Interviews de Cerevisia

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Interview de Cerevisia
Réalisée par Morrigan

  • Votre premier album est sorti il y a maintenant presque 2 mois, et la critique est excellente ! Félicitations ! Ça fait quoi d’avoir enfin cet album sorti, après pas mal de reports et de pépins il me semble ?

Il est vrai qu’on a connu quelques contretemps pour cette sortie, mais même si c’est rageant de voir un album prendre du retard nous n’avions aucun délai à respecter, c’était juste notre patience qui était mise à l’épreuve.

Mais au vu des critiques, ça valait le coup. On ne s’attendait pas à un accueil aussi enthousiaste, ça nous a surpris et fait super plaisir.

  • C’est quoi votre plus grande satisfaction par rapport à cet album ?

Je pense que c’est le fait qu’il représente quelque chose de « global ». Il y a un petit bout de chacun d’entre nous sur ce cd, et le fait que l’album ait été aussi bien reçu nous donne l’impression de prendre part, même à une toute petite échelle, à l’univers du metal qu’on adore.

  • Au niveau composition, ça se passe comment au sein de Cerevisia ? Vous venez chacun avec vos idées, vous mettez en commun et piochez dedans, ou bien vous composez tout ensembles ?

A la base, on compose chacun de notre côté et on propose une alpha au reste du groupe. Celle-ci est validée (ou pas), et à partir de là on va l’apprendre et la transformer ensembles, la modifier de façon à ce qu’elle plaise à chacun. Comme une phase beta (même si ça fait un peu geek).

Ainsi, on arrive à avoir une ligne directrice dans la chanson, comme pour un récit, avec des chapitres écrits par tous.

Après pour ce qui est des paroles, c’est variable. Soit l’air inspire Stéphane (chanteur) et il écrit en fonction de ce qu’il ressent, soit au contraire un thème est posé à l’avance et la création de la musique se fera avec le sujet déjà établi en tête.

  • Vous pouvez nous parler un peu de l’histoire du groupe (même si elle est très récente…) : comment vous vous êtes rencontrés, qu’est-ce qui vous a donné envie de monter ce groupe, quels groupes vous ont influencés, pourquoi du pagan death… ?

La création du groupe remonte à 2010 avec Marty (guitare rythmique) et Maxime (basse) qui se connaissent depuis le collège. Sortant d’un échec de leur ancien groupe qui n’était pas très ambitieux, ils se sont dis qu’ils allaient faire un nouveau groupe qui à la base devait se tourner vers du melodeath à la Amon Amarth ou encore vers du Folk Metal en s’imprégnant beaucoup d’Ensiferum, pendant 2 années le groupe a pu rapidement trouver les membres qu’il lui fallait et grâce à cette rapidité, les compos ont commencé à se faire, cependant le line-up a dû être modifié si bien que le line-up actuel est né en 2012. A partirde cette date, le groupe commença a devenir beaucoup plus mature niveau composition, nous avions pour optique de faire des compos plus travaillées, et on s’orientera de plus en plus vers un univers melo-death en s’éloignant du folk pur.

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  • Parlons un peu du concept de l’album : ce dernier raconte une grande histoire si j’ai bien compris, mais il faut lire les paroles attentivement, sinon, comme ç’a été mon cas à première écoute, on passe à côté. Du coup vous pouvez expliquer et raconter un peu l’histoire que Cerevisia nous conte ?

Le concept de Cerevisia tourne autours d’un personnage : le « Walker ». A mi-chemin entre un guerrier et un skalde, ce personnage va de village en village pour raconter des histoires autour d’un bon feu et d’une chopine.

Cependant, le Walker est poursuivi par une créature, cette dernière est le Nightbringer, on peut en entendre parler dans (Summon the Nightbringer) ou encore (The Walker) et qui sait, ce monstre est en quête de gloire et de la possession du corps de notre cher protagoniste, ou alors un secret plus lourd se sache derrière ces deux personnages …

De ce fait, cela nous permettait à la fois de pouvoir piocher dans plusieurs folklores (celte, saxon, scandinave…) et d’avoir un fil rouge : cet homme mystérieux qui semble avoir vécu les événements qu’il raconte.

