Numenor – Colossal Darkness

386163Quand on sait que l’album de Numenor s’inspire des univers de Tolkien, Howard et Moorcock, comprenez le Seigneur des Anneaux, Conan et Elric, on s’attend forcément à entendre parler d’épées, d’actes de bravoures et de sorcellerie. Si cette recette, devenue assez classique dans notre monde musical, vous parle, poursuivez la lecture, car nous sommes en présence d’un véritable chef d’œuvre du genre.

La formation serbe menée par Despot Marco Miranovic nous livre ici huit morceaux aux ambiances épiques et menaçantes, retransmettant à la perfection celles dépeintes par les auteurs nommés plus haut. Certaines mauvaises langues crieront aux sujets usés et plus que revus, scanderont que pour arpenter la terre du milieu, il n’est nul besoin de chercher au delà des albums de Summoning, car tout y est dit.

Que nenni ! Si le thème est bel et bien poussiéreux (bien que passionnant), la musique, elle, est moderne et intelligente. Numenor nous apporte de façon unique ce qui se fait de mieux en black métal moderne (j’insiste sur le mot moderne, ne cherchez pas ici de son à la Bathory) et de metal symphonique.

En effet, la voix principale de Despot y est mariée à des voix narratives (ce qui n’est pas sans rappeler un certain aspect de Bal-sagoth) et une voix claire grandiose s’ajoutant aux envolées de la mélodie des refrains de certains morceaux. Les claviers, omniprésents et accompagnant l’ensemble sans surenchère dans chacun des morceaux, sont suffisamment bien mixés pour ne pas écraser les autres instruments comme on a pu l’observer par le passé chez d’autres groupes, ce qui est un point non négligeable.

Colossal Darkness dispose d’une production soignée dans l’ensemble, tout est agréable et bien amené, chaque partie est mise en valeur pour nous assurer une retranscription maximale des ambiances tantôt médiévales (Hour of the dragon), tantôt sombres et épiques (While the gods laugh) qui se dégagent de la musique.

Les morceaux s’enchainent aisément et on se se laissera volontiers porter de l’intro majestueuse jusqu’au dénouement lancinant sur les mers du destin, passant sans effort d’un passage effréné à un pont plus poétique. Seules ombres au tableau, quelques solos de guitare parfois stridents n’apportant pas grand chose aux morceaux, et la durée de l’album, très / trop court (environ 35 minutes) !

Numenor ne révolutionne pas le genre, parcourant les thèmes d’heroic fantasy sur cavalcades et rythmiques mid tempo, mais sa force réside à sa faculté à transporter l’auditeur dans un monde de dangers où se côtoient héros maudits, dragons et destins tragiques. De quoi offrir aux plus érudits d’entre nous une bande sonore pour parcourir leurs univers imaginaires favoris, casque sur les oreilles et Stormbringer en main.

Bonne écoute,

Balmung

Note : 9/10

Tracklist :

1. Opus Draconis 
2. The Eternal Champion 
3. The Hour of the Dragon 
4. The Alchemist 
5. Chronomancer 
6. Colossal Darkness 
7. While the Gods Laugh 
8. The Sailor on the Seas of Fate 

 Sortie : 29 Août 2013

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