Ensiferum / Insomnium / Omnium Gatherum le 23/03/2015 au Bataclan (Paris)

Après avoir foulé la scène du Kao à Lugdunum et celle de la Laiterie à Argentoratum, les guerriers d’Ensiferum s’attaquent en ce lundi 23 mars 2015 à Lutèce sur la scène mythique du Bataclan. Un terrain de jeu surprenant pour les metalheads, surtout si l’on connait l’histoire de cette salle. Initialement baptisé « le Grand Café-Chinois Théâtre Bataclan » lors de sa création en 1864 (et oui, ça ne nous rajeunit pas tout ça !), le Bataclan a vu défiler pendant plus d’un demi-siècle bon nombre d’acrobates et de danseurs. Et oui, avant d’être une salle de concerts, le Bataclan était consacré au music-hall !

Mais pour accueillir comme il se doit nos Finlandais adorés, il en fallait de l’espace, et pour cela, le Bataclan était un lieu idéal. Mais Ensiferum n’étaient pas seuls … Lorsque j’ai appris qu’Insomnium et Omnium Gatherum assureraient la première partie, je ne vais pas vous cacher que cela m’a surprise. Epic/folk metal, death mélodique, ce ne sont pas les deux groupes auxquels on se serait le plus attendu. Mais bon, on retrouve tout de même une certaine logique sur le papier. Trois noms de groupes aux sonorités latines et tous issus de la scène metal finlandaise. Et qu’importe, le metal est une grande famille et comme ce sont de bons groupes, on accepte sans rechigner ! Ça y est vous avez fini votre apéro pré-concert ? Alors on y va !

Omnium Gatherum

Ce fut donc à Omnium Gatherum d’ouvrir les hostilités. Ayant pourtant une carrière quasi équivalente à celles d’Ensiferum et d’Insomnium en termes d’années (le groupe a été créé en 1996), les Finlandais sont restés très longtemps dans l’ombre de ses compatriotes, et à tort. Certes, le groupe a subi pas mal de bouleversements au niveau de son lineup, mais je ne peux m’empêcher de penser que cela lui a assurément donné un souffle nouveau en regard des deux derniers albums (Beyond et New World Shadows). Et ça tombe bien, leur setlist leur sera entièrement consacrée ! De plus, le groupe n’a plus foulé le sol français depuis 2011, l’occasion pour nous de voir ce que Jukka Pelkonen a vraiment dans le ventre.

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OG avait déjà commencé à jouer lorsque je m’apprêtais à pénétrer dans la pénombre, mais même de loin, je sentais que ça déménageait. Me voilà enfin à l’intérieur, pendant « New Dynamic ». J’ai été inquiète un instant car j’ai trouvé les guitares trop fortes au début, mais je pense qu’il suffisait juste de s’habituer car cela ne m’a absolument plus gênée dès le troisième morceau, « Soul Journeys ». Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à six qu’ils sont, les Finlandais auront fait trembler le Bataclan de fond en comble, et il en sera ainsi tout le long du concert.

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Bien que la salle semblait plus clairsemée que par la suite (j’ai pu l’évaluer à la liberté de mes mouvements), le public m’a paru plutôt réceptif et répondait présent aux sollicitations de Jukka, à en juger par les headbangs continuels, les quelques pogos et les encouragements. On retrouve de fortes similitudes avec Insomnium, OG nous sert un death mélodique féroce et mélancolique, le tout saupoudré d’ambiances atmosphériques véhiculées par les lignes de synthé et les chœurs. La dimension progressive est également très présente, notamment dans « Everfields ». Personnellement, c’est ma chanson préférée du groupe, et celui-ci ne pouvait pas finir plus en beauté ! Ça bougeait dans tous les sens, c’était intense, hargneux, maitrisé, j’ai même failli laisser échapper une petite larme ! Et surtout, ces quarante minutes sont passées viiite, on en aurait bien redemandé ! Le groupe porte définitivement bien son nom, tous réunis pour Omnium Gatherum !

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SETLIST : Luoto / New Dynamic / Soul Journeys / The Sonic Sign / The Unknowing / New World Shadows / Everfields

Insomnium

Après un court entracte de vingt minutes (le temps de préparer le terrain pour le groupe suivant), je me sens soudain un peu plus oppressée qu’au début du concert. Manifestement, beaucoup sont également venus pour Insomnium, et on peut leur donner raison. Quatre zicos sur scène cette fois, dont le guitariste Markus Vanhala qui enchaine donc avec la deuxième partie de soirée, en gardant la même énergie. Mais où est donc passé notre cher Ville ? Pour des raisons professionnelles, le guitariste n’a pas pu faire partie de l’aventure et a été remplacé pour l’occasion par Kari Olli, chanteur, compositeur et guitariste de Pressure Points. Malgré cela, le musicien a su préserver l’esprit du groupe.