Cet album conte ainsi plusieurs histoires, allant de batailles épiques (Heroic Charge) à des chansons d’ivrognes (Once a night).

Par contre, si vous voulez savoir qui est exactement le Walker et le Nightbringer, il faudra attendre les prochains albums !

  • Qu’est-ce qui vous tenait le plus à cœur avec ce premier album ? Si vous deviez choisir un seul mot pour le décrire, ce serait quoi ?

Ce qu’on attendait (et craignait) le plus, c’était l’accueil qu’on risquait d’avoir. Nous sommes ouverts à toutes critiques, et on fait ce qu’on fait avant tout pour s’éclater, mais on cherche aussi à partager notre passion, sur scène comme dans vos enceintes.

Si on devait choisir un mot ? Hmmm…

Marty : Imprévisible, car les chansons sont diverses et variés et les thèmes sont tous différents.

Maxime :Surprenant, l’album a été très bien accueilli et nous ne nous y attendions pas, de plus l’album en lui même est surprenant de par l’histoire que nous avions crées autour du Walker.

Stephane :Aboutissement, on s’est cherchés, et maintenant que l’album est là on sait ce que l’ont veut faire et nous avons une approche très différente par rapport a comment nous voulions le faire à la base. Cet album nous a énormément fait gagner en maturité.

Anthony :Aventure, le walker nous fait vivre ses péripéties à travers chaque composition.

Johan:Univers. On a essayé de créer un univers qui nous plaît, et de vous y emmener avec nous.

Aurélien :Varié, les chansons possèdent chacune son histoire et nous n’avions pas peur de varier les musiques.

  • Une chanson préférée ou une dont vous soyez particulièrement fiers ?

  • Nos chansons nous plaisent toutes, mais certaines plus que d’autres. Heroic Charge nous plaît beaucoup, par son rythme militaire et ses claviers en intro et outro qui illustrent vraiment le fait de raconter une histoire : introduction, déroulement, conclusion. Summon the Nightbringer aussi, car le côté « Finntrolesque » coupe un peu avec les autres compos, et elle est sacrément fun à jouer.
    • Et la pochette ? C’est Slo Sombrebizarre de Metal Maniax qui l’a dessinée (magnifique travail soi dit en passant), comment s’est passée cette collaboration ? Comment vous avez eu l’idée de lui demander ?

    Johan : Je connaissais Slo pour son blog MetalManiax en collab’ avec Fef. J’aimais bien ce qu’il faisait, et lorsque j’ai vu qu’il avait réalisé le logo d’un autre groupe de folk français que je suivais (Drakwald, allez jeter une oreille!) je l’ai contacté pour savoir si une collaboration était envisageable.

    Il a d’abord réalisé le casque du Walker et le logo du groupe. On était vraiment contents du résultat, et on a décidé de lui confier la réalisation de la pochette. Et on a pas étés déçus !

    Slo de son côté a été vraiment cool, c’est quelqu’un qui aime son boulot et qui connaît bien l’univers metal, donc à aucun moment on a eu de mauvaises surprises.

    On compte poursuivre cette collaboration par la suite, dessiner des vikings ça le changera des zombies qui vomissent par le cul  !

    • Une chose qui m’a pas mal impressionnée quand j’ai eu votre album entre les mains, c’est la qualité de la production ! C’est rare d’avoir une aussi bonne prod sur des albums de groupes de pagan français… Vous avez travaillé avec qui ? Vous pouvez décrire brièvement le processus ?

    On travaille avec Thomas Tiberi, nous avons enregistré les instruments un par un évidemment, il nous a permis de rendre notre jeu plus mature ainsi que notre composition, Thomas n’a pas seulement fait le boulot de « ça enregistre, c’est Ok.. » Il nous a conseillés sur chaque morceau et avons procédé aux arrangements studios (harmonies guitares/chant doublé etc).. une fois les prises faites nous lui avons laissé le mixage qui ne fut pas de tout repos au vu du nombre de pistes dont disposent certains titres ! les synthé ont été enregistrés en midi et nous avons utilisés le logiciel east west orchestra pour y coller les différents sons et choeurs. le studio nous a fait grandir et prendre conscience de pas mal de choses au niveau musical et interprétation.

