Winterhymn – Blood & Shadow

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La scène folk/pagan d’Amérique du nord est moins réputée que chez nous outre-Atlantique, et c’est pourtant à tort vu les petites pépites que l’on peut y dénicher. Winterhymn pourrait très bien en faire partie, du moins, c’est ce que nous allons voir dans cette chronique.

Le groupe nous vient tout droit de Cincinnati dans l’Ohio et a été formé en 2009. On y compte en son sein six membres que sont Draug au chant et à la guitare, secondé de Varrik aux chœurs et à la guitare également, Alvadar à la basse et au chant, Valthrun à la batterie, Exura aux claviers et Umbriel au violon. En 2011, le sextet avait sorti son premier album, Songs for the Slain. Bien que ledit album avait ce mérite de nous faire gentiment taper du pied, cela s’arrêtait à peu près là, la faute à une production quelque peu faiblarde et des compositions pas toujours très inspirées, soit trop festives, ou au contraire peu pêchues. Alors une question nous brûle les lèvres, le groupe s’est-il amélioré avec son nouvel album fraîchement sorti, Blood & Shadow ?

A priori oui, car dès le premier morceau « Blood of the Moon », la production paraît d’emblée bien plus limpide que sur le premier effort, donnant beaucoup plus de dynamisme aux compositions. Comme quoi, un album sorti via un label, en l’occurrence SoundAge Productions, ça peut faire des petits miracles ! Winterhymn nous livre ce qu’ils nomment un « cold-blooded American pagan metal » (traduisez « pagan metal américain à sang froid »). Dit comme ça, cela ne nous inspire pas vraiment, alors je vous explique : le groupe associe dans sa musique plusieurs styles, à savoir notamment le black, le death, le power, le folk, et même quelques petites touches symphoniques ! ‘Voyez, il y en a vraiment pour tous les goûts ! Et vous voulez que je vous dise ce qui est vraiment, mais vraiment vraiment bien avec Winterhymn ? Non ? Bah tant pis, vous n’avez pas le choix, je vous le dis quand même ! Si vous n’étiez pas encore au courant, je l’affirme aujourd’hui au grand jour, au risque de me faire quelques ennemis, habituellement le power, ce n’est, mais alors, absolument pas ma corne d’hydromel. De manière générale, c’est souvent le chant qui en est la cause. Mais avec Winterhymn, c’est différent. Déjà parce que ce chant power n’est pas suraigu, au contraire, c’est tout juste si celui-ci ne frôle pas le growl par moments ! De plus, il n’est utilisé qu’avec parcimonie, et souvent en association avec le growl. Du coup, cela passe comme une lettre à la poste pour les petites oreilles non amatrices du genre !

Dans Blood & Shadow, Winterhymn nous entraîne dans un univers de fantaisie et de folklore inspiré des mythes et des grandes étendues sauvages d’Amérique du Nord, et où sont narrées légendes, conquêtes et épopées héroïques. Et quoi de mieux qu’une musique épique mettant une emphase toute particulière sur les chœurs, et agressive bien comme il faut pour nous en parler ? Rien, nous sommes d’accord. Mais les influences alors, quelles sont-elles ? Je situerais spontanément Winterhymn à la croisée d’Eluveitie et de Månegarm. Il n’y a qu’à écouter les mélodies entraînantes du violon sur « Blood of the Moon » ou bien encore de « Legacy in Flames » par exemple, pour nous en convaincre. C’est surtout au niveau du chant que l’on pensera à Erik Grawsiö (chanteur de Månegarm donc) ou à Tomi Joutsen (chanteur d’Amorphis). Certains passages à la voix parlée nous évoqueront également Ensiferum, notamment dans « The Summoning » et « Huntsman ».

Blood & Shadow est un album qui ne faiblit pas, avec des morceaux tous plus énergiques les uns que les autres. La palme du titre le plus entraînant revient sans doute à « Blood Burner », suivi de très près par « Legacy in Flames », grâce à un violon qui ne nous donne qu’une envie, celle de danser ! Et ces solos de guitare dans « Silenced by the Northern Winds », « The Wolf’s Head » et « The Chosen End » … Aaaaaaah, j’en aurais presque des frissons tellement c’est épique ! Cependant, Winterhymn saura également se montrer d’humeur mélancolique et posée, notamment lors du féerique interlude acoustique « Seafarer ».

Bref, en regard du premier album Songs for the Slain, Winterhymn a fait un grand pas en avant, avec un Blood & Shadow violent, épique, entraînant, varié … Et rien que ça, ça mérite une jolie note !

Fée Verte

8/10

Tracklist :

  1. Blood of the Moon
  2. Dream of Might
  3. Blood Burner
  4. Legacy in Flames
  5. The Summoning
  6. Seafarer
  7. Silenced by the Northern Winds
  8. In Shadow We Ride
  9. Hunstman
  10. The Wolf’s Head
  11. Into the Depths
  12. The Chosen End

Sortie le 17/06/2016

Liens du groupe :

https://www.facebook.com/Winterhymn/?fref=ts
http://www.winterhymn.net/
http://winterhymn.bandcamp.com/

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