Arkona – Yav [FR]

526_Arkona_RGBUne claque. C’est ça, le dernier d’Arkona. Il est vrai que depuis Vo Slavu Velikim, fête magique et surprenante ; « Ot Serdca K Nebu » et « Goi, Rode, Goi ! » manquaient un peu de saveur, alors que « Slovo » nous laissait sur notre faim. C’est avec grand enthousiasme j’espère, que vous découvrez  » Yav « , qui, en plus d’être un véritable « masterpiece », a le superbe avantage d’être un nom facilement mémorisable !

Il semblerait que pour « Yav », Arkona ait délaissé ses airs enjoués de fêtes, pour laisser la place belle à une atmosphère sombre et envoûtante. Oh n’ayez crainte, les mélodies folkloriques sont présentes et toujours aussi pertinentes, mais délicatement enveloppées dans une puissante carapace ténébreuse et électrique. C’est ce que semble rappeler la pochette de l’album, où figure une frêle jeune fille, penchée sur le reflet squelettique que lui renvoie une étrange rivière, au sein d’une toute aussi étrange et silencieuse forêt.

Ce rituel d’un peu plus d’une heure s’ouvre sur le fascinant « Zarozhdenie », aux accents électriques très prononcés. Véritable annonciateur de la nouvelle ligne directrice que prend le groupe sur cet opus. Les mélodies folkloriques et dansantes ont tendance à s’effacer au profit d’un pagan black metal ambiant, atmosphérique. Et ce n’est pas pour nous déplaire. En effet, le rythme de cet album est parfaitement ficelé. On est transporté par une alternance de tempos tantôt dépressifs et lancinants comme « Gorod Snov » tantôt énergiques et déchaînés à l’instar de « Chado Indigo » ; pour finalement exploser lors du titre éponyme.

Arkona nous livre ici sans aucun doute son travail le plus complexe et le plus perfectionné du point de vue des structures et des rythmes des morceaux. Ces derniers sont longs (7 minutes 30 secondes en moyenne) et présentent chacun une multitude de rythmes, de tempos et de cadences très différents. Outre les très nombreux instruments folkloriques, c’est l’omniprésence d’instruments acoustiques inhabituels qui d’une part étonne, et d’autre part ravit les oreilles. Certains passages au piano intègrent une dimension mélancolique gothique au sens littéraire du terme, tandis que la guitare acoustique rappelle sans cesse la dimension folk lors des moments les plus sombres de l’album.

Et cet arrangement acoustique se couple parfaitement aux sonorités métalliques qui nous sont si chères. Et c’est peu dire. Les guitares sont particulièrement mises en avant et s’expriment au travers d’envolées épiques et hargneuses qui font mouche, appuyées par le chant unique et transcendant de Masha Scream. La partie vocale a également été très travaillée. On retrouve aussi bien un furieux chant crié qu’un chant clair à base de supplications et de douleurs, qui nous embarque dans un ascenseur émotionnel.

Vous l’aurez compris, cet album est excellent. Très complexe, il m’est impossible de l’examiner entièrement, et si jamais l’envie m’en prenait, j’aurais du mal à exprimer ce que l’oreille entend. Assurément, cet album sera un pilier du groupe, un classique du folk metal, qu’il faut à tout prix écouter et réécouter !

Wunjo

NOTE : 9.5/10

Tracklist :

1. Zarozhdenie
2. Na strazhe novyh let
3. Serbia
4. Zov pustyh dereven’
5. Gorod snov
6. Ved’ma
7. Chado indigo
8. Yav’
9. V ob’jat’jah kramoly

Sortie : 25 Avril 2014

Lien du groupe : Facebook, Bandcamp.

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