
L’annonce de la tournée européenne de Heretoir a fait l’effet d’un boom sur mon petit cœur. J’aime beaucoup la formation allemande, portée par sa tête pensante Eklatanz, mais je me suis sentie bien plus euphorique en découvrant que Unreqvited assurerait la première partie. Par chance, une date francilienne a été confirmée (c’était d’ailleurs la dernière de la tournée), pas dans la capitale même pour une fois, mais dans la commune limitrophe de Saint-Ouen-sur-Seine.
Le concert, organisé par Sanit Mils, se tenait à l’Extra Bal, dans l’immense complexe de la Communale. Je ne connaissais absolument pas le lieu jusqu’alors, et j’avoue m’être sentie un peu perdue à mon arrivée, à tel point que même trouver l’entrée s’est révélé être compliqué. Étant arrivée bien en avance, j’en profite pour manger un morceau et boire un verre avant le début du concert. Avec les nombreux stands de restauration et buvettes, il y en avait vraiment pour tous les goûts, ça aurait été dommage de ne pas en profiter !
A peine dans la salle, je me rue sur le merch’, et pour cause, Heretoir avait annoncé sur les réseaux sociaux avant le début de la tournée qu’une édition spéciale et limitée de The Circle serait disponible en vinyle. C’était malheureusement prévisible, vu qu’on arrivait au bout d’une tournée de deux semaines, les 99 exemplaires avaient tous été vendus, je me suis malgré tout contentée de l’édition simple. Je me place ensuite devant la scène et jette un œil dans la salle, si toutefois j’apercevais une tête connue. Sans grande surprise, j’ai effectivement aperçu brièvement le chanteur d’Alcest.
Originaire de Berlin, Nidare ouvre l’Extra Bal. Je ne connaissais pas du tout le groupe avant de voir son nom à l’affiche de la tournée, et je me suis laissée la surprise de la découverte en live. Petite particularité au niveau du line-up, une demoiselle assure les parties à la basse, et a également apporté sa contribution au chant clair pour le dernier morceau du set. Le quintette se compose également d’un chanteur, de deux guitaristes et d’un batteur.
Nidare officie dans un post-black metal à tendance dépressive. Entre les explosions de violence, on peut cerner un côté « doomy » pesant. Je dois admettre que j’ai eu du mal à être réceptive à la prestation du groupe, à cause des sonorités dissonantes faisant l’effet d’une boucle infernale, et le manque de lumière accentuait en moi ce ressenti de malaise. Dans un sens, la formation allemande a tout de même eu le mérite de provoquer des émotions, même si j’espérais que celles-ci soient plus positives.
Pour Unreqvited, c’était une première en France, et je trépignais d’impatience de voir le projet de William Melsness prendre vie sur scène. En effet, le groupe est originellement un one-man-band, et bien qu’ayant été créé il y a déjà dix ans, cela fait seulement quatre ans que le Canadien, se faisant appeler « 鬼 / Ghost », s’entoure de musiciens de session pour ses apparitions live.
Unreqvited, c’est un savant mélange de post-black atmosphérique émotionnel et de blackgaze solaire (même si Ghost voue un certain culte à la lune). Dans une alternance entre cris plaintifs à la lisière du DSBM et vocaux clairs éthérés typiques du shoegaze, les élans orchestraux épiques viennent renforcer des montées en intensité vraiment poignantes.
Ce jeudi 29 octobre 2026 marquait les dix ans du premier album du groupe, Disquiet. C’est un album à forte valeur sentimentale pour ma part, car il figure parmi les albums qui m’ont initiée au black metal atmosphérique, et encore aujourd’hui, il fait toujours partie de mes albums préférés. J’avais ainsi fortement espoir que mon titre préféré soit interprété, d’autant plus que celui-ci a été utilisé comme morceau d’illustration pour la publication anniversaire sur Facebook. Alors que le set touche quasiment à sa fin, je pousse un « oh ! » de joie en reconnaissant les premières notes de l’introduction « Birth », suivi par le magnifique « The Autumn Fire », qui a clôturé ce set en beauté et qui a bien failli me faire lâcher une petite larme. Après le concert, j’ai aperçu Ghost au merch’, et j’en ai profité pour faire signer mes vinyles que j’avais apportés exprès pour l’occasion, j’étais contente de ne pas les avoir pris pour rien !
SETLIST : Autumn & Everley / Empathica II: Everwinter / The Starforger / Void Essence / Frozen Tears / Birth / The Autumn Fire
Un an après son premier passage à Paris en première partie de Der Weg Einer Freiheit, Heretoir poursuit la promotion de son dernier album Solastalgia, en tête d’affiche cette fois-ci ! Surfant sur la vague post-black initiée par Alcest, dans une alternance entre vocaux clairs et hurlés, le groupe instaure une ambiance mélancolique, laissant une grande part au côté instrumental, pour une meilleure expérience introspective.
Parmi les morceaux qui composaient la setlist, certains avaient un petit goût d’exclusivité car ils n’avaient encore jamais été joués en live. Eklatanz et Kevin Storm, tous deux accompagnés de leur guitare, nous ont également offert une parenthèse folk électro-acoustique avec les morceaux « Verblasst » et « The Heart of December ».
Suite à cet interlude, je m’attendais à ce que l’on approche dangereusement de la fin du concert, mais l’ensemble du groupe est revenu sur scène pour un rappel, ponctuant un set qui aura tout de même duré une heure et demie, une sacrée performance ! Le public en délire a ovationné le groupe, ce qui n’a pas manqué d’émouvoir profondément Eklatanz. Cela fait bien plaisir de voir une personnalité aussi humble, même si elle est issue d’un milieu musical underground, et j’ai pu faire signer mon vinyle de The Circle avant de rentrer au bercail.
Un grand merci à Vangelis de Sanit Mils pour l’accréditation, c’était une super date, au plaisir pour une prochaine !
SETLIST : Glacierheart / The Ashen Falls / Heretoir / Retreat to Hibernate / Graue Bauten / My Dreams Are Lights in the Sky / Verblasst / The Heart of December / Golden Dust / Solastalgia // The Circle (Omega)









