Gorgon – Titanomachy

11108225_844883585548802_5043586404840873594_n

Il y a trois ans, le compositeur, chanteur et guitariste Paul Thureau forme aux côtés du bassiste Aurel Hamoniaux le groupe Gorgon à Paris. Dans la mythologie grecque, les Gorgones sont des créatures fantastiques malfaisantes dont le regard a le pouvoir de pétrifier les personnes qui les regardent (une fois de plus, merci wiki !). Un indice sur les thématiques abordées dans leur musique. En effet, Paul est passionné par la mythologie grecque, les cultures antiques et les musiques de blockbusters épiques.

Après deux singles, « Arising Thunderlord » et « Ashes and Blood » sortis respectivement le 20 décembre 2014 et le 20 avril 2016, Gorgon, désormais composé de Paul, Aurel, du batteur Hervé Besson et du guitariste Julien Amiot, sort le 21 mai dernier un premier album du nom de Titanomachy en autoproduction.

Avant de vous expliquer à quoi vous devez vous attendre avec cet album, une petite mise en contexte s’impose. Comme je l’ai évoqué quelques lignes plus haut, Titanomachy est un album concept relatant les dix années de guerre acharnée que se sont livrés les dieux et les titans, qui ont donné naissance à la nouvelle génération de dieux et au genre humain tel que nous le connaissons. L’histoire est contée du point de vue de Zeus, qui devait faire face à ses vieux démons, à Chronos, et sauver le monde de sa folie destructrice.

Ceci étant dit, rentrons maintenant dans le vif du sujet. Sans grande surprise, le morceau d’introduction « Oros Othrys » (montagne du centre de la Grèce occupée par les Titans pendant leur guerre contre les dieux) plante le décor. Qui dit « thématique épique » dit … « musique épique », bien entendu ! « Oros Othrys » est un morceau instrumental, mais les orchestrations épiques suffisent à nous faire comprendre que Gorgon s’apprête à nous faire vivre une grande aventure à travers la Vallée des dieux.

Et ces dires sont bel et bien confirmés avec le morceau suivant, « Arising Thunderlord ». Gorgon nous fait don d’un death mélodique à la fois épique et symphonique. Les instruments metal et les orchestrations cuivres/violons s’associent à merveille, pour un résultat puissant et grandiose, digne d’une BO de péplum. Et quelle agréable surprise que cette production absolument impeccable, alors qu’il s’agit d’un album auto-produit ! Concernant le chant, on pourrait très facilement le rapprocher de celui de Petri Lindroos (Ensiferum, ex-Norther). Mais il me fait également penser à celui de Diego (Drenai) et de Stéphane (Cerevisia), avec son ton théâtral. J’imagine tout à fait Paul sur scène avec beaucoup de prestance tandis qu’il nous conte l’épopée des dieux. Par moment, les chœurs féminins antico-lyriques (oui j’aime inventer des mots) viennent renforcer la dimension épique.

Ce qui fait la petite touche « made in Gorgon », ce sont notamment les influences folk aux sonorités grecques et balkaniques. On les décèle surtout dans « Ashes and Blood », avec son introduction au bouzouki limite orientalisante, ainsi que dans « Everlasting Flame of Olympus ».

Gorgon ne nous laisse aucun moment pour souffler, si ce n’est pendant « Oracles », interlude aux orchestrations triomphales et épiques (je crois que c’est le mot que j’utiliserai le plus souvent dans cette chronique …), mêlées aux chœurs féminins. Profitez-en, car la trêve entre les dieux et les titans sera de très courte durée. Le combat final aura lieu lors d’ « Elysium », morceau final de dix minutes, rien que cela ! Un morceau-fleuve qui permet ainsi de développer plusieurs ambiances. Une introduction toute calme et toute mignonne au synthé, une arrivée progressive des violons et des cuivres pour une ambiance à la fois épique (encore !) et sombre. Puis les guitares se livrent un duel sans merci, à l’image de Zeus et de Chronos. Un p’tit bridge épico-symphonique, un dernier solo du feu des dieux, et l’Olympe redevient calme.

Dieux : 1 – Titans : 0

En bref, durant ces quarante minutes, Gorgon nous séduit et déboîte nos cervicales à la seule force de son death mélodique bourrin et imposant. Très certainement une nouvelle valeur sure de la scène metal française ! Stay Olympian !

Fée Verte

8/10

Tracklist

  1. Oros Othrys
  2. Arising Thunderlord
  3. Valley of Redemption
  4. Ashes and Blood
  5. Titans Unleashed
  6. Oracles
  7. Everlasting Flame of Olympus
  8. Elysium

Sortie le 21 mai 2016

Liens du groupe :

http://www.gorgon-official.com/

https://www.facebook.com/gorgonofficial/?fref=ts

Laisser un commentaire