Eluveitie / Tanzwut / Huldre / Nook Karavan – Trolls et Légendes 2015, Jour 2.

Samedi, découverte du site du festival, et début des festivités ! De nombreux exposants étaient présents sur le marché féerique. Gargouilles, enluminures, travail du bois ou encore du cuir, tous les éléments étaient réunis pour faire rêver les festivaliers ! On notera également la présence de la talentueuse Arteïde et des cuirs de Belfeuil.

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Entre les expositions, les festivaliers et les exposants ont pris beaucoup de plaisir à déambuler dans cet univers hors du temps.

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Une question subsiste néanmoins, pourquoi organiser un festival en collaboration avec la bière Cuvée des Trolls et faire payer l’accès aux toilettes ? Pour un pass à 22 euros la journée avec concerts, on aurait bien aimé se passer des 50 centimes par pipi ! Sans compter que beaucoup de festivaliers étaient venus en famille, avec des enfants et qu’ils ont passé plus de temps à payer les toilettes qu’à profiter du festival.

De notre côté on n’a pas vu la journée passée ! Le temps de tester les jeux de plateau, d’aller au cinéma, on a même eu la surprise de danser avec des créatures pour le moins… étranges . Le temps est passé bien vite, avant de se diriger vers l’espace concert.

11121111_757408001024908_4669949509678630521_nÉtrange vous dis-je !

 

Nook Karavan

Nook Karavan

                Les Belges de Nook Karavan démarrent les festivités ce soir avec un folk envoutant aux multiples sonorités ! Le set débute sur un air qui pourrait très bien illustrer une longue marche dans le désert, l’atmosphère est chaude et l’arrivée de la Darbuka renforce cette impression. Bon, qu’on se le dise de suite, la voix de Lucile Dethy, aussi chanteuse du groupe IlianA, est particulière. Une voix chevrotante par moments psalmodiant plus que chantant, qui sacrifie pas mal de mélodie pour un effet de transe plus ou moins bien réussi. C’est pas trop mon kiff, mais force est de constater qu’après les deux premiers titres, l’ambiance est posée et le mysticisme est partout autour de nous. Le set se poursuit et démarre le Tryptik avec « Ivalou » où l’occasion est d’entendre la voix du guitariste (qui a quand même un faux air de Ned Stark de profil, classe), ce qui offre une diversité de ton bienvenue ! Niveau diversité on ne vaincra pas ce soir le multi instrumentiste qui jonglera tout le show entre la Darbuka, la flute traversière, le didgeridoo ou le Bodhran, on en a eu plein les oreilles, belle performance ! Et que dire du percussionniste et ses rythmes profonds ! Mes deux principaux regrets viennent de la contrebasse, trop peu mise en avant ou des quelques larsens qui dénotent bien l’ambiance (des fois sur un malentendu ça peut passer, mais là non…). C’est en milieu de set que vient le titre « Inferno », le fameux défi musical entre Nook Karavan et La Horde ! Ce coup-ci, Inferno s’illustre dans un genre plus mystique. Rythme soutenu, didgeridoo, et toujours ce chant féminin psalmodié repris en duo un court instant avec la voix masculine. On sent parfaitement leurs influences, en même temps c’était le but ! Le show se finit tranquillement après trois titres supplémentaires qui maintiendront l’audience dans un cocon envoutant créé depuis les premières notes. Cette soirée débute bien et après une ovation méritée le groupe se retire dans l’ombre !

 

