L’Homme Sauvage Festival #3 – Jour 1

Ce vendredi 27 septembre est une journée avec des températures vraiment idéales pour un festival :  pas trop chaud, un peu couvert mais sans pluie. Ainsi, comme l’an dernier, c’est dans un coin de vallée au cœur de la Haute-Garonne, totalement à l’écart de la civilisation, que le festival a élu domicile pour cette 3e édition. Nous noterons dans un premier temps qu’un véritable parking a été aménagé par rapport à l’année dernière et qu’il y a toujours des places pour s’y garer très facilement, ce qui est vraiment une très bonne amélioration. 

Il est environ 15h et les premiers festivaliers commencent à poser leurs tentes. Les concerts commençant à 16h, je me dirige donc vers le site en lui-même qui demande une petite grimpée de quelques minutes à travers les bois. Autant vous dire qu’il vaut mieux venir avec les chaussures adéquates. Une fois arrivée et mon bracelet récupéré, je fais un petit tour des lieux et constate que tout est pareil que l’an dernier, et c’est même encore mieux. Ce ne sont que quelques détails, mais par exemple, un point d’eau a été mis en place et un coin abrité avec des tables a été aménagé. En ce qui concerne les commodités, le festival garde son âme “root” avec des toilettes sèches et des bottes de paille en guise d’urinoir. Niveau restauration, on fonctionne toujours avec un système de jetons et les plats, qui vont des crêpes à la daube en sauce, sont faits maison. Pour ce qui est des boissons, les équipes proposent une bière locale qui remporte un grand succès, on peut également trouver du cidre et des boissons chaudes. Ce qui est par contre dommage, c’est de ne pas trouver de boissons telles que du jus de fruit ou de la limonade pour les personnes qui souhaitent ne pas consommer d’alcool.

On commence à 16h pétante avec une grosse claque donnée par Camecrude, one-man-band de Pau qui nous offre un dark folk de grande qualité. Le nom en lui-même, qui signifie « jambe crue » en gascon, vient d’une légende locale des Pyrénées qui est particulièrement effrayante. Celle-ci raconte qu’une jambe seule, munie d’un œil au genou, surgit dans la nuit pour emporter et tuer les enfants, ou toute personne seule, qui se seraient aventurés un peu trop loin de la maison. Nous sommes directement plongés dans l’ambiance, surtout lorsque l’artiste est rejoint par deux silhouettes, flanquées de bois majestueux, déchirant lentement les pages d’un livre, et dont le visage est couvert d’un voile sombre. Les samples de basse sont lourds et pesants et les riffs de guitare sonnent très doom. On ne peut que se rendre compte de toutes les diverses influences musicales de Camecrude. Ainsi, au fil des morceaux, on reconnaît des sonorités gothiques à la Bauhaus au travers des rythmiques chamaniques. L’ambiance se fait encore plus fiévreuse quand d’autres personnes encapuchonnées de noir et portant des os d’animaux s’avancent dans la foule et font partie intégrante du show en s’emparant du micro. Deux percussionnistes viennent également rejoindre la scène et le concert s’achève en apothéose sur des rythmes frénétiques.

L’ambiance retombe un peu avec le groupe suivant : Vouna. Ce groupe de black metal mâtiné de goth folk est essentiellement féminin, à l’exception du batteur. Il faut savoir que Vouna est avant tout le projet de l’Américaine Yianna Bekris, qui joue également dans Sadhaka, groupe de black metal atmosphérique. D’emblée, il me semble que le chant est assez inégal, le set plutôt long, et la musique répétitive. Autant vous le dire, Vouna ne sera pas mon groupe favori de ce festival. La musique est sincère mais sans surprise, le tout reste assez classique et on dirait qu’il manque une petite touche plus personnelle pour que la magie opère.

Aux alentours de 19h30, Lento va se charger de réveiller le festival. Ce groupe italien de sludge doom experimental ne comporte pas de chant. Leur rythmique est tantôt lourde, tantôt énervée dans la même veine de Conan, les musiciens en veulent et donnent tout ce qu’ils ont sur scène. Certains morceaux sont plus sombres, tirant parfois sur le black metal, et d’autres plus ambiants. Une bonne surprise à suivre de près.

A 21h c’est Mohammad, groupe venu de Grèce, qui ouvre la soirée alors que le soleil se couche. Ce sont alors deux hommes vêtus de noir qui font leur apparition sur la scène de L’Homme Sauvage. Le public commence à s’asseoir devant la scène, tout le monde est totalement à l’écoute et en osmose avec le groupe qui donne dans une musique drone dark ambiant funeste ; le moment est venu de célébrer la grande messe noire. Leur musique est totalement expérimentale, soit on adhère soit pas du tout, pour ma part, j’ai vraiment aimé. On a l’impression d’entendre un éloge funèbre avec cette voix d’outre-tombe et le carillon qui retentit sur certains des morceaux sonnant tel un glas sinistre.

La soirée se poursuit avec Monarch!, groupe de Bayonne de drone doom. Malgré les retours de certains festivaliers comme quoi le groupe gagne à être vu plutôt en salle qu’en festival plein air, le public présent semble conquis et en transe totale. Difficile de ne pas bouger sur ce doom à deux voix, féminine et masculine, bien énervé et qui envoie du lourd avec des riffs nerveux et sombres. Les tempos alternent entre lents et rapides et ne donnent aucun répit au public.

Enfin on termine cette première journée par un des groupes très attendus du festival : Jess and the Ancient Ones, groupe finlandais de rock occulte aux influences seventies. L’énergie des musiciens, et notamment de la chanteuse, est folle sur scène, très communicative, et il ne faut pas attendre longtemps pour voir les premiers slams dans les rangs des spectateurs. La rythmique est très dansante et tout le monde adhère vite à l’univers musical du groupe, une belle façon de clore cette première journée.

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