La formation a évidemment privilégié les chansons de son sixième et dernier album, Shadows of the Dying Sun, sans pour autant délaisser les hymnes fédérateurs qui ont fait sa renommée.

Insomnium

En ce qui concerne le jeu de scène, je ne pourrai malheureusement pas retranscrire grand chose étant donné ma petite taille. Je n’avais peut-être pas une vue idéale, mais j’avais des oreilles, et c’était bien cela le plus important. Les Finlandais appliquent une recette efficace et officient dans un death mélodique costaud, agrémenté toutefois de mélancolie et de tristesse, voire parfois de sonorités épiques. Certains passages en devenaient même presque planants. Le chant clair délivré avec parcimonie par Niilo et Kari a rassemblé le public pour reprendre en chœur les paroles, notamment lors du refrain de « The Promethean Song ». L’ambiance monte d’un cran dans la fosse, les pogos se font plus nombreux, les headbanguers sont survoltés, et l’on assiste aux premiers slams de la soirée.

Insomnium

En moins d’une heure, Insomnium a su implanter une atmosphère à la fois dynamique et onirique, nous permettant de vivre un rêve éveillé.

SETLIST : The Killjoy / While We Sleep / Every Hour Wounds / Daughter of the Moon / Black Heart Rebellion / Where the Last Wave Broke / The Promethean Song / Drawn to Black / Ephemeral / Weighted Down With Sorrow

Ensiferum

Encore vingt minutes de patience avant de retrouver la tête d’affiche tant attendue. Dès que les premières notes de « March of War » retentissent, c’est l’hystérie collective. Ce soir, c’est bien sûr One Man Army qui est à l’honneur, mais le public a également eu le plaisir d’entendre des morceaux plus rarement joués en live, tels que l’incontournable Ahti, chanson « défouloir » par excellence, ou bien encore Little Dreamer qui a ravi les nostalgiques de l’ère « Jari Mäenpää ».

Même si les Finlandais n’ont pas joué les excentriques, se contentant surtout de faire leur show, on a quand même pu profiter d’une nette amélioration, Markus et Sami ayant été les plus communicatifs. Mais ce seront surtout la bonne humeur et la prestance de Netta qui contribueront le plus au dynamisme du groupe.

Natta

Néanmoins, chaque membre a fait sa part du boulot en délivrant une musique musclée, virile et énergique à souhait. Le public s’est montré on ne peut plus d’humeur guerrière et a pu enfin s’en donner à cœur joie. Les pogos s’enchainent à une vitesse folle au fur et à mesure que défilent les morceaux, et les premiers wall-of-death se forment. Les porteurs d’épée transforment bel et bien la fosse en véritable champ de bataille.

J’étais curieuse de voir ce que les chansons de One Man Army donneraient en live, surtout pendant les passages épiques renforcés par les chœurs. Je me doutais que le groupe ne se ramènerait pas avec toute une tripotée de personnes pour les accompagner sur scène. Mais tout de même, je ne vais pas vous cacher que j’en ai ressenti un léger malaise, et j’ai trouvé cela dommage car cela perdait en authenticité. Néanmoins l’intensité était là et ces instants unificateurs ont rallié le public à la cause d’Ensiferum.

Ensiferum

Après un court humppa finnois fort plaisant assuré par Sami et illuminé par la souriante Netta, le moment que j’attendais le plus arrive enfin. Petri annonce le prochain morceau, « Two of Spades », occasion idéale de voir comment les fervents admirateurs vont réagir pendant ce fameux passage disco qui a tant fait parler de lui. Le verdict tombe, j’ai été ravie de constater que le public a joué le jeu à fond. La preuve en est avec une petite danse d’un de mes amis qui se trouvait devant moi, et c’est exactement ce délicieux sens de l’auto-dérision contagieux qui m’a charmée dans ce morceau.

Autre moment notable de cette soirée, « Breaking the Law » (reprise de Judas Priest), lors duquel les membres ont échangé leurs instruments : Netta passe au chant, Petri à la basse, Janne à la guitare, Markus à la batterie, et Sami à l’accordéon. Le son de ce dernier a cependant été quelque peu bouffé par les autres instruments, ce qui m’a paru regrettable.

Ensiferum

Pendant presque deux heures, le Bataclan s’est retrouvé dans un état de nette ébullition, signe indéniable qu’Ensiferum a mis le feu aux poudres. La liesse transparaissait sur nos visages et il nous tarde déjà de les retrouver dans trois mois au Hellfest. Et comme qui dirait Niilo, « support Finnish metal ! ».

SETLIST : March of War / Axe of Judgement / Heathen Horde / Into Battle / Little Dreamer / Warrior Without a War / Ahti / Smoking Ruins / Two of Spades / Unsung Heroes / Burning Leaves / One Man Army / Victory Song / Breaking the Law / From Afar / Token of Time / Iron

Fée Verte

Photos : Tony Hulot et Fée Verte

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