Munarheim – Nacht und Sturme werden Licht

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Au diable la logique, l’envie d’écrire ne se commande pas, et aujourd’hui, il me tient à cœur de vous parler du premier album de Munarheim, groupe allemand de black folk/symphonique dont je vous avais vanté les mérites il y a quatre mois de cela, peu après la sortie de leur deuxième chef-d’œuvre Stolzes Wesen Mensch.

L’objet en lui-même est un véritable bijou que tout amoureux du groupe sera ravi de posséder. La pochette bleutée avec les silhouettes d’un homme et d’une femme se tenant par la main appelle à la mélancolie et annonce une musique quelque peu atmosphérique. L’album est disponible en édition limitée à 333 exemplaires, édition comprenant un Bluray bonus (sauf que quand comme moi tu n’as pas de lecteur Bluray, c’est quelque peu frustrant …). Ouvrez la première page du livret et vous aurez l’agréable surprise de trouver les dédicaces de tous les membres du groupe (soit sept membres, ça en fait du monde !). Mais continuez donc … Sur la page de gauche, les paroles de chaque chanson écrites comme de manière manuscrite ; sur celle de droite, l’histoire du morceau. De superbes dessins ornent le livret, dont les portraits très réussis de chaque membre du groupe.

Trêves de bavardage, qu’en est-il de la musique ? Un ensemble minutieusement dosé entre agressivité, grandeur et légèreté. Une pugnacité incarnée par un chant black engagé, contrée par la magnificence et la puissance des orchestrations, et adoucie par des chœurs parfois aériens ou par les douces mélodies de la guitare acoustique ou de la flûte. Quelques interludes acoustiques (« Mein Geist am Bachlein ruht » et « Traumerei ») ou aux chœurs féminins enchanteurs (« Lichtung ») viennent se greffer aux autres morceaux, et ce, pour nous procurer le temps de quelques minutes un bien-être indicible.

Les morceaux à retenir ? Probablement celui qui conclue l’album, le prodigieux « Nachtmelodie ». Une introduction au piano douce et mélancolique, avant que ne résonne le chuchotement de Pascal, un refrain hargneux … et surtout un final éblouissant d’intensité, aussi bien dans le chant que dans les orchestrations. Un morceau parfait pour finir l’album en beauté et nous laisser sur une excellente impression. Mais il y a aussi « Urkraft », dont le bridge au violon émeut presque aux larmes, tant celui-ci se montre poignant. Et je ne vous parle pas de ce qui suit, ce moment où Pascal se remet à chanter, donnant tout ce qu’il a au fond de lui, scandant son texte avec hargne et passion. Et pendant ce temps-là, j’explose avec lui. Aaaaah Pascal, je t’aime … Oups, pardon, je m’emporte ! Et enfin, « The Last Unicorn » est une reprise fort bien réussie du groupe folk rock Americana, et alterne entre couplets en chant clair masculin et refrains en chant black.

Pour un premier album, Munarheim frappe fort : une production honorable, une identité propre, des mélodies accrocheuses que l’on se plait à écouter en boucle … Et je conclurai cette chronique par un vers de « L’Invitation au voyage » de Charles Baudelaire, qui à mon sens, résume à la perfection cet album :

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme, et volupté »

Fée Verte

9/10

Tracklist

1. Intro

2. Liberté

3. Terra Enigma

4. Was weiland war

5. Mein Geist am Bachlein ruht

6. Urkraft

7. Waldgefluster

8. Lichtung

9. Zenit

10. Sternenwanderer

11. Traumerei

12. The Last Unicorn

13. Nachtmelodie

Sortie le 22/02/2014

Liens du groupe :

http://munarheim.weebly.com/

https://munarheim.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/Munarheim?fref=ts

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