Huldre

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                Huldre est le grand gagnant de cette soirée. Après avoir gagné le Troll d’Or de la catégorie musique plus tôt dans la journée, ils ont gagné un fan, moi. Bon objectivement ils ne révolutionnent pas le genre. Mais voilà, premièrement le décor est juste fantastique ! Des os qui trainent et pendent un peu partout et une bonne grosse dose de lierre qui cache tout ce qui pourrait te faire croire en plein concert. Dépaysement total ! Maintenant le groupe en lui-même. Le set débute avec un titre envoutant où plane le mystère, et, ne sachant pas à quoi m’attendre je suis bien étonné d’une part d’entendre, après l’ovation de fin de chanson du public, une batterie effrénée, des guitares au son déchirant et d’autre part de voir l’image douce et délicate que je m’étais faite de la chanteuse se transformer en une vision bien plus guerrière ! Headbang et appel à lever les poings au public, Huldre était déchainé ce soir. Le public par contre, l’était moins. Il lui a fallu beaucoup de sollicitations pour se bouger l’train, et après toutes les tentatives (globalement toutes réussies) de la chanteuse pour remuer la fosse, est venu le moment de la jig énervée. Une rythmique metal mid tempo auquel s’ajoutent un violon et une flute qui t’ordonnent de danser ! Problème, si le morceau est bien reçu par la foule, ce n’est pas assez du gout de la dame au micro ! Nevermind ! Ladite dame prend les devants et saute la barrière de sécu pour danser avec les gens ! Ce sera bref mais intense ! Léger bémol cependant pour les larsens hantant toujours la scène depuis Nook Karavan et les tentatives de communication de la chanteuse quasi incompréhensible, faute à un accent danois bien trop prononcé. C’est con elle en avait des choses à dire ! Ce fut donc une excellente surprise que ce concert où hargne et mélodie se sont mariées à la perfection !

 

Tanzwut

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                Bon d’avance désolé pour les fans, ça va être court. Pour la simple et légitime raison que je n’aime pas ce groupe (j’ai résisté à l’envie d’écrire « j’exècre ce groupe »). Tanzwut, formation allemande de folk / indus metal (mais merde quoi….) fait partie de ces groupes qui, au contraire de Feuerschwanz, prennent un malin plaisir à t’agresser les organes auditifs avec leurs langages de mort. Oui, l’allemand c’est moche. Toute façon je suis pas parti pour être objectif alors tant pis, autant taper dans le gras. Ce mélange de cornemuse et de beat électro est aussi harmonieux, juste et mélodique à mes oreilles qu’une mandragore du professeur Chourave. Qu’est ce qui cloche dans leurs crânes ? Mélanger le folk et l’indus c’est comme mélanger du sodium et de l’eau, c’est dangereux et c’est pas bien ! (Caler une blague de chimiste dans un live report : Check). Désolé de cette virulence c’est totalement gratuit. Objectivement maintenant, de ce que j’en ai vu, le public était à fond les ballons et la formation bien au taquet sur la prestation scénique. Je suppose donc que si vous êtes fan ce devait être un moment fort plaisant ! Dans le cas contraire… Merde !

 

