Kawir – Father Sun Mother Moon

Kawir« Si tu gagnes de l’argent à parler, tu gagnes de l’or à te taire », disait un Grec anonyme. On ne sait pas si c’est réellement le cas pour Kawir (et pour toute la Grèce d’ailleurs…), mais l’idée est là ! En effet, en quoi Kawir peut-il gagner de l’argent à parler et de l’or en ne disant rien ? Qu’ont-ils de  spécial ? Amis buveurs d’ouzo, préparez votre dose de liqueur : « Father Sun Mother Moon » nous attend !

Quelques mots sur le groupe :11796_photo

Kawir est un groupe de Pagan/Black Metal grec originaire d’Athènes et formé en 1993.  Après une première démo enregistrée en 1993 et quelques EP, ils sortent leur premier album « To Cavirs » (Προς Κάβειρους en grec) en 1997. S’en suivront alors cinq autres albums, jusqu’à « Father Sun Mother Moon » en avril 2016, qui est donc leur sixième opus,  toujours sous le label Iron Bonehead Productions

L’album :

KawirTout d’abord, je tiens à préciser que c’est un groupe que je découvre totalement (ainsi que ce Webzine), et ce malgré ses 23 ans d’existence (tiens, comme mon âge…:p). Autant vous dire que j’appréhendais un peu le côté « black », mais au final, c’est surprenant…C’est ce que nous allons voir maintenant.

L’album s’ouvre sur « To The Sovereign Sun ». Nous entendons tout d’abord des cloches produites à intervalles très longues, ce qui surprend d’entrée de jeu. On attend quelque chose. Cela donne l’impression que notre heure a sonné, qu’en quelque sorte, le glas sonne…Ces cloches sont aussitôt suivies d’une luth faisant la part belle aux glissandos. Et c’est là qu’après ce moment de douceur antique, ça démarre avec la voix guttural typiquement « black » et les gros riffs de guitare qui ne sont pas sans rappeler les riffs de Manegarm, eux-mêmes inspirés de…Bathory, une des principales influences de Kawir.

C’est là que nous pouvons nous poser la première question : Kawir est-il un groupe de « Pagan à tendance Black » ou « Black à tendance Pagan » ? Ce serait plutôt la deuxième réponse à préconiser, puisque toutes les recettes d’un groupe de Black Metal sont là, à savoir la batterie déchaînée (comme pour « Hail to the Three Shaped Goddess »), la voix guttural éraillée, le maquillage (le groupe se produit toujours en live avec le fameux maquillage « face blanche-traits noirs ») les guitares très saturées…Nous pourrions alors nous en arrêter là. Mais ce qui fait la particularité de Kawir (et c’est ce qui retient l’attention), c’est l’ajout d’instruments traditionnels pour rendre hommage à leur antique Grèce. C’est le cas notamment des instruments à vent, très mis en avant sur des titres comme « Dionysus », « To Mother Moon » où c’est la flûte qui prédomine (accompagnée par la guitare acoustique). Nous pouvons également entendre ce qui s’apparente à un cor pour « Hercule Enraged », ainsi qu’un qanun (instrument à cordes pincées) pour le titre « The Descent of Persephone ». Nous pouvons même percevoir un son de cornemuse pour « Hail to the Three Shaped Goddess », mais qui est en fait une gaïta, fabriquée à partir de peau de chèvre.  Pour le dernier titre, nous pouvons également relever que les chœurs sont de la partie, autre élément fondamental de cet album et que nous pouvons retrouver un peu partout.

En conclusion, que retenir ? Malgré sa longévité et sa réputation encore naissante, Kawir réussit à surprendre l’auditeur pour nous proposer un album qui pourrait certes faire bondir les fans de Black les plus puristes, mais qui séduit par sa richesse musicale et qui nous transporte dans la Grèce antique…à l’époque hellénistique, s’il vous plaît ! 🙂

Note : 9/10

Tracklist :

  1. To the Sovereign Sun
  2. Dionysus
  3. Hercules Enraged
  4. To Diouscuri
  5. To Mother Moon
  6. Hail to the Three Shaped Goddess
  7. The Taurian Artemis
  8. The Descent of Persephone

Extrait de l’album :

 

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