[Report] Krayenzeit et Schandmaul à Berlin

Le 26 novembre, en ce samedi soir bien frisquet, je suis de retour à Columbia Halle (où j’étais déjà allée voir In Extremo) pour un concert 100% folk allemand : Schandmaul, avec déjà 20 ans d’expérience sur scène, sont en pleine tournée pour leur nouvel album Leuchtfeuer.

Je me faufile dans la salle qui est bien pleine. Il n’est plus à prouver que les allemands adorent le folk, qu’il soit doux et planant, bien bourrin, ou dans ce cas, quelque part entre les deux.

A 20h pile, c’est Krayenzeit qui entre en scène pour assurer la première partie. Je n’avais absolument pas écouté avant de venir, et c’était une très bonne découverte. Les musiciens sont sept sur scène, avec plusieurs instruments mélodiques (violon, vielle à roue, flûte) et en plus du tradionnel trio guitare électrique / basse / batterie, une guitare folk, ça fait toujours plaisir. Mais ce qui me fait vraiment plaisir, c’est la présence de deux femmes sur scène, ça change des groupes exclusivement masculins.

La violoniste, par ailleurs, a un rôle central, puisque c’est l’instrument dominant, que l’on entendra tout le long du set interpréter des mélodies médiévaloïdes qui fonctionnent très bien. Des titres au nom clairement évocateurs, comme In Vino Veritas et Tenebra, nous emmènent dans leur univers Mittelalterrock.

J’ai donc passé un très bon moment en les écoutant. Seul bémol, je n’ai pas trop apprécié la voix du chanteur, ou la façon dont elle était sonorisée, je ne sais pas, mais je l’ai trouvé trop agressive. Ou alors, c’est juste parce que c’est une voix heavy, et que ce n’est pas ma came.

Bref, après 40min de set, Krayenzeit laisse la place à Schandmaul. Comme pour In Extremo, avant même l’arrivée du groupe, je sens que l’audience est convaincue. T-shirts à l’effigie du dernier album, cris de joie, grande variété dans l’âge des fans, on touche là à un groupe intergénérationnel, qui fait l’unanimité. Et pour cause, avec 9 albums sortis en 17 ans et un line-up quasiment inchangé, le groupe a eu le temps de se faire une place dans le cœur des allemands. Le dernier album, Leuchtfeuer, s’est même placé en première place des ventes en Allemagne à sa sortie, c’est dire s’ils prennent le folk au sérieux !

Les musiciens débarquent sur scène et là encore, j’ai la bonne surprise d’y trouver deux femmes, et qui plus est, une joueuse de cornemuse  <3 Anna Katharina aux cordes et Birgit aux vents ne vont cesser d’alterner entre différents instruments pendant le concert, montrant l’ampleur de leur maîtrise musicale. On trouvera aussi une batterie, une basse, une guitare électrique, parfois remplacée par une guitare folk, par moment tenue par le chanteur lui-même, Thomas Lindner.

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Le groupe nous balancera sans faiblir une vingtaine de morceaux, dont beaucoup ont des influences irlandaises dans les mélodies et les instruments. Duos violon/flûte, vielle à roue ou cornemuse, parfois un violoncelle ou un hautbois, les instruments mélodiques sont dominants, au même niveau que la voix claire du frontman. Le tout me rappelle un peu l’univers de The Corrs. Mais avec un allemand chauve et jovial qui chante au milieu 😀

Le chanteur, parlons-en, est très bavard. Entre chaque chanson, il papote, raconte des histoires, fait des blagues qui font bien rire le public. Parlant toujours allemand comme un mouton irlandais, je n’ai pas compris grand chose, si ce n’est le moment où il se fait gentiment huer quand il annonce que le groupe vient de Bavière.

Les morceaux du dernier album seront quasiment tous joués pendant le show, citons par exemple Freunde, Zu Zweit allein, et bien sûr Leuchtfeuer le titre éponyme.

Certaines chansons sont très festives, invitent à bondir et danser, et mentionnent naturellement le fait de boire la bière. Le public conquis est invité à chanter avec le groupe, comme sur Der Teufel et Bunt und nicht Braun. Mais d’autres morceaux sont plus doux et nous emmènent dans un univers plus mélancolique. Je pense notamment à Zeit, issue du dernier album, qui évoque la fatigue de la vie et le besoin de prendre le large.

On aura aussi droit à un chouette morceau instrumental, où le chanteur disparaît de scène et laisse toute la place au violon et la cornemuse.

C’est déjà l’heure du rappel et pendant que le public crie qu’il en veut encore, les musiciens en profitent pour installer un piano sur scène, et le chanteur interprète les accords mélancoliques de Euch zum Geleit.

Encore quelques chansons, ils ne veulent pas partir, le frontman reste là à papoter avec le public. Enfin, après nous avoir entonné une chansonnette qui dit en gros « au revoir, à bientôt, et buvez de la bière »,  les musiciens sortent de scène.

J’enfile de nouveau mes trois couches de manteaux et ressors dans les rues animées de Kreuzberg, ravie d’avoir ajouté à ma liste un groupe majeur du folk allemand 🙂

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