Eluveitie

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                Il est l’heure de passer à la tête d’affiche de ce week end qui vient présenter son dernier opus « Origins », j’ai nommé : Eluveitie ! On peut dire ce qu’on veut de leurs albums, il y a une chose que tout un chacun doit reconnaitre, Eluveitie en live, ça envoie du lourd ! Du très très lourd ! Et quand les balances sont merveilleusement bien effectuées, comme ce soir, c’est encore plus génial ! Le groupe débarque devant une salle comble et commence sans préambule avec « King ». Et on rentre direct dedans, même pas 2 minutes de chanson que les premiers slams font leurs apparitions et que le pit s’agite. Le premier titre se finit sur une ovation du public dantesque (même si quelques « Poulet ! Poulet ! Piou Piou Piou ! » retentissent) et on enchaine sur « Nil » qui balance bien son poing dans ta face ! Ma plus grande joie de ce show vient principalement de la setlist. Même si il y a prédominance de titres d’Origins, elle est tellement respectueuse de leur public que j’ai été soufflé ! (Non j’en rajoute pas des tonnes. Pas trop du moins.) On a eu le droit à du bon vieux avec « Uis Elveti » ou du moyennement vieux avec « Thousandfold » et « Quoth The Raven ». Mais surtout, comme Chrigel l’a annoncé, c’est avant tout un festival purement folk, c’est ainsi qu’on a eu le droit à une session acoustique de 3 titres, « Memento », « Brictom », « Rose for Epona » (même si on aurait préféré une autre à la place de celle-ci…). Et putain ! « Memento » ! Quel changement radical d’ambiance ! Durant un concert d’Eluveitie on quitte rarement la fureur et la violence, mais là, c’était trois minutes qui m’ont transporté des clairières enchantées à de majestueuses montagnes pour un moment de pure évasion. C’est pas tout ça mais après avoir refroidi la foule il a bien fallu envoyer « The Nameless » avant d’annoncer le chaos. Kingdome Come Undone » a été le théâtre d’un spectacle assez impressionnant ! Chrigel invite tout le monde à venir slammer dans la tronche des vigiles pour tester leur efficacité. Nul doute que c’était prévu, et nul doute que j’ai vite reculé me mettre hors de danger. Ce fut saisissant. La musique se lance tout en vidant le pit de sa substance, les humains, qui se retrouvent à créer une seconde couche organique par-dessus les dix premiers rangs pour lesquels j’ai la plus totale admiration de ne pas être mort. Le titre touche à sa fin, et manifestement les vigiles ont passés le stress test avec brio, et même bonne humeur ! Que de joie en ce bas monde ! Le set se finit dans la mélancolie sur « Alésia » qui fera une dernière fois contribuer le chant d’Anna qui a été plus ou moins juste durant le show… En parlant d’Anna, j’allais finir ce report sans en parler, honte à moi. Parce que ce soir, le public a dû faire un choix cornélien, français ou anglais ? Oui ! Anna nous a interprété « The Call Of The Mountains » en français ! (Jusqu’au dernier refrain qui lui a été en anglais) Ce qui a été la parfaite occasion de gueuler à s’en péter la voix ce refrain fantastique qu’est « LA PELLE DES MONTAGNEUUUH » ! Joie.

Ça aurait été juste un concert fabuleux s’il s’était arrêté là. Heureusement, le rappel a permis de nous balancer le culte « Inis Mona », mais surtout « Tegernakô ». Ce titre est simplement une merveille, et finir un concert de cet manière l’élève au rang de show __________. (Placer n’importe quel adjectif représentant pour vous le summum du plaisir.)

 

En bref résumons cette soirée pour les feignants qui ont scrollé jusqu’à la fin sans lire : Joie ! Joie ! Joie ! Joie ! Joie ! Laul c’est nul ! Joie ! Joie ! Joie ! Joie !

 

Crédit Photos + Intro : Iona Storm

Live report: Grymauch

11 réflexions au sujet de « Eluveitie / Tanzwut / Huldre / Nook Karavan – Trolls et Légendes 2015, Jour 2. »

  1. Merci pour votre commentaire très circonstancié :-), En effet, problème de larsens et des retours bâclés par le timing mais ce qui compte le plus c’est ce dont nous avons transmis et en retour ce dont nous avons reçu du public. Merci pour la confiance que vous nous avez accordé. (Nunz le percussioniste).

  2. Joie, joie, joie en effet!!!!
    Je n’ai pas fait la journée complète et ne suis revenu que pour les 2 derniers groupes. nous sommes en phase sur la « critique subjective » : Tanzwut ne me laisse pas un bon souvenir et ne m’a pas du tout embarqué. Par contre, oui Eluveitie nous a offert une show de feu!! Au point de foncer dans le tas au premier rift de The Nameless!!! Oui, j’étais dans les premiers rangs au centre et j’y ai survécu sans trop de séquelles (au passage, merci pour l’admiration :p)
    Petit regret de ne pas avoir vu Huldre, votre article me donne envie de découvrir!

  3. Bonjour à vous!

    J’aimerais juste corriger une petite erreur.

    Le titre Inferno a effectivement été un défi entre 3 groupes : Iliana, Dandelion Wine, et la Horde. Iliana est devenu Rastaban après s’être séparé de la chanteuse actuelle de Nook. Il n’y a donc pas eu de défi entre Nook et la Horde à proprement parler.

    Voilà voilà 🙂

    Pour la Horde,
    Arno

  4. Je suis subjectivement du même avis que cet article subjectif. Super bon moment passé avec Huldre, détestation de Tanzwut et chouette Eluveitie.

