[Report] Feuerschwanz à Berlin (02/12/16)

Je serais probablement passée à côté de Feuerschwanz si on ne m’en avait pas parlé. Mais plusieurs allemands de mon entourage semblaient très enthousiastes à l’idée de les voir en concert, alors je me suis dit, allons-y !

Comment vous résumer le concept ? Feuerschwanz, c’est un groupe de rock médiéval humoristique. Et on peut traduire leur nom par “queue de feu”. Je vous laisse méditer là-dessus et on passe au report.

Avant le concert, nous avons eu l’occasion de rencontrer les membres du groupe pour une interview. Lorsqu’on lui demande de définir le groupe, le chanteur, dont le nom de scène est Hauptmann (capitaine) Feuerschwanz, nous répond qu’il s’agit de musique médiévale et de comédie. En effet, le groupe s’appuie sur de nombreuses mélodies traditionnelles, et y incorpore des paroles humoristiques, grivoises et décalées, dans le but de faire rire le public dans une ambiance festive.

Rien de surprenant que la bande aie un tel succès : les groupes de folk rock ou metal s’inspirant de l’atmosphère médiévale sont légion, surtout en Allemagne, et il en fallait bien un pour tourner ce genre en dérision, et parodier ses plus grands succès.

De quoi parlent les textes de Feuerschwanz, donc ? Ne parlant toujours pas allemand depuis mon dernier report, j’ai eu bien du mal à saisir les subtilités des blagues. Le chanteur nous explique que leur deux premiers albums étaient essentiellement centrés autour du sexe. Chaque chanson, reprenant les codes des contes de fées et des récits épiques, met en scène un ou plusieurs de leurs personnages de scène, racontant une histoire farfelue où les références grivoises sont plus ou moins évidentes. Par la suite, ils se sont diversifiés un peu, mais leur paroles restent plus ou moins centrées sur le sujet, en témoigne le titre du dernier album, Sex Is Muss, qui est à la fois une réponse à des critiques faites au groupe, accusé de sexisme, et une énième ode aux plaisirs de la chair.

Mais il est temps d’aller voir le groupe en live à présent ! Le public est là en masse dans la salle du Columbia Theater, prêts à passer une bonne soirée de détente tout en buvant de la bière.

La première partie est assurée par le groupe Vroudenspil, qui semble jouer dans la même cour : costumes folkloriques, musique festive et blagues entre les chansons, parfait pour mettre le public dans l’ambiance. A peine sont-ils sortis de scène que les spectateurs réclament Feuerschwanz à grands cris !

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Voyons un peu l’équipe d’hurluberlus qui se présente sur scène. Le chanteur, qui alternera entre divers instruments (cornemuse, flûtes, guitare, mandoline) tout au long du concert, est accompagné d’un chevalier moyenâgeux au chant et à la guitare sèche. La violoniste assurera le show malgré un bras dans le plâtre, le bassiste a plutôt un look steampunk, le batteur semble revenir de l’armée, le guitariste est torse-poil. Et enfin, on trouvera aussi sur scène une danseuse, le plus souvent costumée en chat, qui aura entre autres pour rôle de porter des panneaux et faire des grimaces au public.

Le set commence par la chanson phare du dernier album, Sex Is Muss. Le groupe enchaîne ensuite avec une série de chansons issue de leurs différents disques. Chacune d’entre elles, à grand renforts d’instruments mélodiques et d’airs connus empruntés à l’imaginaire médiéval, reprend les codes du genre pour mieux les tourner en dérision. Récit épique, chanson d’amour, de marins ou à boire, on aura droit à tout ce soir, au plus grand bonheur de l’audience qui bondit, chante, et suit sans rechigner les instructions du chanteur (même quand il leur demande de s’asseoir par terre et de ramer avec les bras).

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L’interaction avec le public est évidemment recherchée par le groupe, et entre deux chansons, ils invitent une jeune fille à monter sur scène. Elle disparaît dans les coulisses, et revient sur Wunsch ist wunsch, costumée en chevalier, alors que le guitariste est pour l’occasion déguisé en fée. La chanson se finit joyeusement en mime de partouze sur scène.

Les costumes et le décor font intégralement partie du spectacle, et on aura plusieurs changements en fonction des chansons. Mieze, la danseuse-chat, se retrouvera donc en vierge torturée ou en mousse de la Marine au cours de la soirée. L’apothéose est atteinte lorsque le chevalier revient sur scène avec une grosse armure décorée de leds qui clignotent, dans une parodie des grands effets de lumière que mettent en scène certains groupes.

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Après plusieurs rappels (le public ne veut pas lâcher l’affaire et le groupe semble ravi de revenir sur scène), c’est la fin du show. Les musiciens, très accessibles, vont rencontrer leurs fans au stand de merch, et c’est le moment où je regagne mes pénates, avec l’impression d’avoir vu un moment important de la culture folk-rock allemande, même si je suis loin d’avoir compris toutes les paroles. C’est sans doute pas plus mal, d’ailleurs.

Feuerschwanz, c’est la preuve que les allemands peuvent prendre très au sérieux leur genre de musique favori tout en accueillant la parodie avec plaisir !

 

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