Interview Sangdragon [FR]

Interview réalisée par Deathslid et Balmung le 9 Mai 2015 lors du Festival de Chair et D’acier .

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Pouvez-vous nous présenter le projet en deux mots ?

Will : En deux mots (rire) C’est bien ! Ah non, ça fait trois (rire). Déjà le projet est une trilogie, Daemonium, Akhenaton, Sangdragon, créée par Vincent à l’orée des années 90. Il a créé dans un premier temps l’histoire qui est le chemin initiatique d’un guerrier sur plusieurs plans : le plan psychique, le plan philosophique, le plan physique, et à chaque plan correspond un album. Le premier Daemonium est sorti en 93 chez Adipocere Records, en 95 Akhenaton et normalement le Sangdragon aurait dû sortir en 1997, mais Vincent a eu un crash informatique qui a tout planté. Il a donc abandonné et s’est concentré sur d’autres projets et sur sa vie personnelle. Et il y a trois quatre ans, après le départ de son groupe de Death Metal, il a voulu relancer le projet en solo comme sur les deux premiers albums, et quand il nous a fait écouter le projet, on lui a dit qu’il n’allait pas faire ça tout seul, et on lui a proposé notre aide. Car avant d’être Sangdragon, on est avant tout une bande de potes, c’est-à-dire que ce n’est pas …

Matt : « Ce n’est pas lui qui m’intéresse donc j’ai besoin de lui »… C’est plus : « putain, je kiffe ce mec donc du coup, j’ai envie de jouer avec lui ». C’est différent, c’est vraiment une envie de jouer et de partager des trucs. C’est vraiment une histoire de potes et après, le coté musical, du coup, fleurit grâce à ça.

Will : Donc, voilà pour la biographie rapide. On ne va pas trop rentrer dans les détails.

Pourquoi avoir vraiment changé le nom de groupe sur chaque album et non juste le nom d’album ?

Will : Comme je l’ai dit précédemment, c’est voulu dès le départ pour correspondre à chaque plan, Daemonium le coté psychique etc, et si tu regardes bien sur chaque album, c’est le même logo, juste le nom change. C’est sûr que niveau promo, c’est un peu compliqué, les gens peuvent s’y perdre, mais les vieux fans de 93/94 ont acheté ça à l’époque où il n’y avait pas internet et le téléchargement illégal, où les gens achetaient encore des CDs et des vinyles. En plus, le Daemonium et Akhenaton en 93 et 95, sont sortis à une époque où il y avait une explosion du black metal en Europe et il arrivait avec un style totalement novateur, car il y a une touche de black metal mais ce n’est pas que ça. Il y a beaucoup d’ambiances, d’Epic, de Symphonique. Le seul groupe qui faisait ça à l’époque et qui a commencé à être connu, c’est Emperor, et par le jeu de la promo, il y avait Daemonium / Akhenaton. Toute proportion gardée, Emperor a fait la carrière qu’on lui connaît parce que c’était un vrai groupe et qu’il avait le soutien d’un gros label derrière, etc, et puis c’était quand même beaucoup plus Black Metal à une époque où les gens voulaient ça. Mais Vincent, lui, quand il a sorti ces deux albums, il arrivait avec quelques chose de vraiment nouveau, donc comme tout nouveau concept, ça a été soit encensé soit détesté. Les gens qui ne juraient que par le black pur ont été décontenancés parce que quand tu écoutes Akhenaton, il n’y a que deux morceaux vraiment black. Par contre, les gens qui était beaucoup plus ouverts d’esprit et qui cherchait des ambiances ont trouvé ça dans Akhenaton et Daemonium. Faut savoir que les deux réunis ont vendu plus de 37 000 copies. Aujourd’hui, 37 000 albums, c’est impossible quasiment. Je prends l’exemple de Loudblast, le plus gros groupe de Death actuel en France, je ne peux pas te citer les chiffres exacts, mais c’est beaucoup beaucoup moins que ça. Mais à l’époque, 37 000 album, c’était un très gros score pour un groupe français et en fait, ces deux albums-là réunis, ça en fait un des plus gros vendeurs du metal extrême en France de tous les temps. Et donc, il y a une base de fans.

