Orphaned Land – Unsung Prophets and Dead Messiahs

Après le live report de mon confrère Axoria, il est temps maintenant de se pencher sur le dernier né du groupe israélien, “Unsung Prophets and Dead Messiahs”, publié il y a quelques semaines

L’album :

25 ans de carrière et c’est toujours la même volonté qui anime le groupe : la paix et la tolérance entre les religions.

Orphaned Land n’ont plus besoin d’être présentés, tant ils sont considérés comme une figure incontournable de la scène metal oriental, dont ils font partie des pères fondateurs.

Alors que dit ce sixième concept album ? L’idée de base est partie d’une “simple” théorie de Platon : l’allégorie de la caverne. Pour résumer en quelques mots, c’est la représentation de l’être humain (donc enfermé dans la caverne) qui croit aux mensonges et se fait manipuler par des fausses ombres (créées par des marionnettistes) qui véhiculent de faux messages qui ne reflètent rien d’autre que l’obscurantisme.

Ce n’est qu’en sortant de la caverne qu’il découvre la “vraie vie” et essaye de convaincre ses camarades de sortir également de cette caverne. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire cet article très intéressant sur le concept par l’Institut Pandore en cliquant ici.

Justement, l’album s’ouvre sur “The Cave” (ce qui veut donc dire caverne…) avec la voix féminine et les cordes qui donnent une intensité assez dramatique avant que ça continue sur les chapeaux de roues avec les gros riffs de guitare. On peut déjà remarquer une présence des chœurs d’une trentaine d’hommes et femmes très importante (comme c’est également le cas pour “Left Behind” ou bien “The Manifest”), ce qui constitue une grande force de l’album. Ainsi, cela ajoute un côté humaniste non négligeable, puisque cela reste dans la veine du groupe.

Le groupe reste fidèle à son style mêlant doom metal (“All Knowing Eye”) et folk metal avec les fameux instruments orientaux que nous pouvons clairement entendre dans “Yedidi” ou bien “In Propaganda”. Le chant de Kobi marque toujours par son caractère envoûtant, mais également rentre-dedans avec le growl nécessaire pour faire passer des messages, comme dans “Only the Dead Have Seen the End of War” ou bien  “We Do Not Resist”. Ce dernier est d’ailleurs un manifeste éloquent contre cette difficulté à résister à cette médiatisation encline à diffuser des infos à sensation et passer sous silence des vérités. Kobi pose toujours, lors des interviews, la même question : qu’est-ce qui est connu du grand public entre les 70 000 enfants enlevés chaque année en Inde pour des trafics en tout genre ou les frasques de Kim Kardashian ? On peut deviner la réponse…

En tout cas, cet album marque par ses très nombreuses collaborations, avec parmi ses guests Tomas Lindberg (At the Gates), Steve Hacket (ex-Genesis) ou bien Hansi Kürsch (Blind Guardian) qui apportent chacun leur pierre à l’édifice. La présence de ces trois figures renforce ce côté humaniste qui régie tout l’album, puisqu’on assiste à un melting pot des cultures musicales. Cela permet de dire : peu importe notre culture ou notre identité, nous voulons “sortir de la caverne”, avec tout le monde.

Nous pouvons l’affirmer : cet album est certainement leur meilleur à ce jour et certainement un des plus aboutis. Il permet également de rendre hommage à tous ces hommes et ces femmes (comme Martin Luther King, Mahatmah Gandhi, etc.) qui se sont battus pour “sortir les gens de cette caverne”. D’ailleurs, Gandhi disait la chose suivante (ce qui est étrangement approprié pour cet album…) : “C’est une erreur de croire nécessairement faux ce qu’on ne comprend pas”.

Note : 9.5/10

Tracklist :

  1. The Cave
  2. We Do Not Resist
  3. In Propaganda
  4. All Knowing Eye
  5. Yedidi
  6. Chains Fall to Eternity
  7. Like Orpheus
  8. Poets of Prophetic Messianism
  9. Left Behind
  10. My Brother’s Keeper
  11. Take My Hand
  12. Only the Dead Have Seen The End of War
  13. The Manifest – Epilogue

Extrait de l’album :

 

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