  5. Eh bien pour ma part j’adore Tanzwut… Mélanger du Folk et de l’indus,ce sont les seuls a faire ça, c’est unique dans le genre. il y a une autre raison pour laquelle j’adore ce groupe: il a un passé commun avec Corvus Corax, que j’adore également. je t’invite a aller écouter « Morus et diabolus » de Tanzwut, qui reste moins indus et plus « trad/folk ».
    Par contre, mentionnons un public plus qu’agaçant durant la totalité du festival, qui a pourri tous les concerts sans exception avec un « poulet poulet piou piou piou »…
    Après, si la langue allemande t’insupporte car elle est très gutturale, je peux le comprendre… mais dans ce cas tu dois être assez ennuyé car bon nombre de groupe folk/rock sont allemands (In Extremo, Saltatio Mortis, Cultus Ferox, Corvus Corax, Vogelfrey, Harpyie, Faun, etc, etc…)

    1. Ne perdons pas de vue que j’en ai rajouté une grosse couche exprès hein, histoire de pas juste rapporter, »Moé j’aime pas je ne trouve pas ça agréable. » ^^ Promis le prochain live report de Tanzwut sera plus friendly 😉

      En ce qui concerne les « Poulet poulet piou piou piou », je dois dire qu’étant fan du Naheulband ça ne m’a pas gêné et ça rentre dans l’esprit du groupe, je pense, d’avoir un public qui le spam tout au long du festival. Après je comprends que ça puisse faire chier. De la à dire que ça a pourri les concerts, bon, il en faut peu, pour pas être heureux.

      Par contre je pense pouvoir remplir quelques ipods avec de la musique autre que germanophone dans ce style. Ils ont effectivement une scène conséquente mais sont loin d’être les seuls! Et puis l’allemand en tant que langue m’insupporte en fonction de la manière dont elle est utilisée. Faun rend ses paroles bien plus lyrique que Saltatio Mortis… J’ai encore découvert récemment un groupe de folk expérimental d’origine allemande tout a fait fabuleux que je t’invite a aller écouter : Omdulö.

      1. Mais je conçois que Tanzwut ne soit pas appréciable par tous… Entre les adeptes de l’ancienne période et réfractaires à la nouvelle, les néophytes qui découvrent sur scène, les gens qui ne comprennent pas comment le mélange électro-indus peut opérer… Ca laisse le moyen d’en insatisfaire pas mal !

        Le prochain live de Tanzwut en France c’est Historica, si je ne m’abuse, j’espère que ce festival à l’orga douteuse aura bel et bien lieu…

        « Poulet poulet piou piou » a dérangé le chanteur d’Eluveitie pendant le concert, qui s’est trouvé désemparé, et n’a rien compris :s et également, si tu écoutes le live de Corvus Corax enregistré à T&L, tu t’aperçois que la dernière piste, après la dernière chanson, est également spammée… 🙁 Non, le vrai public de Naheulbeuk, et le meilleur, c’est le public rôliste, celui qui sait scander « nous sommes les nains sous la montagne » ou encore « Troll et elfe farcie », bref, comme celui qui était là au concert donné en juillet à Brocéliande…

        Je connais Omdulö, ils étaient au Castlefest cette année ! (si ma mémoire est bonne, sinon, je connais car j’ai beaucoup de compils de folk allemand en ma possession). Il y a également Triskillian, et Qntal un groupe sympa du même style… Sinon, concernant Faun, c’est très lyrique, mais le summum c’est Oonagh pour moi 🙂 Cette chanteuse est fantastique, c’est très envoutant et léger… Je te conseille l’album Aeria et la chanson « Avalon ». J’aimerai beaucoup la voir en live, hélàs le groupe n’a que 2 ans à peine et ne tourne qu’en Allemagne…

        Concernant le chant autre qu’anglais et allemand sur le folk/medieval, tous les pays nordiques et russes collent bien au style et sont très bon…

        1. Oui Omdulö était bien au Castlefest et c’était un vrai régal 🙂

          J’irais jeter un œil à ce que tu me proposes merci 😀

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