Nightwish / Beast in Black (10/11/2018, Accor Hotel Arena de Paris)

Ayant démarré le 02 novembre 2018, la tournée “Decades” de Nightwish est passée par la case parisienne ce samedi 10 novembre.

Alors est-ce que ce concert fêtant les 20 ans (et plus) du groupe a été à la hauteur des attentes ? Réponse maintenant !

 

Débarquant sur le coup des 16h avec mes deux amis, nous nous faisons accueillir par une belle averse qui nous oblige à nous coller à la grille faisant office d’entrée pour la fosse (et donc d’abri). Déjà un attroupement de metalleux attend patiemment sous les parapluies et capuches.

Au bout d’une demi heure, un vigile arrive tel le Messie pour nous dire…d’aller dans les espaces délimitées par les barrières, ce qui oblige donc les gens à reculer. La pluie venait heureusement de s’arrêter, mais pendant 15 minutes, les vigiles tentent désespérément de faire reculer les gens sans que ceux-ci ne bougent d’un petit doigt. Autant vous dire une chose : cette histoire de fosse me rendait bien…sceptique (haha xD). Mais ça a marché, puisque les gens ont reculé et tout le monde s’est mis dans la barrières.

Il est 18h lorsque nous entrons enfin dans l’immense salle de l’Accor Hotel Arena (anciennement Palais omnisport de Paris Bercy) pour nous diriger vers la fosse principale, l’autre fosse (forcément la plus proche de la scène) étant réservée aux VIP et acheteurs du bracelet (dont je n’ai d’ailleurs toujours pas saisi les modalités…:/).

Beast in Black :

Il est 19h20 lorsque les lumières s’éteignent et que retentit en guise d’introduction le cultissime “Nightcrawler” de Judas Priest. De quoi nous mettre direct dans une bonne ambiance. Et c’est sur ces bonnes bases que débarque le groupe finlandais en ouverture de la soirée : Beast in Black.

Que je les attendais de pied ferme ces gaillards là ! J’avais déjà beaucoup aimé leur premier album “Berserker” qui officie entre le heavy et le power metal, sur fond de musique un peu techno par moments. Mais les voir en live était bien sûr un moyen de voir si ça allait fonctionner…

Force est de constater que ça marche ! C’est sur le titre éponyme “Beast in Black” que le groupe ouvre le bal. Je suis déjà agréablement surpris par la qualité du son : tout est parfaitement équilibré ! C’était même au point de me demander si c’était du playback…Heureusement non, puisqu’on voit bien des musiciens 100% investis ! Et puis, les playbacks dans le metal, c’est comme du vinaigre sur une biscotte : ça ne va pas ensemble…Les guitaristes se déchaînent, le batteur, très rigolo, s’amuse à taper une des baguettes sur sa tête…Mais une mention spéciale s’adresse au chanteur Yannis. Très à l’aise dans son rôle de frontman, il nous étonne en parlant quelques mots de français, mais il nous éblouit surtout par sa performance vocale. Un chauve, en veste de cuir à la voix haut perchée…ça ne vous rappelle rien ? 😉 Personnellement, je trouvais qu’il avait presque un côté “mini Rob Halford” (oui, le “Metal God” himself…:) ) tellement les parallèles sont troublants. Mais n’oublions pas : Rob est irremplaçable. Peut-être a t-il en fin de compte son héritier…

La setlist est bien entendu entièrement basée sur le premier album, puisque tous pleins de titres aux refrains catchy s’enchaînent, comme “Eternal Fire”, “Blood of a Lion”,”The Fifth Angel”…La mise en scène est quelque peu minimaliste, mais ultra efficace. Par exemple, lors du titre “Crazy, Mad, Insane” (où tous les guitaristes portent des lunettes de soleil au texte défilant), on assiste à une ambiance disco qui nous donnait presque envie de danser. (Et moi qui n’aime pas trop danser, je vous laisse imaginer un peu l’effet…)

Le moment fort de la soirée reste surtout au moment de “Ghost in the Rain”, une belle ballade pendant laquelle l’ensemble de la salle avait allumé la lumière de son téléphone. Cela créait une atmosphère angélique, très lumineuse.

Et c’est sur “End of the World” que le groupe quitte la salle, ayant déjà bien chauffé la salle…

Nightwish

Il est 20h30 lorsque le rideau tombe et que le compte à rebours est lancé sur un écran géant.

