Report Metaldays 2015 – Les élucubrations d’un râleur

 

Metaldays

Est-ce que vous sentez ? Nous dépassons le panneau routier « Republika Slovenija » que déjà les parfums d’altitude embaument nos narines. Les hasards de la route (ainsi qu’un GPS qui ne connait pas la Slovénie et une lecture approximative de la carte) ont mené notre chemin sur des pentes malaisées à 19%, mais qui dévoilent même par temps nocturne, tous les charmes préservés de la nature slovène.

C’est donc après 18 heures de conduite, et 1300 km parcourus que nous arrivons à notre destination alors que les rayons de l’aube se font de plus en plus insistants. Tolmin, berceau du festival Metaldays, charmante cité fichée dans le sein d’une vallée coincée entre quatre montagnes.

Après une nuit confortable dans la voiture, garée sur le parking du Mercator salvateur, nous établissons enfin nos pénates, après quelques passages par la case banque, sur un camping où la réglementation est absente, ce qui a de quoi amuser. A ce titre, nous nous sentons obligés de nous octroyer un joli morceau du domaine, en fermant un passage avec nos voitures. Carrément.

Fiers de notre coup, nous déchanterons dès le lendemain matin, alors que le soleil brûlant nous réveille aux alentours de 8 heures. Nous savions pourtant qu’il fallait s’installer dans les sous-bois environnants…

Pour peu que vous soyez restés en France sur cette semaine, sachez que la météo en Slovénie fut torride : 40 degrés minimum tous les jours. Marriez cela à une absence de tonnelle bienfaitrice sur notre camping, et une ombre tout à fait relative à la Soča, cette mangrove infestée de crocodiles, et vous obtenez une semaine difficile !

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Bien, après ces quelques prolégomènes, je vous propose d’aborder le sujet qui sans doute vous intéresse le plus, le résumé des concerts folk/pagan qui se sont déroulés au cours du festival, et qui sont au nombre de ……. 2. Les géants suisses d’Eluveitie, et les vieux briscards norvégiens de Kampfar.

Oui, cette année le Metaldays n’a pas mis l’accent sur le pagan (a-t-il mis l’accent sur quoi que ce soit d’ailleurs ?). Il est vrai que l’affiche, diversifiée, brille par son incohérence. Pour une équipe de trve dv kvlt telle que la nôtre, la majeure partie des groupes qui se produiront est même plutôt inintéressante.

D’ailleurs, après moult discussions, colloques et ripailles avec des festivaliers de tous poils, nous obtenons la confirmation que l’affiche n’est pas l’attrait principal du festival, bien au contraire. C’est bel et bien la Soča, ce frais serpent bleu turquoise qui fait le travail. Le festival se résume surtout à cette rivière, et à ce cadre exceptionnel. Ushuaïa Nature frère.

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Malheureusement  l’organisation profite à outrance de ce cadre, jusqu’à balayer d’un revers de la main les problèmes d’organisation, et à proposer des prix totalement décalés par rapport à l’emplacement  géographique. Oui, au « Metal Paradise » absolument tout se paye, et au prix fort s’il vous plait :

  • Bonjour, vous avez le running order s’il vous plait ?
  • Oui bien sûr, combien vous en faut-il ?
  • 2
  • Voilà. Ça fera 2 €.
  • Pardon ?
  • Ah vous ne saviez pas ? Hé bien 2 € s’il vous plait.
  • Ok… Paycard ? (Cashless Hellfest version Metaldays)
  • [Bien sûr que non, ça serait trop cohérent et trop simple], seulement du cash.

(Oui j’ai inventé la dernière phrase). Tout ça pour dire qu’on paie le putain de running order, celui-là même qu’on reçoit gratos au Hellfest, ou en cadeau dans le Rock Hard. Mais c’est pas grave, puisqu’on est Metal Paradise.

 

Kampfar

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Bref, après trois jours d’acclimatation, nous sommes rendus au concert de Kampfar, sur les coups de 23h30, devant la Second Stage. Bien évidemment pour le groupe que j’attends le plus de la semaine, je suis placé à la barrière, j’ai donc un peu de mal à estimer le nombre de festivaliers venu se masser devant la scène. Peu, il me semble.

Pour mon premier concert de Kampfar, je suis ébloui par l’énergie que les Norvégiens dégagent. Il est loin le cliché du « je joue, tu écoutes ». Dolk, qui changera plusieurs fois de tenue au cours du concert, pour finalement se retrouver totalement encapuchonné, se veut très communicatif et fait participer le public. Bakker et son charisme éblouissant fait également le show, assurant un beau jeu de scène synchronisé avec Ole Hartivgsen. Pour les plus curieux d’entre vous, non, il n’y a pas eu de pit malgré la forte interaction entre les artistes et le public, black metal oblige.

Je me souviens tout de même avoir senti dans mon dos les turbulences engendrées par un coreux ivre revêtu d’un débardeur suicide silence, qui a rapidement compris l’incongruité de son attitude. On l’en remercie.

Malgré quelques problèmes de son au niveau du chant en début de prestation, le tout est extrêmement bien réalisé. La setlist est bien ficelée, complète et envoûtante. Tout simplement un des meilleurs concerts qu’il m’ait été donné de voir !

