
Malgré ses presque trente ans d’existence, Thy Catafalque, prenant initialement la forme d’un one-man-band créé par le chanteur/musicien hongrois Tamás Kátai, a commencé à se produire en concert il y a quelques années seulement. Pour ma part, j’ai découvert le groupe l’an dernier à l’Alcatraz Festival, et leur prestation m’a donné envie de les revoir le 31 mars dernier pour leur première date à Paris, cette fois-ci en configuration « indoor ».
Je ne connaissais pas du tout les deux groupes de première partie, j’ai écouté quelques morceaux avant le concert. Sans trop spoiler, mon ressenti concernant les deux groupes s’est confirmé en live. On débute donc la soirée avec Toward the Throne. Le groupe alsacien présentait son deuxième album Midnight paru il y a un peu plus d’un mois. Sur scène, des bougies sont disposées de part et d’autre de la batterie, ainsi que les jolis visuels de corbeaux dorés affichés sur deux étendards.
Le quartet officie dans un metal extrême progressif teinté de sonorités symphoniques et atmosphériques. Dominés par le growl, les quelques vocaux clairs renforçaient l’ambiance ésotérique.
SETLIST : The Void : Road from Chaos / Midnight / Still, Denial / 7HATE / Malice in Veins / The Ashes of Pain / Caught Between Breaths
La soirée se poursuit avec Bong-Ra, projet initié par Jason Köhnen. N’étant absolument pas une adepte du genre, j’ignorais que la formation néerlandaise est considérée comme l’une des pionnières du breakcore. Sur scène, le groupe prend la forme d’un trio, et ce qui saute immédiatement aux yeux lorsque l’on est habitué à une configuration classique dans le metal, c’est l’absence de batterie. On retrouve ainsi Jason Köhnen au chant et à la basse, accompagné de deux guitaristes. L’un d’eux s’est d’ailleurs joint au public dans la fosse en fin de set.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’était vraiment particulier, et pour les oreilles non aguerries, c’était très compliqué de rentrer dedans. En gros, on avait affaire à un mélange de doom/stoner expérimental et d’indus/noise. C’était lourd, voire pesant, personnellement, je n’ai pas été réceptive.
Il est maintenant temps pour les Hongrois de Thy Catafalque de faire leur entrée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont nombreux ! On retrouve la tête pensante Tamás Kátai à la basse, entouré de deux chanteurs, deux chanteuses, deux guitaristes et un batteur. Sur certains morceaux, les vocalistes se relayaient, mais lorsque le groupe était au complet, c’était presque difficile de faire tenir tout le monde sur la scène du Backstage.
Les morceaux sont interprétés en hongrois, et la contrée magyare a beau ne pas être si éloignée de la France géographiquement, il y a comme un petit air d’exotisme et de folklore tant cet ovni finno-ougrien (au même titre que le finnois) tranche totalement avec les autres langues européennes. Les vocaux clairs et hurlés s’alternaient, et j’ai particulièrement apprécié les quelques passages growlés d’une des chanteuses associés à ceux d’un des chanteurs, c’était maîtrisé et ça donnait un bon coup de peps.
Depuis la création du groupe en 1998, sa discographie est évidemment très dense, avec tout de même douze albums studio au compteur, et presque tous ont été représentés au cours du set, avec bien entendu un accent mis sur le petit dernier XII: A gyönyörű álmok ezután jönnek paru en 2024. Le groupe a également interprété une reprise de « Embersólyom » de la formation folk hongroise Kaláka, connue localement pour avoir composé les musiques de la série animée Folk Tales.
En bon groupe de metal avant-garde, la musique de Thy Catafalque est très riche, ce qui permet à chacun d’y trouver son compte. Tandis que certains seront plus sensibles aux sonorités prog, d’autres préféreront les passages black/folk (ce sont en tout cas ceux-là qui ont provoqué les pogos dans la fosse). J’avais personnellement bien sûr un faible pour ces derniers, mais franchement, les passages progressifs passaient parfaitement bien aussi. Au bout d’une heure et quart de set, le groupe nous salue, tout sourire.
SETLIST : Szíriusz / Néma vermek / Trilobita / Napút / Szarvas / Mezolit / Embersólyom / Köd utánam / Csillagkohó / Töltés / Kel keleti szél / Ködkirály / Jura / Aláhullás / A gyönyörű álmok ezután jönnek