 

Will doit nous quitter.

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On parlait de Loudblast à l’instant. Pourquoi avoir choisi Stephane Buriez et avoir choisi de faire le mastering aux USA ?

Matt : Alors, c’est simple. Steph, Will le connaît depuis plus de vingt-cinq ans, et perso, je le connais depuis un bon moment, on a fait pas mal de dates ensemble avec Nightmare et Loudblast. Et j’avais entendu dire qu’il avait un studio, donc je lui ai posé la question : « Voilà, avec Sangdragon, je pense qu’on va vraiment bosser avec toi parce que je kiffe les sons que tu as faits sur le dernier Loudblast ». Il m’a dit qu’il n’y avait pas de soucis, donc j’ai proposé l’idée à Sangdragon de faire du réamping chez Steph, et ça c’est super bien passé. Et pour le Mastering, alors si tu veux, on a tout enregistré chez Ed notre claviériste, et c’est lui qui a mixé. Après, pour le Mastering, on a envoyé chez Sage Audio Studio, parce qu’avec mon autre groupe avec qui je joue ce soir (Architekt), on avait déjà bossé avec eux. L’avantage de ce studio, c’est qu’il est vachement ouvert d’esprit. Ils ne font pas que du Metal, ils ont de la Dub, du Rap, plein de trucs, et nous on est très ouverts d’esprit. Donc, si tu veux, on s’est dit que si on balance ça dans un studio Mastering qui est vachement ouvert d’esprit, il va y avoir un regard neuf sur la musique et du coup, ça va aller vraiment au bout du truc. Alors que si tu l’envoies dans un studio de Mastering spécialisé Metal, le gars (enfin j’exagère), il a limite ses presets, et fait tout à fond parce qu’il a l’habitude comme ça. Or, ce n’est pas ce que l’on cherchait, parce que dans le groupe, en fait, tous les membres sont différents, on a tous des visions différentes sur plein de choses, donc on s’est dit autant faire ça chez quelqu’un de différent.

Est-ce qu’il y a une tournée de prévue ?

Matt : Alors, il y a des dates de prévues, c’est Will qui se charge de ça. On ne peut pas trop en causer maintenant car c’est encore en préparation, mais il y a moyen qu’il y ait vraiment de belles dates. A la base, Vincent avait dit qu’il ne voulait pas tourner, mais comme on vous disait tout à l’heure, on est une vraie bande de potes ! On s’éclate tellement ensemble qu’on va continuer à faire des concerts et le but, ça serait de tourner. Donc oui, c’est prévu et ça arrivera.

Est-ce que vous prévoyez une suite à Sangdragon ?

Matt : Oui c’est prévu, alors est-ce que ce sera Sangdragon ou autre chose, on n’en sait rien, vu que de toute façon, ça change de nom à chaque fois ! J’ai envie de te dire que ce sera une continuité car il y a déjà des idées quand on est en répète. Donc oui, il va y avoir une suite mais comme on disait tout à l’heure, on est vachement occupés tous à droite à gauche ; chacun à son job et ses occupations à côté, moi en plus, j’ai Nightmare et Architekt.

Est-ce que l’on peut parler un peu de l’aspect médiéval et de la mise en scène pendant le concert ?