Pour ceux qui ne connaissent pas Kampfar, sachez que leur musique est particulière, je pense qu’il est bon de connaître les albums et les titres pour bien rentrer dans le concert. Mes amis accompagnateurs ont eu du mal à adhérer. (Pardonne les Seigneur, qu’ils s’en aillent retourner manger des brioches Jacquet). Si vous ne connaissez pas et que vous avez l’occasion de les voir en live, n’y allez pas en vous attendant à recevoir une belle fessée façon Cannibal Corpse !

Setlist :

  • Mylder
  • Troll, Død Og Trolldom
  • Swarm Norvegicus
  • Vettekult
  • Til Siste Mann
  • Altergang
  • Ravenheart
  • Hymne
  • Our Hounds, Our Legion

 

Eluveitie

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Nous sommes maintenant vendredi soir, et Eluveitie joue sur la Main Stage, juste avant Behemoth qui clôturera l’édition 2015 du festival (sur cette scène). Les suisses disposent d’1h30 pour convaincre un public déjà largement acquis à sa cause, et mis dans de très bonnes dispositions par Kataklysm.

Alors qu’une minorité s’enfuie vers la second stage pour voir l’excellent show de Toxic Holocaust (que j’ai pu apprécier pendant 10 minutes), des hordes affluent vers la Main, où je suis plutôt bien positionné, c’est-à-dire au milieu du pit.

Comme à  son habitude, le groupe entre en scène lorsque s’achève l’introduction, et ouvre les hostilités avec le meilleur morceau de leur dernier album : King. Vous le sentez venir, et vous avez bien raison, l’excitation et le délire ont tôt fait de prendre contrôle des festivaliers ethylisés, transformant la fosse en un grand « n’importe quoi bordélique ». Je pensais avoir vu des slammers après Alestorm au Hellfest 2015, c’était sans compter sur Eluveitie au Metaldays. J’ai passé cette première partie du set sans voir la scène, à porter des gros barbus en kilt et des jolies minettes seins nus. (J’ai tout de même refusé de participer à tout mouvement de portage de slammer lors de « Nil » pour profiter un peu du spectacle.)

Bref le set avance et ressemble à tout autre set d’Eluveitie depuis la sortie de Origins, avec le passage certes obligé mais néanmoins pénible de A Rose For Epona + The Call Of The Mountains.

Après cela, les slams commencent à se calmer. En bon connard que je suis, je me dis qu’il n’est pas question que les gens profitent de leur concert correctement, et je décide de péter le mien, histoire de relancer un peu le bordel.

Lorsque sonne l’heure de Kingdom Come Undone, Chrigel appelle à l’habituel circle pit, qui sera tout simplement gigantesque. Tant et si bien qu’un réel mouvement de foule apparaît. Vous savez, celui où on avance sans même bouger ses jambes, on peut comme si on était pris dans un courant.Tout cela a pour effet de relancer la folie ambiante, avec apparitions de plusieurs wall of death spontanés sur Quoth The Raven.

Mais alors que j’attends Alesia, titre indétrônable de la setlist d’Eluveite généralement placé en fin de show, j’entends Chrigel demander à la foule si elle sait danser. Surpris, j’ose espérer avec raison Tegernako, meilleur titre écrit par le groupe, qui avait disparu de leur setlist depuis un moment déjà. C’est donc avec plaisir que je participe au ronds de saint Vincent et aux gigues qui naissent à peu près partout. Quel bonheur d’entendre ce titre que je n’avais jamais eu l’occasion de voir en concert !

Le concert s’achèvera sur Inis Mona, « as usual », et les suisses laisseront la place aux polonais. Il est temps d’aller boire une bière, j’ai dû avaler 1 kilo de poussière !

Setlist :

  • King
  • Nil
  • Neverland
  • Uis Elveti
  • An Dro
  • Thousandfold
  • Omnos
  • A Rose For Epona
  • The Call of the Mountains
  • From Darkness
  • Kingdom Come Undone
  • Quoth The Raven
  • Tegernakô
  • Havoc
  • Inis Mona
  • Epilogue

 

Finalement ce premier Metaldays s’est avéré être une belle expérience, bien que nombreuses déconvenues aient parfois sabordé le petit nuage sur lequel on vole généralement pendant les festoches. Bien sûr, la chaleur étouffante et notre manque « d’équipement créateur d’ombre » n’a pas joué en notre faveur, mais ça, on ne peut s’en vouloir qu’à nous même. La prochaine fois j’irai au Steelfest tiens ! Pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’y aller, allez-y si ça vous chante (lol), mais sachez que l’ambiance y est très particulière. A l’attention des râleurs qui trouvent que le public du Hellfest est trop « casu » et « mainstream », venez au Metaldays et vous relativiserez. En revanche ce qui est sûr, c’est que vous y passerez des vacances impeccables !

 

Les Tops :

Kampfar, Archgoat, Behemoth, Rotting Christ, Cannibal Corpse, Sepultura

  • La plage du festival et les activités, le beach bar
  • Le cadre, les libertés dans le camping
  • Le son des scènes

 

Les Flops :

  • Les prix au bar
  • Le mercantilisme à outrance (certainement pour compenser le prix faible du billet)
  • Aucune boisson perso sur le site du festival (même pas d’eau – oui l’eau est payante au bar)

 

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Wunjo

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