de Malvina, Walter Basile et Pippi Emerald Cristiansson sont tellement purs qu’on croirait entendre des chœurs d’enfants. On retrouve le chant clair additionnel de Pippi Emerald Cristiansson sur le titre suivant, « A Distant Glow ». Les deux derniers morceaux « Suffer Existence » et « Ro » restent également dans cette veine mélancolique, en partie grâce aux interventions vocales de la chanteuse invitée Alexandra “Lalla” Segerström. En ouverture du titre final, le duo masculin/féminin en chant clair est vraiment du plus bel effet.

Quelques accélérations « black mélo » surviennent de temps à autre et donnent ainsi davantage de dynamisme aux compositions, comme cela peut être le cas notamment dans « Galactic Blood » et « Thousand Doorless Rooms ». Dans certains morceaux, une évolution épique s’installe peu à peu et accentue l’aspect progressif, notamment lors de quelques bridges et solos, dans « Liminal », « Galactic Blood », « Thousand Doorless Rooms » et « Ro » par exemple. A noter par ailleurs que dans « Liminal », on peut retrouver un feeling « Dark Tranquillity » de par le growl très caverneux de Nine.

Wormwood conserve sa marque de fabrique en intégrant à son black metal mélodique des sonorités rock atmosphérique à la Pink Floyd, comme dans le bridge instrumental de « Stjärnfall ». Les claviers participent également à cette ambiance atmosphérique, voire cosmique, particulièrement en introduction du bien nommé « Galactic Blood ».

Comme évoqué plus haut, les influences folk se font moins présentes qu’auparavant mais font toujours partie intégrante de l’identité musicale de Wormwood. Cela est particulièrement le cas dans « Suffer Existence », lors du bridge mené par le violon, assuré par Martin Björklund (Månegarm), qui est désormais un invité habitué puisqu’on retrouvait déjà ses interventions sur les albums précédents du groupe. Certains passages, sans instrument traditionnel, prennent néanmoins des airs « folkisants », comme dans « Liminal » et « Ro ».

Avec The Star, Wormwood confirme sa position d’étoile montante de la scène black mélodique actuelle et nous offre son travail le plus abouti de sa discographie à ce jour. “Rock will be rocked”.

Fée Verte

10/10

Tracklist :

  1. Stjärnfall
  2. A Distant Glow
  3. Liminal
  4. Galactic Blood
  5. Thousand Doorless Rooms
  6. Suffer Existence
  7. Ro

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