Arkona / Metsatöll / Svartsot @Rennes 27/11/2015

L’équipe de Valkyries se devait d’être là pour le Pagan Rebellion qui débarquait dans la capitale bretonne. Ce ne sont pas une ni deux Valkyries qui étaient sur place, mais bien trois pour couvrir un tel événement avec au programme du viking, du viking, et encore du viking!

Arkona Tour

  • SVARTSOT

Auregann :

En écoutant les groupes en amont du concert, Svartsot m’avait beaucoup plu, avec leurs airs entraînants et leurs morceaux plus calmes et profonds. Cependant, la prestation en live m’a déçue. Tout d’abord, les Danois ont rencontré pas mal de problèmes techniques : le tin whistle était souvent inaudible, et l’une des deux guitares n’a pas fonctionné de tout le set – visiblement un problème de pédale.

De plus, le guitariste restant semblait avoir du mal à suivre, et a enchaîné pas mal de fausses notes sur les solos.

Cependant, l’ambiance festive et guerrière était là, le chanteur avait une vraie présence, le groupe était parfait pour réveiller la foule qui se massait devant la scène – le concert était complet. J’aimerais beaucoup revoir Svartsot dans d’autres conditions, car je pourrais bien changer complètement d’avis.

Heronmaiden :

Une redécouverte du groupe me concernant, dans de meilleures conditions sonores (ou presque).

Rien de très passionnant à mon goût, la setlist est correcte, mais globalement je n’ai pas aimé.

Au niveau du son, saturation au début du spectacle, puis il semble que cela se soit arrangé au fil du temps. Au niveau qualité globale, on sent les balances inachevées, un guitariste qui joue faux par moment, à moins que ça ne soit lié au nombre de bières consommées sur scène.

Svartsot, c’est un peu l’idéal « viking » : on trinque, on crie sköll, on éparpille quelques passages à l’instrumentation traditionnelle (flûte), on parle de mythologie nordique, on est habillé comme des nordiques (mais avec le style médiéval quand même!). En bref, ça colle à l’image toute faite qui nous est vendue : « le viking, c’est la fête et la boisson ». Pas une grande innovation, mais je suis restée jusqu’à la fin du concert, l’ambiance dans la salle commençant à s’installer.

Morrigan :

Ahhhhhh Svartsot ! Après leur premier passage en France très remarqué lors du Cernunnos Pagan Fest, c’est peu dire que j’attendais le retour des Danois en France, en l’occurrence à Rennes. Après maintes aventures pour rejoindre le lieu de concert, nous arrivons à l’Ubu quelques précieuses minutes avant le début de leur set, ouf !

Avec une prestation solide dans l’ensemble, nulle déception venant des Danois pour ma part (bon, peut-être que mon côté groupie rend mon point de vue totalement subjectif…). Quelques petits soucis techniques n’empêcheront pas la prestation d’être carrée et le son bon bien que les éléments trad ne soient pas assez mis en valeur (et ouh que les grésillements de la guitare écorchaient les oreilles.). Seul regret de la soirée à mon sens : absence de certains titres dans la setlist, et beaucoup moins de communication du groupe avec le public qu’à Paris en février.

  • METSATOLL

Auregann :

Metsatöll, c’est ma grande découverte de la soirée ! Si en première écoute, j’avais été moins enthousiasmée que par Svartsot, les voir sur scène était une chouette expérience. Le groupe estonien met en valeur plusieurs instruments mélodiques : une cornemuse, une cithare, ou encore une guimbarde sur Kivine Maa. Plutôt bien sonorisés, ces instruments donnent une vraie couleur folk aux morceaux même si les grattes et les deux chanteurs ne laissent pas oublier qu’on est bien à un concert de metal.

Ce que j’apprécie beaucoup avec Metsatöll, ce sont les harmonies de voix qui se font parfois entendre, et les phases plus calmes qui ont un son grave, répétitif, tribal, des mélopées qui évoquent Wardruna, des incantations païennes et le vent soufflant sur les plaines de l’Est.

