Furor Gallico – Songs From The Earth

SC 277 Cover

Créé en 2007 dans les contrées de la Lombardie, Furor Gallico était parvenu à faire entendre parler de lui en 2010, avec son premier album « Furor Gallico », enregistré indépendamment, qui plaçait certaines bases musicales caractéristiques au groupe. Bien qu’étant d’une qualité qui ne tenait pas toujours sur la longueur, on pouvait notamment reprocher au groupe de ne pas suffisamment se détacher de ses influences, la musique en elle-même comptait des éléments qui permettaient à Furor Gallico de s’éloigner de la masse, prouvant que les membres ont ce désir et cette capacité de se démarquer.

De ce fait, les Italiens ont fait un bon en avant sur la scène folk/pagan européenne en elle-même, et enchaîne les festivals nationaux. Ils finissent même par faire plusieurs dates à travers le monde aux côtés d’Elvenking, Skyclad, Folk Stone, Arkona ou encore Eluveitie et Finntroll.

C’est entre fin 2012, début 2013 que Furor Gallico entame de nouvelles sessions, au Metropolis Studio à Milan (Depeche Mode, rien que ça oui…), afin d’enregistrer son second album, et ce, malgré les départs de plusieurs membres : Merogaisus (bouzouki, tin whistle et low whistle) en 2010 ; Simo (batterie) en 2013 ; Stefano (guitare et vocaux), Fabio (basse) et Laura (violon), qui quitteront le navire en 2014 non sans être passé par le studio, afin d’enregistrer leurs parties.

L’étape finale au studio sera franchie août 2013, pour ensuite confier le mastering au Alpha Omega Studio (Behemoth, Carcass). Le groupe se lance à la recherche d’un label, et finira par signer chez les Milanais de Scarlet Records (Skyclad, Heimdall, Whyzdom) en janvier 2015. Et c’est au grand Kris Verwimp (Adorned Brood, Hammer Horde, Månegarrm, Suidakra) de se charger de l’artwork. L’artiste belge nous dévoile une œuvre rustique, relativement monochrome, représentant un arbre noueux, dont les feuilles et les branches ne parviennent pas à empêcher quelques rayons de soleils de s’échapper.

L’album débute par « The Song Of The Earth », s’ouvrant sur un violon accompagné de la tin whistle, jouant une mélodie rythmée et entraînante, typiquement celtique bien entendu. Courte introduction cela-dit, car le reste des instruments (batterie, guitares et basse) finit rapidement par emboîter le pas, sur fond de blast beat. Premier élément qui frappe, le mixage des guitares… elles semblent en retrait, beaucoup trop en retrait. Le violon, la batterie, la tin whistle et le clavier, y comprit les vocaux, sont clairement démarqués, mais c’est au niveau du combo guitares/basse que nous rencontrons d’ores et déjà un problème. Bien trop sous-mixé, le reste du groupe finit par cannibaliser un élément pourtant crucial…

Regrettable élément, puisqu’il en va que « The Song Of The Earth » possède une mélodie entraînante. On reconnaît Furor Gallico, et il semblerait que le groupe ne semble pas avoir évolué de façon radicale. Autre point noir, les vocaux de Pagan, désormais plus portés vers les aigus, laissent quelque peu froid. Le frontman, usant bien moins des growls que sur le premier album, peine à convaincre sur un registre plus typé black.

Mais le titre nous réserve une surprise guère agréable : à 03:37, nous avons droit à un cri sur-aigu des plus… dégueulasses… oui là le terme est dur, mais il faut le dire, c’est vraiment un cri sonnant hors contexte, voire carrément caricatural, c’est faux…

Pourtant, « The Song Of The Earth » est un titre doté de passages qui méritent d’attirer l’attention, notamment ce solo de tin whistle. Bien sûr, Furor Gallico ne se détache guère de ses influences (visiblement Eluveitie pour le cas) mais parvient à maintenir, un tant soit peu, à dégager une personnalité.

Et ces deux problèmes concernant le combo basse/guitares, ainsi que la prestation de Pagan, reviendront tout au long de l’album.

Le registre adapté par le frontman refroidit, et peine à convaincre. Qu’on ne s’emballe pas, cependant, ses growls sont toujours très efficaces, mais quand il s’agit d’adopter une voix plus criarde, difficile de ne pas grimacer. Nous avons même droit à un registre plus parlé, scandé sur « Nemàin’s Breath », l’un des titres les plus faibles de l’album. Outre les vocaux de Pagan ne sonnant pas franchement terribles, et les guitares toujours en retrait, le morceau n’est pas des plus épatants. L’entrée en matière sonnait cependant pas si mal, une basse accompagnée de la batterie, jouant sur ses toms, donnaient un élan plus guerrier, pour ensuite laisser place à une cornemuse. Celle-ci va cependant jouer un rythme qui va quelque peu lasser.

Mais dans l’ensemble, « Nemàin’s Breath » reste mou, pas franchement entraînant, et arrive quasiment comme un cheveu sur la soupe, alors que « The Song Of The Earth » nous avait propulsés dans un bon élan.

