Ivar Bjørnson & Einar Selvik

Après avoir sorti leur second album Hugsjá en avril dernier, Ivar Bjørnson (Enslaved) et Einar Selvik (Wardruna) ont également annoncé une (maigre) série de dates en Europe, après n’avoir fait jusque là que quelques dates en festival et en Norvège. Au vu de mon attachement pour les deux albums du projet autant que pour les formations desquelles ils viennent, il s’agissait pour moi d’une soirée immanquable… Et au vu du monde qui se pressait ce lundi soir dans une Machine du Moulin Rouge sold-out, j’étais loin d’être la seule !

Une bonne heure d’attente dehors puis une nouvelle à l’intérieur, c’est ce qu’il aura fallu pour enfin voir les lumières s’éteindre. Pas de première partie ce soir, mais une intro légèrement à rallonge (peut être dûe à quelques soucis techniques), qui aura néanmoins le mérite de nous plonger progressivement dans l’ambiance et de mettre fin aux dernières conversations dans le public. Celui-ci acceuille le groupe chaleureusement lors de son entrée sur scène, les deux têtes pensantes du projet au premier rang, les trois autres un peu plus en retrait. On retrouve donc Håkon Vinje aux claviers et Iver Sandøy ramenés d’Enslaved et Silje Solberg au violon Hardanger, variante norvégienne du violon.

Il me faudra personnellement très peu de temps avant qu’Hugsjá, premier titre du dernier album et premier titre de cette soirée, ne me plonge pour le reste de la soirée dans la musique du groupe. Ce dernier opus sera d’ailleurs certainement le plus représenté, avec seulement deux titres interprétés issus du premier (Skuggjsá et Kevervrandi). Je retiens pour ma part particulièrement Hugsjá, Fornjot, Ni Mørdre av Sol et Um Heilage Fjell, l’émotion décuplée par le live. Au contraire, Nattselgar et Nordvegen m’ont paru un peu moins intéressantes que leurs versions studio car plus monotones. Les fans d’Enslaved et de Wardruna se voient également offert quelques petits bonus. Le groupe reprendra ainsi Return to Yggdrasil de l’album Isa d’Enslaved (merveilleux album, en toute objectivité…).Renommé pour l’occasion Heim til Yggdrasil), une vidéo de cette version folk a d’ailleurs été postée quelques jours plus tôt sur le facebook du groupe, pour nous donner un avant goût de ce soir. Du répertoire de Wardruna seront jouées Fehu puis, pour clore la soirée, le fameux Helvegen.

Sur scène, Einar Selvik varie les instruments tout au long du set selon les morceaux interprétés, mais c’est comme d’habitude ses performances vocales qui marquent avant tout et sa capacité à sembler vivre sa musique avec tout son être. L’ambiance est chaleureuse, parfois intime, le son globalement très bon et le public très réceptif et en majeure partie respectueux des affiches placardées un peu partout demandant à ce qu’aucune photo ni vidéo ne soit prise durant le concert.

Pour un set d’environ 1h45, les interactions avec le public seront fréquentes (parfois obligées par quelques problèmes technique avec les six cordes d’Ivar Bjørnson). C’est certes dommage car un ou deux titres supplémentaires auraient pu être joués sans cela, mais ces moments d’échanges servaient surtout à fournir de nombreuses informations et précisions sur le projet, l’histoire et les thématiques derrière les morceaux. Pour qui s’intéresse donc à ce qui se cache au delà de la simple musique, ces moments ont donc été plutôt enrichissants.

C’est bien trop tôt que le groupe quitte la scène, apparemment aussi heureux d’être là que le public. Il me faudra personnellement un petit peu de temps pour redescendre sur terre, en particulier après l’enchaînement final Um Heilage fjell / Helvegen fortement chargé en émotion. On rentre lentement chez soi, l’esprit ailleurs, les joues encore humides et de la magie plein les oreilles.

Un grand merci à Garmonbozia pour l’organisation et au groupe pour cette soirée riche en émotions !

Setlist : 

Hugsjá
WulthuR
Fornjot
Skuggsjá
Ni Mørdre av Sol
Nattselgar
Fehu (Wardruna)
Kvervandi
Nordvegen
Heim til Yggdrasil (Return to Yggdrasil, Enslaved)
Um Heilage fjell
Helvegen (Wardruna)

Herja

Une réflexion sur « Ivar Bjørnson & Einar Selvik »

  1. Super concert.
    Il a manqué un petit Nytt Land que j’apprécie énormément sur Hugsjá.
    Mais l’émotion et les frissons ont été la heureusement pour faire un petit peu oublié ce manque 🙂

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