Bref, à la fin de leur passage, j’ai eu l’impression de me réveiller d’une transe, d’un rêve éveillé, sans avoir vu passer leur set qui comprenait également plusieurs morceaux dynamiques faits pour sauter sur place en levant sa corne à bière.

J’ai très envie de revoir Metsatöll, d’autant plus qu’au fil des vidéos, j’ai découvert qu’ils se produisaient parfois accompagnés d’un chœur de voix, qui donne une puissance mystique supplémentaire à leur son.

Heronmaiden :

Une réelle bonne découverte que ce groupe, malgré les réglages sonores qui n’ont aidé en rien : les premiers morceaux ne laissaient pas entendre la flûte, ce qui est frustrant. Sur la droite de la scène, Lauri « Varulven » Õunapuu, nous enchaîne les instruments traditionnels les plus inattendus : cithare, flûte, guimbarde, cornemuse estonienne…. Son dynamisme et sa prestance n’ont pas d’égal, et la foule se déchaîne sur les morceaux, tels que Küü, Kivine maa, Vaid Vaprust,…. La langue chantée reflète la nationalité du groupe plus que jamais : l’estonien ! Ceci le rend encore plus intéressant à mes yeux. Vocalement, c’est un chant clair, mais une voix très grave. Encore une fois, cela change du growl souvent sollicité aux côtés du folk metal. A revoir, en festival sûrement, car dans la petite salle qu’est l’Ubu, il est difficile de pouvoir se placer « en sécurité » au vu du nombre de personnes présentes ce soir, et de la configuration de la salle (marches d’escalier de part et d’autre de la fosse), et de l’ambiance festive qui maintenant est bien imprégnée.

  • ARKONA

Auregann :

Ayant déjà vu Arkona au Ragnard Rock, j’étais très confiante concernant la tête d’affiche du concert, et le reste des spectateurs aussi : tout le monde était devant la scène, tentant de trouver la meilleure place entre les escaliers, le poteau masquant la vue et la fosse qui promettait d’être agitée.

Tout le monde n’aime pas Masha, l’égérie du groupe, personnellement je lui trouve un charisme incroyable et dès son entrée sur scène, tous les regards sont tournés vers elle. Pas de doute, c’est bien la chanteuse le centre du monde pour la durée du concert.

Malheureusement, des soucis de son viennent gâcher un peu la performance, la basse masquant en partie la voix gutturale de Masha. Je tente de changer de place pour voir si l’on entend mieux à un autre endroit dans la salle, mais en vain.

Tant pis, le groupe enchaîne de nombreux morceaux que reprenne en choeur le public. Ce qui est un peu frustrant avec Arkona, c’est qu’à moins de maîtriser le russe, il est difficile d’entonner les refrains. Heureusement, avec des morceaux comme Zakliatie et Slavsia où les refrains sont faits d’onomatopées, les spectateurs peuvent s’en donner à cœur joie pour chanter.

La fosse saute dans tous les sens, provoquant des remous jusque sur les marches du fond de la salle, quelques slammeurs tentent l’expérience malgré le peu d’espace, bref, le public est à fond. D’habitude, j’évite la fosse pour me concentrer sur l’écoute du groupe, mais cette fois-ci je me laisse prendre au jeu et tout en repoussant quelques pogoteurs, mes yeux restent rivés sur les musiciens qui connaissent leur affaire, et les morceaux bien rodés s’enchaînent pour terminer le set avec un rappel bien mérité.

