Wilderun – Veil of Imagination

En 2015 sortait Sleep at the Edge of the Earth, acclamé par la critique et vénéré par de nombreux fans. Depuis, Wilderun s’était fait beaucoup plus rare, au point où on se demandait s’il y avait quelque chose sur les rails ou pas…C’est désormais chose faite avec Veil of Imagination publié le jour de la Toussaint et que nous allons étudier sans plus tarder. 

La question qui nous taraude l’esprit avant l’écoute de l’album est la suivante : comment dépasser ce qui semble être la perfection ? Si l’on se réfère à la chronique de Sleep at the Edge of the Earth de mon confrère Grymauch (que vous pouvez lire en cliquant ici), on peut dire que Wilderun avait mis la barre très haut. On peut donc dire que le challenge était de taille pour ce nouvel opus, mixé par Dan Swanö (Aephanemer, Dawn of Disease, Edge of Sanity,…) et masterisé par le réputé Jens Bogren. 

L’album débute avec “The Unimaginable Zero Summer” avec la voix du narrateur évoquant le temps où la nature faisait rayonner la Terre et que cette dernière semble être en péril… Un message forcément très d’actualité si l’on se réfère à ce qui se passe. C’est lorsque retentissent les premiers accords de guitare et le violon qu’on reconnaît directement la patte de Wilderun. La voix d’Evan est douce et se mue petit à petit au rythme des grosses orchestrations pour se faire plus agressive. On assistera alors à une alternance entre ces deux types de voix, les guitares se faisant tour à tour plus calmes ou plus lourdes. 

Déjà, ce qui retient l’attention, c’est une mise en second plan du côté folk du groupe. Et c’est bien entendu la thématique qui en est la cause, puisque la majorité des chansons abordent les thématiques de la psychologie, de la paranoïa et de bien d’autres aspects humains. Malgré cela, le folk est bien présent, comme on peut le constater pour “Scentless Core (Fading)” où la guitare acoustique se marie aisément avec les cordes pour donner un côté émotionnel très fort. “Far From Where Dreams Unfurl”, premier extrait dévoilé, le démontre également avec ses gros riffs et ses choeurs “turisasiens” qui rendent le tout incroyablement épique.

Mais ce qui fait également la force de l’album, ce sont les orchestrations. Celles-ci, imposantes, sont d’une complexité tout à fait remarquable, accentuant le côté progressif du groupe. Les gros riffs de guitare rendent ainsi le son encore plus imposant, comme pour le très sombre “The Tyranny of Imagination”. On a ici un travail digne des plus grands compositeurs de musique de film (John Williams, Alan Silvestri etc.), puisque tout semble soigné et précis. La diversité des orchestrations évite à l’album d’être trop linéaire. Il y a cependant un instrument qui prend une place tout à fait particulière ici : le piano. Lors des précédents albums du groupe, on l’entendait assez peu. Pour Veil of Imagination, c’est l’effet inverse qui se produit, donnant un côté classique (en plus du symphonique, du progressif et du folk) non négligeable. Il est présent partout, comme pour “Scentless Core (Fading)”, “Sleeping Ambassadors of the Sun” ou bien “When the Fire and the Rose Were One”. Cette mise en premier plan du piano donne l’avantage d’adoucir les mœurs. 

Pour son troisième album, Wilderun surprend sur tous les points. L’écriture et le travail d’arrangement sont absolument saisissants pour un album à la fois beau, torturé et complexe. Aucun défaut n’est à signaler, donc on peut clairement dire que cet album frôle la perfection. Si ce n’est pas déjà le cas…

Note : 10/10

Tracklist : 

  1. The Unimaginable Zero Summer
  2. O Resolution!
  3. Sleeping Ambassadors of the Sun
  4. Scentless Core (Budding)
  5. Far from Where Dreams Unfurl
  6. Scentless Core (Fading)
  7. The Tyranny of Imagination
  8. When the Fire and the Rose Were One

Extrait de l’album : 

 

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