Je vous ai vus l’an dernier sur la même scène avec la démonstration de jonglage de feu, les chœurs…

Matt : Il y aura toujours tout ça, ce sera la même configuration sauf que depuis l’année dernière, on est passé à une seule guitare. On a changé tout simplement parce que si tu veux, j’ai toujours joué avec deux guitaristes, et je me suis dit que Sangdragon ne méritait peut-être pas deux guitares, parce que les parties de gratte sont pas mal mentales, et il y a beaucoup d’arrangements autour pour combler un éventuel vide sonore. Et j’estime que je pouvais faire le boulot tout seul et que ce serait plus clair au niveau de tout le monde. En plus, on gagnait de la place sur scène. Parce que là, quand on est à notre maximum, on est à 10 personnes sur scène, donc ce n’est quand même pas évident. Après, le côté Médiéval, c’est le délire de Vincent. J’ai été dans ce délire plus jeune, je n’y suis plus du tout. On fait ça car on est une bande de potes et que la musique nous plaît. L’ambiance, c’est une globalité, c’est vraiment sympa.

 

Sangdragon live

Quelles sont vos inspirations musicales ?

Matt : Niveau influences, ce que je connais de Vincent, c’est qu’il est assez ouvert d’esprit mais plutôt dans le Metal. Si je t’explique les singularités de tout le monde, tu vas commencer à comprendre. Donc si tu veux, Vincent est très Metal, Black, Death, Morbid Angel, Emperor, Dissection, Septic Flesh, Venom, tous ces trucs-là, et est surtout un grand fan de musique de films. Will est très Metal aussi, voire exclusivement metal, et il y a Ed et moi qui sommes très éclectiques, c’est-à-dire que moi, ça fait un moment que je n’écoute plus trop de Metal. Ce n’est pas que j’en ai fait le tour, mais voilà, quand tu grandis avec, à un moment, t’as besoin de voir autre chose. Et puis, je vois pas pourquoi on devrait se mettre des barrières. Quand tu écoutes un truc, voilà, si ça te plaît, tant mieux, même si ce n’est pas du Metal. A la base, moi, j’ai grandi dans le Heavy, ensuite, je suis rentré dans le Black, le Death, enfin tout ce que tu veux. Aujourd’hui, j’écoute plus du Rap, de la Techno, de la Dub, j’écoute plein de trucs qui font que je me sens bien. Ed, c’est pareil : il est très Techno, Electro, très programmation, ce qui fait que tu as tous les côtés samples qui se retrouvent dans Sangdragon. Il faut bien se rendre compte que s’il n’y avait personne qui avait des connaissances de tous ces samples, Sangdragon ne serait pas ce qu’il est . Donc, tu vois un peu les singularités. Piv, notre batteur, vient du Heavy également, on est d’ailleurs en train de monter un projet plus ou moins de Glam. On n’est pas renfermés  dans un seul style, et c’est ça aussi qui fait la puissance de Sangdragon.

Deathslid : Comme on disait après avoir écouté l’album, on ne trouve rien de similaire.

Matt : C’est ça ! C’est exactement ce qu’on disait tout à l’heure. Tu ne peux pas poser une étiquette sur cet album, tu ne peux pas dire «  Ah, un nouveau groupe qui ressemble à Septic Flesh ». Non, tu dis qu’il y a « un peu de ça », puis « un peu de ça », mais finalement ça fait une seule et même entité.

Deathslid : On s’était mis d’accord sur l’idée que cet album était un peu un mélange de The Satanist, le dernier Behemoth, et du Carach Angren, on a essayé de trouver quelque chose pour décrire…

Matt : Après, tu vois, je pense que de vouloir poser des étiquettes un peu sur tout, on en arrive à être dans un entonnoir, et du coup, c’est un peu dommage. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, tout le monde est comme ça : faut poser une étiquette sur tout le monde et n’importe quoi.

Au début, c’était juste pour essayer d’expliquer aux gens à quoi ressemblait Sangdragon dans notre chronique.

 

Matt : C’est ce que je dis : quand tu fais une chronique, il faut quand même que ça parle aux gens et une des seules façons, c’est de faire des références à des trucs qu’ils connaissent.

 

Voilà, je pense que l’on a fait le tour. On te remercie de nous avoir accordé du temps !

Est-ce que tu as un mot pour les lecteurs de Valkyries ?

 

Matt : Profitez bien de cet album, essayez de bien vous en imprégner, venez nous voir, et surtout, restez vous-mêmes !

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