Heronmaiden :

C’est la tête d’affiche et ma motivation pour ce soir ! Cela fait bien 1 an que je n’ai pas revu Masha et sa joyeuse troupe de russes ! J’ai hâte. Mais en même temps, il y a 1 an, l’album Yav sortait et la tournée lui était destiné. Petit point rapide : cet album d’Arkona a la particularité d’être sombre, tant bien dans les mélodies que les paroles, il faut oublier Yarilo, Stenka Na Stenku ou Leishy, car le ton n’est plus le même. Je ne dis pas que cet album est mauvais en soi, mais qu’il est différent et on l’écouterait bien dans un autre contexte. Ma crainte ce soir, c’était de me retrouver avec 50 % du concert dédié à Yav…

Masha rentre sur scène sur un morceau de cet album, justement ! Mais très vite, je me rends compte que le problème est au-delà du titre joué : le son, qui depuis le début saturait beaucoup, s’est dégradé, rendant la voix de Masha inaudible, et ne laissant ressortir que la basse et la batterie !! Je maudis l’ingénieur son, une fois de plus mais au fond de moi je garde espoir que cela s’améliore.

Tel ne fut pas le cas. Heureusement, je connais très bien Arkona, je parviens à deviner quels sont les morceaux joués.

Cependant, la foule ne semble pas s’en soucier : la fête est à son apogée en bas, depuis les marches (sur lesquelles je suis installée depuis le début de la soirée) je contemple l’immense homme-viking de 2m de haut slammer, une bière à la main, entre l’effroi et la surprise. En effet comme évoqué plus haut, la salle est petite, les gens tassés. Slammer dans ces conditions, c’est un challenge.

D’autres faits amusant sont venus s’ajouter par la suite : on notera la personne qui est montée sur scène, pour mettre son Keffieh sur les épaules de Masha, Masha qui spontanément l’a pris et l’a fait tournoyer dans les airs, tout en continuant sa prestation. Plusieurs personnes se sont également invitées sur scène, pour se jeter ensuite dans la masse de metalleux.

Niveau setlist, on progresse et on retourne vers les premiers albums d’Arkona (que je connais plutôt mal), mais niveau qualité sonore, le son sature toujours autant… quelle tristesse !!!

Le fameux Stenka na stenku vient à point, le « wall of death » est petit, mais présent. J’apprécie toujours ce morceau en live, car il est un de mes préférés. Notons aussi que Masha a choisi de placer Goi rode Goi et Piamat vers le milieu du concert, ce qui est tout aussi plaisant !!

Il y eu également Slav’sya, Rus’, un morceau aux airs traditionnels russes, où Masha a coutume de sortir le bodhran… hélàs pas ce coup ci.

Pour clore ce magnifique concert (malgré les petits soucis de son), Yarilo ! L’hystérie est générale !

On se met à fredonner le refrain, ça danse, ou pogote, ça slamme…puis il faut se dire au revoir, récupérer les baguettes, les setlists, serrer la main aux membres du groupe, ému et émerveillé.

Morrigan :

Déception. Ça fait beaucoup de fois, et surtout trop de fois que je ne comprends pas le travail de l’ingé son du groupe. La salle sonne pourtant bien, mais exactement les mêmes soucis qu’au Hellfest par exemple : voix pas mise en avant, flûte poussive, grosse caisse qui écrase tout le reste. Je ne comprend pas qu’on puisse sonoriser un concert d’Arkona sans qu’on puisse entendre Masha qui est pourtant LA pièce maîtresse du groupe. Déception vis à vis du public également. Trop anarchique et gamin. Bref on a écouté le début du concert de derrière pour se faire une idée du son, et vu le désastre on est partis s’amuser dans le pit en se disant que quitte à avoir un son plus que médiocre, on allait au moins aller s’amuser avec les autres. Bref cet amoncellement de contrariétés m’a presque caché le fait que le groupe était en place, plein d’énergie comme à son habitude, en un mot excellent, mais tous ces points positifs ont totalement été mis en retrait par le travail sur le son, et ça c’est vraiment dommage.

En bref ce fut une bien belle soirée bien que les avis soient partagés quant aux prestations des groupes. Un grand merci et bravo à Heronmaiden et Auregann qui nous livre ici son premier report pour Valkyries. Un autre grand merci à Garmonbozia pour cette belle date et l’opportunité qui nous a été donnée de la couvrir.

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