    • Parlons un peu des lives… Malheureusement pas mal des dates qui étaient programmées ont du être annulées pour des raisons indépendantes de votre volonté, MAIS vous avez quand même fait forte impression à l’Hell’ectric Warfest, lors duquel vous avez joué aux côtés d’Hypocras et Nightcreepers, bien connus dans le milieu. Racontez-nous !

    Il est vrai que ces derniers temps, les dieux du live n’ont pas étés cléments avec nous avec plusieurs dates annulées. Mais bon, ça fait partie du jeu.

    L’Hell’ectric a été pour nous l’occasion de jouer aux côtés d’autres groupes de folks français bien plus connus dans le milieu, mieux rôdés, plus expérimentés. Ça a été un vrai plaisir de partager la scène avec eux, en plus de nous permettre de créer des liens.

    L’ambiance en coulisse était vraiment détendue, ils ont étés vraiment sympas.

    Nous avons gardé le contact, car en plus d’avoir adoré jouer avec eux, ce sont des gens en or.

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  • Et quels sont vos projets niveau concerts du coup ?

D’ici la fin de l’année, nous allons essayer de faire quelques scènes pour présenter en live ce que les gens ont pu écouter sur cd. Notre but à l’heure actuelle est d’essayer de jouer en dehors de Marseille d’où nous avons rarement pu sortir.

En parallèle nous sommes doucement en train de travailler sur un second opus, pour prouver qu’on ne se repose pas sur nos acquis et qu’on en veut. De plus, nous sommes encore en majorité des étudiants au budget très réduit, on préfère donc prendre notre temps.

Les lives viendront, c’est certain, mais pour nous mieux vaut patienter pour s’assurer de bien faire les choses plutôt que se précipiter et tout bâcler.

  • Il y a des artistes avec qui vous aimeriez collaborer/partager la scène ?

Jouer à nouveau avec Nightcreepers serait vraiment génial. Après, la France possède plusieurs formations pagan -même si c’est loin d’être le style le plus représenté- et il existe plein de groupes avec qui nous aimerions collaborer : Drakwald, Fenrir, Unrest Fatalist, Cave Growl… les espagnols de Northland aussi pourquoi pas !

Sinon, faire une première partie pour des groupes comme Ensiferum, Finntroll, Arkona, Trollfest ou Amon Amarth serait une consécration, mais là on s’emballe carrément.

  • Des débuts très encourageants en tout cas ! Les gens savent reconnaître la qualité où il y en a, en tout cas à Valkyries on en voit ! Vous avez en très peu de temps réussi à fédérer énormément de monde, ce que beaucoup de groupes n’arrivent pas à faire, comment ça se fait que vous ayez été aussi efficaces ?

Le fait de jouer à Marseille présente quelques avantages. Même si on est un peu expatriés des autres groupes qui tournent surtout dans le nord, la communauté du Sud- est est assez soudée. On se connaît tous plus ou moins, que ce soit entre groupes ou entre fans. De ce fait, le bouche à oreille fonctionne très vite et on a pu bénéficier comme ça d’un gros soutient de la part des metalleux marseillais et alentours qui nous ont énormément partagés.J’en profite d’ailleurs pour tous les remercier.

Nous avons tous beaucoup d’ambition pour le groupe, pour nous ce groupe est bien plus qu’un simple loisir, durant ces quatre ans nous avons forgés une famille de 6 personnes qui ne demande qu’a montrer ce qu’elle a dans ses entrailles.

  • Bravo encore en tout cas pour cet album, merci pour cette interview, et on vous souhaite de continuer très loin ! Je vous laisse les derniers mots pour les gens qui vous suivent et vous attendent !

Merci pour tes encouragements, nous en tout cas on compte pas s’arrêter là !

Pour conclure, on ne va pas être original mais ça reste très important pour nous : merci à ceux qui nous suivent, qui nous ont soutenus, conseillés, sont venus nous voir en live, et à tous ceux qui nous écoutent.

Si vous avez aimé « Trails of a Walker » on espère que la suite vous plaira tout autant, mais on peut déjà vous promettre une chose : vous allez bouger la tête !

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