Lèpoka – Beerserkers

0006678933_10

Les groupes de Folk Metal respirant la joie de vivre et autres vapeurs alcoolisées sont légion. Il suffit alors de les écouter pour être pris soudainement d’une envie irrépressible de danser et d’enchaîner les litres de bière les uns après les autres ! Lèpoka est de ceux-là, venant tout droit d’Espagne pour nous immerger dans son Folkoholic Metal festif et humoristique. Après deux démos et un premier album qui dévoilait déjà bien l’univers des espagnols, voilà que leur deuxième opus Beerserkers débarque sur nos rivages ! Qu’en est-il ?

Assurément, la fête est au rendez-vous ! Les notes des flûtes et des violons virevoltent dans les airs et les rythmes sont énergiques et donnent la pêche. Les guitares et la batterie s’offrent rarement des moments pour souffler, faisant de ce Beerserkers une tornade de bière en puissance ! “Sexcalibur” sera magnifié par ses mélodies hautes en couleur à la Korpiklaani et ses refrains scandés dans la joie et la bonne humeur, tandis que “Ignis Deorum” sera dominé par une brutalité plus prononcée des instruments et un côté épique loin d’être déplaisant, malgré un titre qui se fera un peu longuet par moments.

En fait, Lèpoka sera surtout efficace sur ses morceaux les plus courts, comme le fougueux “Chupito” et ses mélodies empruntant encore à Korpiklaani. On appréciera également le côté dansant des titres “1516” et “Yab Dabadaba Dai”, parfois entrecoupés de guitares plus agressives.

Les espagnols, à la manière d’un “Ignis Deorum” un peu long, sont un peu plus poussifs quand il s’agit de faire durer le titre sur 5 minutes ou plus. Ainsi, le côté jazz de “Carta a María” ne marquera pas vraiment, “Samhain” sera freiné par un pont trop mou et une mélodie manquant de magie tandis que “Beerserkers” et son refrain ne feront pas l’unanimité malgré des instruments folkloriques intéressants.

En revanche, on ne pourra enlever à Lèpoka la beauté du gros morceau de cet album, d’une durée de 10 minutes et nommé “Vox Populi” ! Aux sonorités faisant parfois penser à Frosttide, le morceau nous transporte vers d’autres horizons et l’on est émerveillé par toutes ces ambiances et ces nappes de claviers qui nous éblouissent ! Si seulement ces claviers avaient été un peu plus utilisés de cette façon dans l’album, Beerserkers aurait été un peu plus varié. Dommage !

Un petit mot sur la voix : un chant clair entièrement en espagnol, pouvant s’avérer par moments étrange et  peu compatible avec certains passages. Pour ma part, je n’ai que moyennement accroché même si l’on comprend bien entendu le choix pour Lèpoka d’avoir choisi leur langue naturelle pour leur projet.

Dans l’ensemble, un album de bonne facture, avec de très bonnes idées ! On aurait tendance à dire que pour Beerserkers, trop de mélodies folkloriques tuent la mélodie folklorique, certaines manquant clairement d’impact par rapport à d’autres (“Carta a María”, “Samhain”, “Skal!”). Un instrument comme le clavier aurait mérité d’être plus mis en avant afin de créer des ambiances plus épiques, comme c’est le cas sur l’excellent “Vox Populi” qui se démarque franchement du reste. L’album en aurait été que plus riche et diversifié. Mais la performance est bonne pour Lèpoka !

Thrall

NOTE : 7,5/10

Tracklist :

  1. Beerserkers
  2. Sexcalibur
  3. Skal!
  4. Ignis Deorum
  5. Chupito
  6. Samhain
  7. 1516
  8. Carta a María
  9. Preludio (Vox Populi)
  10. Vox Populi
  11. Yab Dabadaba Dai

Sortie : 25 janvier 2016

Lien du groupe : Facebook, Bandcamp

Laisser un commentaire