Wolves In The Throne Room / Treha Sektori

Ce week-end, c’est black metal ! Accompagnée de Wolpertinger, me voici de retour dans la Ville Rôôôôôse ce dimanche 10 décembre pour mon dernier concert de 2017, “putaing cong” ! Cette fois-ci, c’est au Rex que ça se passe, salle de concerts et de spectacles humoristiques située dans le centre-ville de Toulouse, d’une capacité de 350 places, et revêtue de velours rouge.

Au programme ce soir, les Américains de Wolves In The Throne Room viennent à notre rencontre pour promouvoir leur dernier album Thrice Woven sorti il y a trois mois. Ce n’est pas Aluk Todolo qui assure la première partie ce soir, comme c’est le cas pour le reste de la tournée, mais le projet parisien Treha Sektori.

Les portes ouvrent à 20H, et une heure plus tard, je découvre donc ce projet de dark ambient. J’étais assez perturbée au départ de ne voir qu’un seul artiste sur scène devant son ordinateur et sa table de mixage. Les rares fois où j’ai eu l’occasion de voir ce genre d’artiste en live dans un concert de metal, le temps m’avait paru très long, et je craignais donc le pire. Et finalement, c’était un bon moment ! Le musicien marmonnait des paroles inintelligibles, et s’écartait par moments de sa table de mixage pour tambouriner. Derrière lui, des projections assez glauques étaient projetées sur un grand écran. Musicalement, cela m’a fait penser à du Wardruna en plus malsain, on aurait limite dit une musique de film d’horreur. C’était d’ailleurs tellement oppressant que j’ai dû quitter momentanément le premier rang pour m’asseoir si je voulais éviter le malaise. Au moins, cela prouve que c’était efficace !

SETLIST : Severh Sehehn II / Rejet / The Sense of Dust and Sheer / Ah Estereh Komh Derah / Onverth Emh

Wolves In The Throne Room était ma motivation de la soirée, car vu là d’où le groupe est originaire, il est assez rare de le voir tourner en Europe et c’était donc un concert à ne louper sous aucun prétexte. D’autant plus que la dernière fois que les ‘Ricains sont venus en France, c’était en 2012, et à cette époque-là, rien que le terme « Black Metal » m’était complètement étranger.

Avant de commencer à jouer, le groupe instaure une ambiance de rituel. Dans la pénombre la plus totale, la claviériste de session Brittany McConnell allume de part et d’autre de la scène des bougies et répand de l’encens. De la fumée est également projetée.

Les deux frères fondateurs du groupe, Aaron et Nathan Weaver, accompagnés des musiciens de session Trevor Deschryver (à la batterie) et Peregrine Sommerville aka Sadhaka (à la guitare), rejoignent la claviériste sur scène et entrent dans le vif du sujet avec le titre d’ouverture de leur sixième et dernier album Thrice Woven, « Born From the Serpent’s Eye ». La petite particularité du groupe sur scène, c’est l’absence de guitare basse. En revanche, il y avait trois guitares, ce qui apportait une certaine puissance. Le revers de la médaille, c’est que l’on avait par conséquent du mal à distinguer chacune d’entre elles, et cela avait tendance à couvrir le son des claviers. De plus, on peinait parfois à entendre le growl du chanteur principal.

Pour décrire brièvement Wolves In The Throne Room, il s’agit d’un des groupes fondateurs du « Cascadian Black Metal » … en gros, du black atmo bourrin ! Rien à voir avec les cascades, bien que ce sous-genre soit fortement associé à l’engouement pour la nature ainsi qu’à sa protection. « Cascadian » renvoie donc à la Cascadie, région du nord-ouest des Etats-Unis.

Wolves In The Throne Room, c’est un peu le Moonsorrow du black atmo : la durée des morceaux est assez conséquente (dix minutes en moyenne), si bel et bien que l’on a du mal à savoir quand finit l’un et commence l’autre. Par conséquent, le groupe n’a interprété que six morceaux, mais le set a tout de même duré une heure vingt ! Côté setlist, deux morceaux issus de Thrice Woven ont été joués, ainsi que le titre final de Celestial Lineage, « Prayer of Transformation », puis trois extraits de Two Hunters, dont le magistral « I Will Lay Down My Bones Among the Rocks and Roots » qui a clôturé le show à merveille.

SETLIST : Born From the Serpent’s Eye / Dea Artio / Vastness and Sorrow / The Old Ones Are With Us / Prayer of Transformation / I Will Lay Down My Bones Among the Rocks and Roots


Pas grand chose à ajouter pour ma part, Fée Verte a déjà quasiment tout dit. J’ajouterai simplement que je me suis pointé à un concert où je ne connaissais même pas les noms des artistes avant de les voir sur des flyers, c’est dire !

Treha Sektori, c’était violent. Par ma barbe, que c’était violent. Une atmosphère lourde et oppressante, agrémentée de vidéos sur le fond de scène qui auraient fait passer la filmographie de John Carpenter pour un épisode de Candy. La musique de notre bonhomme (qui fait un travail magistral tout seul, faut-il le préciser), c’est une musique synesthésique, on ne se contente pas de l’écouter, mais on la ressent, on peut presque la toucher tant l’atmosphère qui s’en dégage est épaisse, on peut sentir les relents et le goût de la pourriture qui parsèment les images, c’est une musique qui arrive à faire physiquement mal (et promis, je n’exagère même pas !). Une seule chose à dire, vivement la prochaine fois ! Le malsain, ça fait du bien.

Concernant Wolves In The Throne Room, qu’ajouter ? Un régal ! Des morceaux longs, prenants, une atmosphère délicieusement lancinante, presque dépressive, non dépourvue d’un certain faste. Cette couleur sonore et harmonique, couplée à la fumée, aux odeurs d’encens, au jeu de lumière sobre (et même sombre) tout en nuances de rouge et d’or, les boucliers sur le fond de la scène, tout ça contribue à évoquer la fameuse salle du trône mentionnée dans le nom du groupe. Mention spéciale, par ailleurs, aux basses (jouées au clavier), qui ont littéralement fait trembler la scène et les bouteilles de vin qu’avaient à leurs pieds les musiciens. En résumé, ce fut un concert incroyable, aux accents de fin du monde, dont mon seul regret est que les deux sets n’aient pas duré plus longtemps. Il y a des claques, comme ça, qui font un bien fou…

Fée Verte et Wolpertinger

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