Heureusement, « La Notte Dei Cento Fuochi » s’interpose comme la composition pour va nous remettre sur les rails. Épique et rapide, Furor Gallico reprent du poil de la bête et nous propose ce dont il est vraiment capable. Et malgré les guitares sous-mixées, le groupe parvient à retrouver son rythme et propose un titre varié, dynamique et convaincant. Même Pagan, sans être relativement transcendant, s’en sort mieux dans sa prestation vocale.

Le rythme ne se perd pas, au contraire, au fur et à mesure, « La Notte Dei Cento Fuochi » nous réserve différents passages que le groupe aborde honorablement. Les deux premières minutes, où Furor Gallico se donne à fond, se révèlent être bouillantes, trépidantes. Au bout de quoi, le rythme s’apaisera, les guitares, la basse et la batterie laisseront place aux instruments folkloriques. Le ton monte au fur et à mesure que le cogneur de fûts joue un fort sympathique pattern sur les toms, tandis que Pagan chuchote. Nous repartons à nouveau sur le même ton qu’auparavant, cette fois-ci dans un registre encore plus épique. Un très beau choeur accompagne l’ensemble du groupe dans un final qui ne manque pas de charme.

Oui, « La Notte Dei Cento Fuochi » est un titre réussi dans son ensemble. Fort surprenant et plaisant, il permet de découvrir une facette de Furor Gallico qui lui est bien plus personnelle.

Mais l’enthousiasme ne sera qu’éphémère, car « Squass » s’interpose…

Il est clair que les Italiens ont voulu tenter quelque chose de nouveau sur ce titre, il est question d’une approche plus groovy, même plus jazzy. L’introduction reste fort sympathique, avec ce duo basse/batterie qui donne envie de légèrement dodeliner de la tête, tout en battant le temps avec le pied.

Puis le rythme s’accélère, pour le moment rien à reprocher. Mais passé la première minute, le groupe passe étrangement à un genre de… cliché folk/pagan ? Ou un « on-ne-sait-quoi » qui ne semble pas franchement à sa place et qui perd l’auditeur. « Squass » est étrange, c’est un morceau qui, certes, possède des idées très intéressantes, mais elles sont exploitées dans un registre qui ne leur convient pas vraiment. Le groupe passe du coq à l’âne, nous ressort une petite partie jazzy juste après une espèce de folk aux tendances punk… pour ensuite repartir de plus belle.

Au fond, nous n’allons pas leur reprocher d’expérimenter, le geste en lui-même est relativement louable, et il faut saluer la prise de risque. Mais dans le cas de « Squass », le morceau semble totalement hors contexte, ne trouve pas vraiment sa place dans l’album.

« Songs From The Earth » se ferme par « Eremita », qui laisse la part-belle aux instruments pendant un peu plus d’une minute. Le violon et la tin whistle démarrent ensemble sur une mélodie, accompagnés par la batterie et le combo basse/guitares, pour ensuite se laisser place, chacun à leur tour pour un court solo. Celui de la tin whistle dégage, avec brio, une aura quasi-mystique, se reposant sur l’accompagnement à la harpe et de quelques notes de basse.

Pagan reprend ensuite les rênes, encore une fois il semble nettement plus convaincant qu’au début de l’album. Nous avons même droit à des parties chantées, qui manquaient un peu trop. Le voyage se termine donc dans de bonnes hospices, où Furor Gallico prend de l’assurance et parvient à se détacher de ses influences.

En somme, « Songs From The Earth » est un album trop inégal. La qualité ne tient pas réellement sur la durée, et malgré quelques titres qui ne manquent pas d’attirer l’attention comme « La Notte Dei Cento Fuochi » et « Eremita », le groupe ne parvient pas à maintenir le cap et s’égare pour nous servir des compositions creuses ou alors peu mémorables.

Il en va sans dire que la production n’est pas des plus avantageuses, comme cité plus haut, les guitares sont trop en arrières, de même que la basse n’est mise en avant que brièvement selon la composition. Quand à la prestation de Pagan, l’auditeur risque d’être relativement mitigé, ne démarrant pas vraiment sur les chapeaux de roue, avec ce chant criard peu convaincant. Mais l’Italien finit par se rattraper vers la fin.

On ressort de l’expérience de « Songs From The Earth » sur notre faim. Cependant, il est fort difficile de ne pas reconnaître que Furor Gallico fait preuve d’un bon potentiel, lorsque celui-ci ne s’égare pas, et réussit à se démarquer.

Le chemin qui leur reste à faire est long, mais on ne peut que saluer la sincérité qui émane de leur musique. Des progrès ont été réalisés depuis le premier album, mais les iIaliens doivent encore rester réguliers dans leurs efforts.

Magnus

Note : 5.5/10

Tracklist :

1. The Song of the Earth

2. Nemàin’s Breath

3. Wild Jig of Beltaine

4. La Notte Dei Cento Fuochi

5. Diluvio

6. Squass

7. Steam over the Mountain

8. To the End

9. Eremita

Sortie : 16 Février 2015

Liens du groupe:

Facebook, site officiel

 

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