Et c’est au bout du décompte façon Eurovision que le multi instrumentiste Troy a la lourde tâche de commencer avec “Swanheart”, issu de l’album “Oceanborn”. Avec son intro à la flûte irlandaise, il se fait rejoindre discrètement par Tuomas au piano et claviers, ainsi que par les autres musiciens. L’ambiance est céleste, presque solennelle où tout le monde écoute religieusement, sans bouger… Mais c’est par le titre “Dark Chest of Wonders” que ça change radicalement. On passe alors à une explosion de couleurs et d’effets techniques.

Je suis déjà impressionné les très nombreux effets pyrotechniques qui rend le tout assez épique et grandiose. On peut dire qu’ils ont mis le paquet là-dessus ! Mais ce qui rend vraiment bien, c’est l’écran géant.

Outre les pochettes des différents albums de Nightwish, des animations défilent (donnant d’ailleurs l’effet d’une batterie en lévitation) sans discontinuer et qui s’articulent toujours autour des thèmes des chansons. Pour “10th Man Down”, il y avait un immense cimetière. Il y avait également un très joli fond d’écran de nature pour “Elan”, ainsi qu’un charpentier au travail pour “The Carpenter” (chanté d’ailleurs par Troy).

L’ambiance est survoltée, à la limite du trop survolté comme je peux le constater à un mètre de moi lorsque j’entends un mec râler auprès d’un pogoteur trop insistant : “Va pogoter ailleurs p**** !”. Cela ne gâche évidemment pas mon plaisir du spectacle qu’offre le groupe, tant je reste émerveillé par cette magie. Oui, le concert est magique et incroyablement prenant. Cela s’explique notamment par la performance des membres du groupe.

Même si elle n’a pas le niveau de Tarja, la chanteuse Floor m’impressionne par ses vocalises lyriques qui dégage une puissance hallucinante. Des frissons me parcourent l’échine au son de cette voix, aidé bien sûr par les claviers de l’iconique Tuomas. Le maître à penser de Nightwish reste assez discret, mais se met “dans le mouv” en headbanguant comme sa collègue. Toujours le sourire aux lèvres, ça se voit qu’il se sent bien sur scène, entouré de ses nappes de claviers et de ses autres musiciens. J’apprécie beaucoup la bonhommie du bassiste Marco qu’on peut presque considérer comme le “deuxième frontman”, tant sa proximité avec le public est remarquable.

Que dire de la setlist ? L’idée du “Decades tour” était de piocher dans l’ensemble des albums de Nightwish et de les (re)jouer en live. Bien sûr, les classiques passent, comme “Wish I had an Angel”, “Dead Boy’s Poem”, “The Kinslayer”…Ils osent même jouer le mastodonte “The Greatest Show on Earth” (“le pic de créativité” selon les dires de Tuomas…) en partie, sur fond de messages écologiques et d’ode à la nature qui reste un des moments forts de la soirée.

Le moment où j’étais le plus ému est certainement avec “Nemo” dont les notes au piano sont parmi les plus célèbres du metal symphonique en général.

Mais il y a également des titres plus rares (voire jamais joués en live) qui passent également comme “Elvenpath”, “The Carpenter”, “Devil & the Deep Dark Ocean”…de quoi les redécouvrir sous un nouveau jour.

Mais un album manque à l’appel et ce sera la plus grosse erreur du groupe : “Dark Passion Play”. A ma grande surprise, cet album est totalement passé sous silence, alors qu’il faut admettre qu’il y a des classiques comme “Amaranth”, “Bye bye Beautiful” ou bien l’excellent “The Islander”. Comme je dis toujours, les choix ne sont jamais très simples, surtout lorsqu’il s’agit de préparer une setlist…

C’est donc sur “Ghost Love Score” que le groupe conclue cette soirée immensément riche en émotions.

Si l’on laisse de côté le point négatif évoqué ci-dessus, on peut constater que les feux restent au vert. Nightwish reste (pour ma part) un groupe de référence. Je dirai même que c’est carrément un des plus grands groupes du monde, tant ses chansons continuent de résonner et d’inspirer bon nombre de musiciens. Voir Nightwish est une expérience à vivre. Une chose est sûre : quoi qu’il arrive, je retournerai les voir. Dans un futur peut-être proche ?

 

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